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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 01:18

Des témoignages nous parviennent régulièrement, plus dramatiques les que les autres. Il s’agit ici d’un vieux monsieur de 91 ans en fin de vie, très malade, en souffrance, décharné, auquel on refuse une sédation alors que celle-ci figure dans la loi Léonetti au risque de hâter la survenue de la mort « le double effet ». Dans le cas présent le médecin entend loi Léonetti et traduit euthanasie pour ne pas agir !

Ci-dessous, le message que nous a transmis Mme Claudette Pierret, auteure de la lettre ouverte à M. Jean Léonetti.

Bonsoir M. et Mme PIERRA,

Suite à notre entretien, je vous mets en P.J. la lettre annotée de "lettre ouverte".

Vous pouvez l'utiliser et la transmettre à qui vous jugerez bon.

Nous sommes devant un mur d'incompréhension à cause de cette loi qui, au lieu d'aider les malades à mieux mourir, fait peur aux médecins qui, de ce fait, ne veulent pas l'appliquer.

Notre médecin traitant serait quelqu'un qui aiderait ses patients si la loi le lui permettait, mais il ne veut pas risquer le sort qui a été réservé au docteur N. Bonnemaison et je le comprends !

Par contre, la dame médecin qui coordonne le service HAD dans lequel mon père est placé m'a dit être "éthiquement" contre l'euthanasie.

Merci pour votre aide et bonne soirée à vous,

Bien cordialement

PIERRET Claudette (fille)                                                                              Le 19 juin 2013

AROLD Roger (fils) AROLDI Paulette (épouse)

Je rédige cette lettre au nom de nous trois et le « je » utilisé est pour éviter les répétions

« nous et notre mère ».

Lettre ouverte à Monsieur Jean Léonetti 

Monsieur,

Etant actuellement dans une impasse concernant la fin de vie de mon père, 91 ans, je me permets de vous adresser ce courrier par messagerie internet parce que je sais que, si je vous l’envoie directement, elle ne vous parviendra pas avant plusieurs jours… voire plusieurs semaines… et que la situation de mon père ne supportera pas cette attente qui n’a que trop duré… Il faut soulager notre père le plus rapidement possible.

Pour résumer la situation : Mon père est actuellement placé en HAD depuis le début du mois de mars dernier, donc à son domicile. C’est ma mère, 90 ans, qui gère son quotidien. Aidée, je vous l’accorde par le service de l’HAD mise en place, mais aussi par le personnel très dévoué de l’association d’aide à la personne âgée ADMR. Mon frère et moi, ainsi que nos conjoints, habitant sur place, faisons ce que nous pouvons pour soutenir nos parents dans cette épreuve qui est la leur et celle de toute notre famille.

Mon père souffre de deux maladies : la maladie qualifiée au départ d’Alzheimer puis précisée de «maladie des corps de Lévy» ainsi que de la maladie de Parkinson. Il est alité depuis environ un an et demi, couché sur le dos en permanence, sans pouvoir se nourrir seul (on le nourrit à la petite cuillère et avec des produits liquides hyper-vitaminés). D’après les estimations de l’infirmière, il ne pèse plus guère que 45 kilos… et encore ! Il ne lui reste plus que la peau et les os sur le dos.

Mon père était un grand sportif, nageur, marcheur, danseur hors pair. Il a donc un cœur de sportif qui bat très lentement, ce qui veut dire que ce cœur peut battre encore longtemps dans un corps décharné qui n’est plus que souffrance.

Le mot est lâché « souffrance » ! Depuis une hospitalisation en février dernier pour une sub-occlusion intestinale, il est ressorti de l’hôpital avec une escarre d’une dizaine de centimètres au sacrum qui, bien sûr, ne s’est jamais refermée. La seule chose que l’on puisse faire, c’est la «soigner» faire en sorte qu’elle ne s’agrandisse pas mais elle est là… et bien là ! Elle le fait souffrir lors de chaque change et tous les produits utilisés pour réduire ses douleurs n’y changent rien. Et les deux autres maladies continuent leur progression inexorable… Le corps de mon père est devenu tel un morceau de bois que l’on bascule sur le côté pour effectuer la toilette et les changes, trois fois par jour. Ses bras sont comme les branches mortes de ce même arbre : raides… morts ! Et la moindre petite manipulation que l’on fait subir à son pauvre corps meurtri lui fait mal, le fait gémir. Mais il paraît que ce ne sont pas de véritables douleurs, tout au plus des douleurs d’immobilisation. Nous ne sommes pas médecins mais s’il gémit, pour nous, c’est qu’il a mal. J’ajoute à cela qu’il ne peut plus parler non plus. Au mieux, nous avons droit à un mot, un son qu’il émet parfois sans que nous puissions toujours comprendre ce qu’il veut dire. La maladie des corps Lévy avait altéré depuis longtemps sa capacité de jugement et maintenant qu’il ne peut plus s’exprimer, chaque intervenant interprète à sa façon ce qui sort de sa bouche. Nous, la famille, les proches, nous savons bien ce qu’il en est réellement. Personne d’autre que nous ne peut savoir mieux que nous ce qu’il en est.

Mon père est choyé, tant par ma mère qui s’occupe de lui au quotidien que par mon frère, son épouse et par moi et mon mari. . Tous ceux qui nous connaissent pourront en témoigner, y compris le personnel de l’ADMR que je remercie chaleureusement pour son dévouement et sa gentillesse à nous aider. Les infirmiers du service HAD sont aussi à l’écoute de ses besoins.

Mon père avait pris la précaution d’écrire ses directives anticipées en 2003 et de les classer dans un dossier. Il avait déjà 81 ans et à ce moment-là, encore toute sa tête. Il était très clair et couchait sur le papier ce qu’il nous avait dit et répété toute sa vie durant : Il ne voulait surtout pas mourir comme son père…. C’est pire pour lui !

« Je soussigné, AG, 81 ans, sain de corps et d’esprit, et en pleine conscience de ce que chacun peut avoir de son existence, et avec le sentiment intérieur qui me pousse à porter un jugement de valeur sur mes propres actes, déclare en toute liberté que, si j’étais dans l’incapacité d’exprimer ma volonté, et que les traitements prescrits n’aient aucune chance de me ramener vraiment à une vie réellement consciente, autonome et indépendante, je demande fermement et formellement que l’on ne m’applique pas un acharnement thérapeutique, quel qu’il soit, mais que soient utilisés tous les moyens et remèdes pour calmer mes douleurs, et, qu’en dernier recours, me soit appliquée l’euthanasie. Je demande instamment qu’aucune action, aucune poursuite, aucun blâme ne soit adressé aux membres de ma famille, ni aux médecins et soignants, qui, j’en suis certain, auront tout fait, d’abord pour me guérir et ensuite pour me soulager de mes souffrances et pour m’apporter une mort paisible pour moi, et tous ceux qui m’auront aimé ». Déclaration faite le 09.11.2003 suivi de sa signature.

Il ne pouvait être plus clair dans ce qu’il souhaitait pour sa fin de vie et sur ses aspirations en la matière. Il était aussi adhérent à l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) depuis de nombreuses années et disait souvent que son adhésion à cette association prouvait bien qu’il adhérait à ses idées de mort dans la dignité ! Nous avions longuement échangé à ce sujet puisque, pour ma part, je me suis engagée au sein de l’ADMD pour obtenir cette loi, sans savoir qu’un jour, notre famille serait confrontée de plein fouet à la « loi Léonetti » la loi qui porte votre nom, à ses insuffisances et à ses contradictions !

Cette loi et ses interprétations que chacun fait selon ce qu’il veut prouver ! D’abord, elle prévoit que les Directives Anticipées doivent être renouvelées tous les 3 ans ! Impossible ! quand on les écrit à 81 ans et que les maladies s’installent…. D’abord il faut penser à les resigner ce qui n’est pas évident pour chacun d’entre nous. Mon père les avait écrites sans m’en parler donc je ne pouvais pas lui dire de les resigner en 2006 ! Il les avait bien classées dans un dossier, dans un tiroir et nous les avons retrouvées par hasard quand nous avons cherché son N° d’adhérent à l’ADMD. Quand on établit un testament, il est valable pour la vie durant, à moins de vouloir en modifier les clauses. Ces Directives Anticipées sont un testament sur sa propre fin de vie et sur ses dernières volontés. Pourquoi obliger à les réécrire ou les resigner tous les trois ans ? Mon père s’est exprimé oralement sur ce sujet il y a encore quelques mois seulement. Il demandait à ce qu’on l’aide à mourir, pas seulement à nous, mais aussi au personnel de l’ADMR qui pourra témoigner de la véracité de nos propos.

Pour les médecins qui soignent mon père, il n’est pas en « acharnement thérapeutique » et ils me disent que votre loi ne prévoit pas de « sédation terminale ». Quand peut-on dire qu’un être humain qui ne peut plus rien faire d’autre que souffrir, qu’il ne peut plus ni bouger, ni se nourrir, ni parler, ni faire le moindre geste, est en « acharnement thérapeutique » ? Quand il est mort ??? Dans ce cas précis, votre loi autorise-t-elle un médecin à entreprendre une sédation qui ne durera que quelques jours en arrêtant l’alimentation, l’hydratation et en sédatant profondément et rapidement un malade pour qu’il ne souffre pas ? Est-ce cela que vous appelez le « double-effet et est-il autorisé dans la loi actuelle ? Pour ma part, c’est oui mais j’ai besoin de ces précisions pour les médecins qui suivent mon père.

Pour information, nous n’avions que notre sentiment personnel pour penser que mon père était dans une situation qui pouvait nécessiter une aide à mourir, comme nous pensions que le prévoyait votre loi. Il nous fallait donc un avis médical pour être certains que nous ne nous trompions pas. Deux médecins se sont proposés pour venir au chevet de mon père, le Dr Bernard SENET et le Dr Yves de LOCHT. Leur avis respectif a été que mon père était en souffrance et qu’on devait les apaiser au maximum, au risque d’abréger ce qu’il lui restait de jours à vivre. Nous savons tous qu’il est en fin de vie.

Je comprends les médecins français qui, devant cette loi floue, au contenu on ne peut plus imprécis, ne veulent pas l’appliquer par peur des poursuites qui peuvent être engagées à leur encontre. La différence entre une euthanasie interdite en France et une sédation qui amènera le malade à la mort ne réside que dans l’intention que met le médecin à pratiquer l’acte. Mon père est victime de cette loi d’acharnement que je trouve hypocrite ! Laissez-vous délibérément régner ce flou pour empêcher les malades d’avoir le droit à une mort digne, la mort qu’ils souhaitaient et qu’ils demandaient ? Vous dites vous-même que votre loi est mal connue et mal appliquée…. Et pour cause, huit ans après sa promulgation, personne ne s’y retrouve donc difficile de l’appliquer dans ces conditions !

Mon pauvre père est otage de cette loi, victime de l’avis de personnes qui ne partagent pas son éthique personnelle pour permettre à chacun de décider de sa propre mort ! En temps de guerre, j’aurais dit que mon père était torturé par ces mêmes opposants…. Et en temps de paix, j’ose utiliser ce même mot : « torture» ! Mon père est torturé par une partie du monde médical qui ne veut pas se remettre en question et qui évacue ces problèmes au nom de sa bonne conscience et de ses convictions profondes.

Je voudrais que la fin de vie catastrophique de mon père, qui n’est hélas pas le seul (La médecin du service HAD m’a dit lors de notre dernier entretien, qu’elle avait 20./25 malades dans le même cas que mon père dans les établissements dont elle est la coordinatrice !) vous fasse prendre conscience que ces situations existent partout en France mais que tout le monde n’a pas le courage et la force, dans ces moments difficiles, de vous faire un courrier comme celui que je vous adresse aujourd’hui. Au nom de tous ceux qui sont dans la même situation que mon père, je vous demande de bien vouloir me donner votre avis le plus rapidement possible afin que cette fin de vie catastrophique puisse enfin prendre fin.

Merci de m’avoir lue et surtout, merci de me répondre par retour. Le temps presse !

AROLDI Paulette AROLDI Roger PIERRET Claudette

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 00:21

Madame Christine Boutin ne cesse de défrayer la chronique par ses provocations outrancières, ses excès de langage, ses conspirations, etc… Je vous propose quelques « morceaux choisis » sur différents thèmes :

Ø           Le mariage pour tous et l’homosexualité en général :  

-          En parlant de l’homosexualité, elle déclare dans l’hémicycle en 2002 : « toutes les civilisations qui l’ont reconnue et justifiée comme un mode de vie normale, ont connu la décadence ».

-          « au parlement et dans certaines régions, on est surpris de voir la fréquence d’homosexuels aux postes politiques … une pareille ingérence n’est ni saine ni souhaitable », citation reprise par Mme Boutin émanant du « Cercle de la cité vivante » association sectaire dont elle est présidente d’honneur (source Prochoix).

-          « on est envahis de gays » dit-elle en citant le film « la vie d’Adèle » palme d’or 2013.

-          « le mariage entre personnes du même sexe nous conduit vers un état totalitaire, et moi je suis contre, car je suis démocrate ».

-          Elle parle aussi de « mode » pour désigner l’homosexualité en général.

-          Elle évoque « un changement de civilisation ».

-          Lors du vote du mariage pour tous au Sénat, elle fait une déplorable comparaison avec « l’étoile jaune » et nous prédit une « guerre civile » avec l’accélération du calendrier parlementaire.

Ø           Le Sida :

-          « ce virus a eu le génie de s’attaquer à ceux qui ont transformé la physiologie de la reproduction en plaisirs frelatés… ils sont responsables des millions de morts à venir… En cette période ou tout ce qui est contre la morale, même naturelle est admirée, ce virus savait où frapper », citation reprise par Mme Boutin émanant du « Cercle de la cité vivante » association sectaire dont elle est présidente d’honneur (source Prochoix).

Ø           Avortement, Euthanasie et prévisions apocalyptiques :

-          Christine Boutin qualifiait le projet de François Hollande de « mortifère », « il nous propose l’euthanasie, il nous propose l’avortement de masse ». « Ce projet mènera inévitablement au déclin irréversible de notre pays ».

-          « l’euthanasie mène à la barbarie ».

-          Lors de son premier mandat de députée, elle a été coprésidente avec le comte Michel de Rostolan, ancien député de l’Essonne, d’un groupe d’étude parlementaire pour favoriser l’accueil de la vie. Ce groupe entretient des relations privilégiées avec l’AOCPA (association catholique pour l’objection de conscience à toute participation à l’avortement).

Ø           Deux poids, deux mesures ! :

-          Madame Boutin veut « traduire en justice » ceux qui évoquent son mariage avec son cousin germain. Ce mariage est autorisé par la République mais aurait demandé une dérogation papale. Elle s’est faite « crucifiée » par Thierry Ardisson dans l’émission « Salut les terriens », début 2013. Elle a avoué qu’elle s’était mariée avec un cousin germain sans la dérogation papale nécessaire (elle qui est si procédurière et si avertie, a dû tenter de faire croire à l’animateur, qu’à l’époque, elle n’avait pas attaché d’importance à ce bout de papier, et qu’elle l’avait égaré ! comme si elle n’avait pas pensé depuis à solliciter auprès du Vatican un duplicata). Rappelons qu’elle est représentante pontificale pour la famille.

Ø           Thèses conspirationistes de Mme Boutin et révoltes :

-          Sur les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, elle avait estimé que George W Bush, pouvait être à l’origine des attentats.

-          Elle s’insurge contre le conseil constitutionnel pour avoir validé la loi sur le mariage pour tous.

-          Elle s’insurge contre M. François Hollande pour avoir promulgué cette même loi.

-          Lors de la manifestation du 26 mai 2013, elle accuse la police de : « développer les échauffourées dès midi, pour nous décourager ! ».

Ø           Méchancetés, malveillances gratuites :

-          Elle a évoqué, dans un décalage cynique un souci esthétique au sujet de Chantal Sébire, cette pauvre dame, submergée de douleurs réfractaires, défigurée par un cancer très douloureux du visage (neuroblastome olfactif) qui demandait une aide active à mourir : « je suis scandalisée que l’on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu’elle souffre et qu’elle est difforme ».

-          A propos de la déclaration d’Angélina Jolie sur l’ablation médicale préventive de ses seins, elle tweetait : « pour ressembler aux hommes ? Rire ! si ce n’était triste à pleurer ».

-          Quelques gentillesses et qualificatifs sur ses amis et collaborateurs : Fillion « il a tout renié » ; Martin Hirsch  c’est « une peau de hareng » ; Fadéla Amara est « insignifiante »

Ø           Narcissisme, paranoïa, chantages etc…

-          En 2002, elle obtient environ 1% des suffrages exprimés à l’élection présidentielle. Elle se croit alors, selon le journaliste Alain Duhamel : « investie de la mission de porter la parole des catholiques ultra-mondains dans la bataille présidentielle ».

-          Quelques mois avant l’élection présidentielle de 2012, elle proclamait détenir « la bombe atomique », prête à anéantir l’UMP si on ne lui donnait pas satisfaction, c'est-à-dire, si elle n’obtenait pas ses 500 signatures de parrainage. L’UMP, malgré sa défaite, a dû lui verser environ 800000 €.

-          Elle était dénommée « Madame 9500 € » car M. Sarkozy, ne pouvant pas s’en débarrasser, a dû lui octroyer un salaire de 9500 € mensuel pour un travail fictif sur un dossier « bidon » : le mondialisme. Elle touchait alors son indemnité de conseillère générale des Yvelines d’un montant de 2600 € par mois cumulée à sa retraite de parlementaire (députée de 1986 à 2010) de 6000 € par mois. Total : 18000 € par mois (source : journal le monde de 9 juin 2010).

-          Elle déclarait en 2007 en parlant de M. Sarkozy : « il m’avait promis qu’il n’y aurait pas d’euthanasie et pas de mariage homosexuel » en échange de sa non candidature à l’élection présidentielle (elle était accréditée d’un potentiel de vote de 2 %).

-          Elle déclare, concernant la primaire du PS, que Claude Guéant aurait dû l’interdire car étant anti constitutionnelle, selon elle.

Ø           Plus grave encore…

-          Mme Christine Boutin a été nommée par le Pape Jean-Paul II, consulteur de la sacrée congrégation pontificale pour la famille, véritable centre nerveux de l’action pro-vie internationale du Saint Siège. Elle a donc un statut identique à celui de diplomate du Vatican, ce qui était tout de même ennuyeux pour une élue de la République Française (source : Charlie Hebdo 26/01/2005).

-          Elle dirige ou dirigeait la puissante fédération CID (comité d’initiative pour le respect de la dignité humaine). La secte TFP (Tradition, Famille, Propriété), secte d’extrême droite s’est inscrite sous le nom d’Avenir de la Culture au CID. Celle-ci , qui jouit de protections au Vatican, se présente comme une réaction catholique à la « dégradation morale des médias ». Ses ennemis sont les « laïcards ». Dernièrement elle a arrosé les réseaux sociaux pour signer une pétition en ligne contre le mariage pour tous. La puissante secte TFP prend part également à la lutte anti-avortement (source : www. Prevensectes.com).

-          Une citation parmi tant d’autres de TFP : « la protection de la foi est une cause suffisante pour la licité de la guerre » (de Plinio Corréa de Olivéra). 

Madame Christine Boutin qui nous révolte ou nous amuse reste cependant destructrice. L’association qu’elle a créée en 1993 (l’alliance pour les droits de la vie) devenue Alliance Vita dont le délégué général n’est autre que M. Tugdual Derville, un des dirigeants de « la manif pour tous », nous a fait personnellement beaucoup de mal. Celui-ci a fustigé notre drame dans son livre « la bataille de l’euthanasie » (voir notre droit de réponse : http://parents-herve-pierra-fin-de-vie-loi-leonetti-euthanasie.over-blog.com/article-droit-de-reponse-a-m-tugdual-derville-alliance-vita-consecutif-a-la-lecture-de-son-livre-la-100599466.html ). Ce Monsieur s’est insurgé contre l’application de la loi Léonetti, loi de la République, à notre enfant resté plongé pendant 8 ans ½ en coma végétatif chronique irréversible, inconscient, 100% paralysé, trachéotomisé, nourri par sonde gastrique, avec un corps qui a subi les pires calvaires ; Mon mari et moi-même nous battons contre ces gens qui pensent faire preuve d’héroïsme, de courage ou de vertus chrétiennes avec la souffrance des autres.

Le message profond contenu dans cette déclaration de Mme Christine Boutin s’inscrit comme une évidente ironie pour ponctuer tant de mépris de son prochain :

«  Seul l’amour de l’homme me guide dans mon combat »

(Source : journal Libération du 30/06/2001).

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 22:25

Après le rapport Sicard « Penser solidairement la fin de vie »

Ci-dessous le lien de notre témoignage à l'Assemblée Nationale, invité par l'Espace Ethique de l'APHP et par la SFAP le 27 mars 2013 en présence de M. Léonetti.

http://www.youtube.com/watch?v=aduSN5pyb-o

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 10:12
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      Eluana Englaro                Le film (détails ci-dessous)              Hervé Pierra
ROME, 05 avr 2013 (AFP) - 05/04/2013 12h33 - Le réalisateur italien Marco Bellocchio s'est inspiré pour "La belle au bois dormant", en salles mercredi, du cas d'Eluana Englaro, une Italienne morte à 38 ans en 2009, après 17 ans de coma et un âpre combat mené par sa famille, qui avait mobilisé l'opinion et les hautes sphères de l'Etat. A l'époque, le Vatican et l'Eglise italienne avaient fait campagne contre la suspension de son alimentation, avec le soutien d'une bonne partie de la droite et de l'ex-chef du gouvernement Silvio Berlusconi. Au lieu de se concentrer sur Eluana et sa famille, le cinéaste a choisi de suivre le parcours de trois groupes face à ce drame diffusé en direct à la télévision: une mère (Isabelle Huppert) dont la fille est dans le même cas qu'Eluana, un sénateur (Toni Servillo) qui doit voter sur une loi concernant cette question, et une droguée (Maya Sansa) qui veut mourir, mais qu'un médecin veut sauver. "Le film naît d'une émotion très forte ressentie au moment de la mort d'Eluana Englaro", expliquait en septembre à l'AFP Marco Bellocchio dont le film était en compétition à la Mostra. Mais "je sentais que j'avais besoin d'élargir l'horizon" de cette histoire, précisait-il. La foi, les compromis de la politique, les principes moraux, l'importance de la cohérence avec ses propres idées sont quelques-uns des thèmes abordés par ce film de près de deux heures. Marco Bellochio dénonce en particulier dans le film la mainmise catholique sur la politique qui empêche l'Italie de se doter d'une loi sur l'euthanasie, thème très sensible dans la péninsule. "Tant que les catholiques pourront conditionner la vie politique italienne, les choses ne changeront pas: il sera impossible de voter une loi, même respectueuse, sur la fin de vie", affirmait alors le réalisateur de 72 ans, à l'allure toujours jeune. "Quand le pouvoir des catholiques est aussi fort, comme c'est le cas en Italie, il est presque impossible de promouvoir une loi plus laïque", a-t-il insisté, rappelant qu'un projet de loi sur le "testament biologique" était au point mort au parlement. Le texte de loi prévoit que l'alimentation et l'hydratation, considérées comme "soutien vital" et non comme des "thérapies", ne peuvent jamais être suspendues, sauf lorsqu'elles "ne sont plus efficaces ou adaptées aux conditions de vie du patient". Eluana Englaro est restée 17 ans dans le coma jusqu'à ce que sa famille obtienne en justice le droit de suspendre son alimentation. Elle est morte le 9 février 2009."L'Italie s'est affrontée sur le destin de cette pauvre jeune femme, il y a eu une grande tension médiatique, un affrontement entre catholiques et laïcs", s'est souvenu le cinéaste.Le Vatican et l'Eglise italienne avaient fait campagne contre la suspension de son alimentation, avec le soutien d'une bonne partie de la droite et de Silvio Berlusconi, qui avait tenté de faire voter en urgence une loi pour empêcher la famille d'Eluana d'agir.  Trois ans après, "le problème n'a pas été résolu", déplorait Marco Bellocchio, dont le film a fait l'objet de nombreuses critiques de la part des milieux catholiques et de la droite italienne. Une petite manifestation devant le Palais du Cinéma à Venise avait même rassemblé une cinquantaine de personnes, qui avaient distribué des tracts affirmant que Marco Bellocchio avait "tué Eluana une deuxième fois".
 
 
Paul et Danièle Pierra disent : le 6 février 2009 à 0 h 12 min
 
Lettre de soutien à Monsieur Beppino Englaro.
Monsieur, nous vous adressons toute notre sympathie et vous assurons de notre soutien dans votre démarche pour libérer votre fille de la prison de son corps.  Par amour pour Eluana, vous bravez avec dignité et détermination l’adversité. Ceci vous honore et donne la juste mesure de l’abnégation dont vous faites preuve à son égard. Nous avons traversé les mêmes épreuves que les vôtres et savons les souffrances infligées aux corps de nos enfants. Notre pays, la France, s’est doté en avril 2005 d’une loi qui porte le nom de son auteur : « la loi Léonetti ». Celle-ci permet d’arrêter l’alimentation et l’hydratation dans des cas de coma végétatif irréversible ou en phase finale de maladies incurables à la demande réitérée des patients. La loi prévoit parallèlement un accompagnement palliatif en attendant la survenue de la mort. Nous avons demandé son application au cas notre fils Hervé, qui était dans un coma végétatif irréversible pendant 8 ans ½. Après 14 mois de combat pour vaincre les réticences des médecins notre requête a abouti. Notre fils est décèdé au bout de 6 jours d’agonie atroce, sans aucune sédation, car les médecins ont eu peur qu’il meurt trop rapidement et craignaient des poursuites judiciaires. Ainsi, cette loi, constitue une avancée, mais porte en elle le germe de tel drame humain. En effet, l’euthanasie est interdite en France et la frontière entre le licite (laisser mourir) et l’illicite (faire mourir) est très ténue.
Le coma végétatif irréversible n’est ni la vie, ni la mort, ni le repos du corps soumis au rétrécissement du squelette, aux escarres, aux suffocations et aux régurgitations permanentes. Cela ne peut être la volonté de Dieu, car Dieu est amour et, si sa volonté avait été respectée, nos enfants seraient morts dans la paix de l’âme depuis longtemps. Cette torture est due aux progrès de la technologie médicale non accompagnée de prise de conscience éthique, à l’intégrisme des 3 religions monothéistes et à l’aveuglement des donneurs de leçons.
Nous vous sommes reconnaissants, Monsieur, de contribuer par votre pugnacité à instaurer le débat sur l’euthanasie dans votre pays et au-delà des frontières de l’Italie.
Très cordialement, Paul et Danièle Pierra.                                                                                                                             Ci-dessous la carte que nous avons reçue le 17 février 2009 de la part de M. Beppino Englaro, père D’Eluana.
 
DSCN0268
 

Ci-dessous un article paru dans un quotidien italien “Primo Piano” faisant état de notre lettre à M. Beppino Englaro.

sabato 7 febbraio 2009 PRIMO PIANO L’UNIONE SARDA

 

SOLIDARIETÀ

«In Francia ci siam riusciti»

«Egregio signor Englaro, le assicuriamo il nostro sostegno nella procedura per liberare sua figlia Eluana dalla prigione del suo corpo». Comincia con queste parole la lettera inviata a Beppino Englaro da Paul Pierra che in Francia, per otto anni, ha combattuto una battaglia simile per suo figlio ottenendo, nel 2005, una legge che consente l’interruzione dell’alimentazione e dell’idratazione nei casi di coma vegetativo irreversibile.

   
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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:42

 

Nous sommes les parents d’Hervé Pierra. Notre fils est resté plongé pendant 8 ans ½ dans un coma végétatif chronique irréversible, à l’âge de 20 ans, suite à une tentative de suicide par pendaison. Il était figé dans une grande rigidité, paralysé à 100%, inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait chaque jour, depuis le début de son calvaire, dans ses propres glaires, entrainant de récurrentes et éprouvantes régurgitations. Affecté de problèmes pulmonaires persistants à cause de la présence de bactéries multi-résistantes, il était placé très souvent en isolement. Sa position fœtale, ses attitudes viciées et le fait de n’être jamais déplacé, avaient provoqué une plaie atone grave (escarre au 4 ième degré). Il est décédé en novembre 2006, après notre requête d’application de la loi Léonetti. Ce parcours, semé d’embûches, a duré 18 mois. Les plus hautes instances politiques et médicales de l’époque étaient intervenues pour faire infléchir le corps médical. Le comité d’éthique de Cochin avait donné son aval ainsi que le docteur Régis Aubry (missionné par Jean Léonetti).

Après le retrait de la sonde gastrique, notre fils est mort en 6 jours cauchemardesques, sans aucune sédation, brûlant, cyanosé et faisant des bonds dans son lit, comme électrocuté. Il s’agit, dans notre cas, qui a été médiatisé, d’un « laisser crever », comme l’a écrit Monsieur le député Jean Léonetti dans son livre « à la lumière du crépuscule ». Les médecins avaient eu peur d’être accusés d’euthanasie si notre enfant avait été sédaté et surtout si son décès était intervenu trop rapidement.

Notre drame, parfaite illustration d’un fiasco, de bout en bout, se résume en quelques mots : souffrance, incompréhension, injustice, impuissance, effroi, anéantissement, combativité et amour.

Le 8 février 2013, le Conseil national de l'Ordre des médecins s'est prononcé en faveur d'une évolution de la législation sur la fin de vie en France en envisageant pour la première fois le recours à une sédation terminale dans des "situations exceptionnelles". Ils évoquent exclusivement les cas de personnes lucides qui réitèrent leurs requêtes pour être délivrées en phase terminale de maladies incurables. Les grands oubliés de toutes ces délibérations sont à nouveau les patients en état végétatif chronique irréversible qui eux, ne pouvant pas s'exprimer, ne bénéficieront donc pas d'un recours à une sédation terminale, n'étant pas estimés en situation exceptionnelle.

Nous vous soumettons avec humilité et respect, quelques questionnements ou quelques pistes de réflexions pour aider à cheminer dans le débat sociétal sur la fin de vie qui va, prochainement s'instaurer :

Ø      Le constat : A peu près 2000 personnes se trouvent à l’heure actuelle, en France, en état végétatif chronique. Ce chiffre, avec les progrès de la technologie médicale, va être en constante augmentation, qu’il s’agisse de personnes qui font des accidents vasculaires cérébraux très graves ou des accidentés de la route et notamment les jeunes gens en deux roues.

Ø      Que faire ? : Faire appliquer la loi Léonetti (c'est-à-dire, laisser mourir le patient de faim et de soif, en plusieurs jours, avec un accompagnement). Pourquoi refuser « réparation » à ces victimes collatérales des progrès de la réanimation moderne en ne pratiquant pas une aide active à mourir ? Il est normal et légitime de tout tenter pour faire revenir à la vie une personne inconsciente, en arrêt cardio ventilatoire, mais après…, après…, quand les IRM attestent que les lésions cérébrales sont telles que seule une vie végétative se profile, que faire ? Il n’y a pas de tuyaux à enlever, de machines à débrancher…, on ne peut plus revenir en arrière, seul le corps survit, de façon autonome. Ces calvaires peuvent durer des années et des années. Des médecins formidables, tenaces et débordants d’humanité, comme le professeur Louis Puybasset, essaient de mettre en place des « scores » par des IRM recoupées et autres méthodes et investigations, pour établir des diagnostiques précoces. Ces protocoles permettraient de réagir très vite, en phase de réanimation, pour éviter en quelque sorte, des drames comme celui qu’a vécu notre enfant. A ce jour, cette solution est néanmoins expérimentale.

Ø      Quel espoir de retour « à la vie » ! :

Les médecins distingueraient :

-          Les états végétatifs chroniques, consécutifs aux traumatismes crâniens, dont on peut sortir.

-          Les états végétatifs chroniques irréversibles consécutifs à des anoxies du cerveau dont on ne sort pas.

Ø     Quelques questions et réflexions sur la loi Léonetti :

-          La décision finale de l’application de la loi appartient aux médecins, qu’il y ait ou pas rédaction des directives anticipées.

-          Dans la notion d’obstination déraisonnable, chaque médecin place le curseur de la raison ou il veut.

-          Le climat entre médecins peut être conflictuel, ce qui ajoute de la souffrance à la souffrance de la famille.

-          La sédation peut durer plus ou moins longtemps. On ne meurt pas de faim et de soif en quelques jours. Quelques cas médiatisés dont le nôtre ou l’affaire Koffel, mettent en exergue la frilosité de certains médecins qui, par crainte d’être accusés d’euthanasie, si les décès interviennent rapidement, laissent se prolonger d’effroyables agonies. La frontière si ténue entre le licite et l’illicite aboutit à ces terrifiantes aberrations.

-          La loi Léonetti stipule que la sédation est en place pour soulager la douleur et non pour accéder à la mort. Or, pour ce qui concerne les états végétatifs, cela est faux ! Notre fils, n’était pas plus mal, ou aussi mal, 2 jours, 6 mois ou 8 ans auparavant. L’intention était donc bien là, euthanasique. Pourquoi, alors ces agonies longues et douloureuses, quel sens leur accorder ?

Ø      Quelques questions et réflexions générales :

-          La vie biologique est-elle la vie ?

-          Pourquoi, mourir devient-il un droit à revendiquer puisque la mort s’inscrit légitimement dans la vie ?

-          Pour sacrifier à l’illusion d’une non euthanasie, on voit émerger une forme de « maltraitance institutionnalisée ». Celle-ci est dénoncée par Monsieur Philippe Bataille, sociologue, directeur d’études à l’école des hautes études en sciences sociales, auteur du livre « à la vie à la mort ». Il relate le cas édifiant, entre autres, d’un prématuré non viable auquel on a appliqué la loi Léonetti (laisser mourir de faim et de soif) alors qu’avant, il aurait aidé à mourir en paix et en toute humanité.

-          Comment peut-on se dire qu’après tout, l’euthanasie est déjà une réalité dans nos hôpitaux…, alors à quoi bon légiférer ! Comment peut-on accorder « force de loi » à la clandestinité, en risquant par ailleurs, des dérapages dans un sens ou dans un autre ?

-          Pourquoi, opposer aide active à mourir et soins palliatifs ?

-          Pourquoi, dans notre république laïque, écoute-t-on autant l’église ? Où en est la séparation de l’église et de l’état ? Comment les gens d’église peuvent-ils prôner une « mort naturelle » comme seule issue à une « vie artificielle » ? Le principe fondateur de notre société : «  Tu ne tueras point ! » , est abusivement et éhontément argué pour fermer la porte à tout débat. La compassion n’est pas « un homicide volontaire » ! C’est l’institution (c'est-à-dire l’homme) qui, en décidant que la mort n’est pas autorisée, se substitue à Dieu et condamne à des doubles peines : celle de ne plus pouvoir vivre et celle de ne pas avoir le droit de mourir.

-          Peut-on croire que l’on fasse preuve de courage personnel, d’héroïsme ou de vertus chrétiennes avec la souffrance des autres ? 

Nous n’avons abordé que notre drame mais, sommes aussi acquis à une aide active à mourir pour les personnes qui en font la demande, submergées par la douleur, en phase terminale de maladies incurables.

Conscients qu’un tel bouleversement poserait certains problèmes éthiques au corps médical, nous espérons cependant, que loin des clivages politiques, des idéologies et des dogmes, un débat dépassionné s’instaurera qui apportera des réponses concrètes. Légiférer sur un sujet sociétal qui relève tellement de l’intime : « notre propre mort », doit exiger certainement une grande rigueur et beaucoup de courage.

Quoiqu’il en soit et quoi qu’il advienne, sachez que notre « combat » et nos témoignages s’inscrivent dans une promesse faite à notre fils sur son lit de souffrance et de mort :

« PLUS JAMAIS ҪA ! »

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 23:56

Le 8 février 2013, le Conseil national de l'Ordre des médecins s'est prononcé en faveur d'une évolution de la législation sur la fin de vie en France en envisageant pour la première fois le recours à une sédation terminale dans des "situations exceptionnelles". Ils n'évoquent que les personnes lucides qui réitèrent leurs requêtes pour être délivrées en phase terminale de maladies incurables. Les grands oubliés de toutes ces délibérations sont à nouveau les patients en état végétatif chronique irréversible qui eux, ne pouvant pas s'exprimer, ne bénéficieront donc pas d'un recours à une sédation terminale, n'étant pas estimés en situation exceptionnelle.

A peu près 2000 personnes se trouvent à l’heure actuelle, en France, en état végétatif chronique. Ce chiffre, avec les progrès de la technologie médicale, va être en constante augmentation, qu’il s’agisse de personnes qui font des accidents vasculaires cérébraux très graves ou des accidentés de la route et notamment les jeunes gens en deux roues.

Que faire ? Faire appliquer la loi Léonetti (c'est-à-dire, laisser mourir le patient de faim et de soif, en plusieurs jours, avec un accompagnement). Pourquoi refuser « réparation » à ces victimes collatérales des progrès de la réanimation moderne en ne pratiquant pas une aide active à mourir, alors qu'ils sont les principaux concernés ? Il est normal et légitime de tout tenter pour faire revenir à la vie une personne inconsciente, en arrêt cardio ventilatoire, mais après…, après…, quand les IRM attestent que les lésions cérébrales sont telles que seule une vie végétative se profile, que faire ? Il n’y a pas de tuyaux à enlever, de machines à débrancher…, on ne peut plus revenir en arrière, seul le corps survit, de façon autonomeNotre fils (un des premiers cas d'application de la loi Léonetti, en coma végétatif chronique irréversible, inconscient, paralysé à 100%, trachéotomisé et s'étouffant dans ses glaires quotidiennement pendant presque 9 ans), est mort en 6 jours cauchemardesques. Monsieur le député Jean Léonetti, qui nous a auditionnés à l'Assemblée Nationale en mai 2008, a lui-même dénoncé dans son livre "à la lumière du crépuscule", un "laisser crever" concernant le cas de notre enfant. Par ailleurs, le mot clé de cette loi "l'intention" est dénué de sens dans le cas d'application de celle-ci à des Etats Végétatifs Chroniques (EVC). Notre fils n’était pas plus mal, ou aussi mal, 2 jours, 6 mois ou 8 ans 1/2 auparavant. L’intention était donc bien là, euthanasique. Pourquoi, alors ces agonies longues et douloureuses, quel sens leur accorder, ne considérez-vous pas ces atroces situations comme étant exceptionnelles ?

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez lire et écouter les réactions à ce sujet dans une émission de France inter du 14 février 2013:

http://www.franceinter.fr/depeche-un-premier-pas-vers-l-euthanasie 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 15:05

Cliquer sur le lien ci-dessous et vous comprendrez l’objet de notre réponse :

http://www.economiematin.fr/les-experts/item/3391-debat-euthanasie-economies-securite-sociale

 

Madame, dans votre article du 29 janvier 2013, vous déclarez, je cite : « Les situations impossibles et insupportables médiatisées largement sont des constructions politiques ou sociétales utilisant des personnes en souffrance ». Je me reconnais bien dans ces quelques mots. Je suis la mère d’Hervé Pierra, plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans ½ (mon enfant était complètement paralysé, figé dans des positions viciées, inconscient, trachéotomisé, s’étouffant quotidiennement dans ses propres glaires). Son agonie a duré 6 jours cauchemardesques sans sédation après une mauvaise application de la loi Léonetti. Je ne pense pas être instrumentalisée, mais, si c’est le cas, j’en suis parfaitement ravie. En effet, la médiatisation de notre affaire a permis d’établir la circulaire du 20 octobre 2011, concernant la loi sur la fin de vie, qui préconise la mise en œuvre de traitements antalgiques et sédatifs, pour les personnes cérébrolésées, dont on ne peut évaluer la douleur lors d’une décision d’arrêt de traitements.

Pour, « prendre comme indice de la maltraitance dans les hôpitaux », vous suggérez de considérer le nombre véritable d’euthanasies. Je vous suggère, à l’inverse, si vous le permettez de prendre pour indice la maltraitance institutionnalisée à l’égard des victimes collatérales des progrès de la réanimation qui, comme mon fils, ne peuvent plus vivre et n’ont pas le droit de mourir (puisque mourir devient un droit à revendiquer). Monsieur le député Jean Léonetti, qui est intervenu en personne dans notre affaire, parle dans son livre « à la lumière du crépuscule », concernant mon enfant d’un « laisser crever ».

Vous vous opposez à toute aide active à mourir, sous quelques formes que se soit et jetez la pierre à vos confrères. Cette posture extrémiste, pourrait être entendue mais, je ne la partage pas du tout. Je vous renvoie à l’édifiante réflexion du Professeur Puybasset : « à ces égards, l’état végétatif est le cas le plus extrême des situations inextricables créées par la médecine. L’épouvantable revers de la réanimation moderne, qui n’est jamais un état naturel. Ce n’est pas par hasard si plusieurs affaires médiatiques qui nourrissent la demande d’aide active à mourir concernent des personnes végétatives comme Hervé Pierra en France ou Terri Shiavo aux Etats-Unis ».

Je n’adhère pas au fond de votre discours, mais que dire de la forme ! Je cite : « la porte est ouverte aux wagons de bestiaux, aux camps pour handicapés ou opposants, aux expériences médicales… ». Hors contexte, j’aurais pu imaginer ces propos émanés d’une quelconque secte apocalyptique ! En cela, c’est sûr, ils se démarquent du vocable compassionnel que vous dénoncez comme constituant des armes idéologiques en faveur de l’aide active à mourir : « douleurs, compassion, liberté de choix et respect de la volonté… ». Vous semblez créer, à votre tour, une nouvelle « mode ambiante » dans laquelle chaque styliste déborde de provocation pour se démarquer. 

Je ne pense pas que les techniques de lobotomie fonctionnent sur les Français. Nous formons un peuple contestataire auquel on ne sert pas n’importe quoi ! Votre argumentaire va crescendo pour exploser en apothéose cynique (euthanasie…Hitler… eugénisme). Tout comme les terroristes islamistes envoyaient leurs avions s’abattre sur les tours du World Trade Center, vous, vous envoyez vos certitudes et vos idéologies dogmatiques percuter l’édifice de notre belle démocratie laïque…, regardez bien !

« ARRÊT SUR IMAGE ! »

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 18:42

Au gré de mes flâneries sur la toile, je découvre avec stupeur une autre facette de M. Tugdual Derville, l’auteur de la « Bataille de l’Euthanasie », ouvrage dans lequel il stigmatise éhontement tous les protagonistes des sept affaires qui ont défrayé la chronique pendant une décennie (voir l’article sur notre blog : Droit de réponse à M. Tugdual Derville).

Cette personne est délégué général d’Alliance Vita qui fut fondée en 1993 par Mme Christine Boutin dont le portrait et le CV ne sont plus à réécrire. Rappelons simplement que Mme Boutin, présidente du Parti Chrétien-Démocrate, mariée à son cousin germain est : anti avortements, anti mariage gay, anti euthanasie etc…. Elle s’était illustrée à l’Assemblée Nationale, brandissant une bible, les yeux plein de larmes, pour protester contre l’instauration du Pacs. C’est cette même personne qui déclarait devant la souffrance de Mme Chantal Sebire : « je suis scandalisée qu’on puisse envisager de donner la mort à cette femme par ce qu’elle souffre et qu’elle est difforme ». Décalages insidieux, raccourcis, travestissements de la vérité, omissions, mensonges et chantages électoralistes, constituent la panoplie de cette « respectable chrétienne » !

M. Tugdual Derville, a pris la succession de Mme Boutin. Il se dit défenseur des plus fragiles, aconfessionnel et apolitique :

M. Tugdual Derville, solidaire « autoproclamé » des plus fragiles.

Ce Monsieur, ne précise cependant jamais qui sont les « plus fragiles » qui bénéficient de sa généreuse compassion. Celle-ci, à géométrie variable, ne s’adresse apparemment pas aux victimes de la « maltraitance institutionnalisée ». Ce monsieur s’émeut-il, en effet, comme la plus part d’entre nous, devant ces quelques lignes du livre de M. Bataille « à la vie, à la mort » (page 57) : « aujourd’hui, dans les services de néonatologie, on n’inocule plus de produit létal pour abréger la vie d’un prématuré de 800 grammes, comme une culture médicale de néonatologistes en avait permis l’exercice. Désormais, on suspend l’alimentation et l’hydratation. Peu le savent. Les soignants, qui l’ont fait par soucis de conformité à la loi Léonetti de l’interdit d’euthanasie déjà révisée, disent en avoir éprouvé un malaise éthique ». M. Philippe Bataille est, rappelons-le, sociologue, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il a mené une enquête très fouillée pendant plusieurs années dans différentes unités de soins palliatifs et a reçu de plein fouet les drames de la fin de vie.

M. Tugdual Derville se dit aconfessionnel :

► Son organisation fut pourtant tout de même fondée par la présidente du Parti Chrétien Démocrate, Mme Christine Boutin. Celle-ci dirige la fédération CID (Comité d’Initiative pour le respect de la Dignité humaine) qui s’était battue en collaboration avec la secte TFP (Tradition Famille Propriété) également nommée « Avenir et culture », dans sa lutte contre l’avortement. Cette secte d’extrême droite se présente comme une réaction catholique à la « dégradation morale des médias ». Cette dernière « arrose » actuellement les réseaux sociaux pour signer une pétition en ligne contre « le Mariage pour tous ». http://www.prevensectes.com/tfp1.htm    

► Il se réfère régulièrement au commandement biblique « tu ne tueras point ». Celui-ci exige de la famille et des malades de ne pas attenter à leurs jours, ni de demander l’aide d’autrui dans cet objectif. Cela génère l’impuissance des familles à libérer leurs proches en coma végétatif chronique (comme l’était notre enfant), cela impose de les condamner, pauvres victimes innocentes et collatérales des progrès de la réanimation, à une triple peine : celle de ne plus pouvoir vivre ; celle de ne pas avoir le droit de mourir ; celle d’opter pour une issue longue et douloureuse, « le laisser mourir de faim et de soif », pour accéder à la mort. Ainsi, cet inoxydable fondement « tu ne tueras point », aura pour écho « tu feras souffrir » ou « l’homme sur l’homme a la toute puissance », puisque mourir devient un droit à revendiquer et ne s’inscrit plus dans la légitimité de la vie. On vous réanime et vous restez dans le coma des dizaines d’années par la volonté de ceux qui savent ce que Dieu veut… A méditer !

Il donne des conférences à la fondation Guilé, née en Suisse en 1997. Celle-ci se charge de sensibiliser les acteurs économiques aux grands dangers de notre temps comme la laïcité. Cette fondation, inspirée de l’OPUS DEI a témoigné devant l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) contre la « laïcité à la française » et fait du lobbying intensif pour obtenir des sanctions économiques contre la France (source : article paru dans Charlie Hebdo du 22 / 12/ 2004). Cette fondation offre, par ailleurs, aux « décideurs » des « conditions  privilégiées d’échanges interdisciplinaires et des parcours d’enrichissement personnel dans des lieux et des moments de qualité »  http://fafwatchra.noblogs.org/post/tag/gud/.

Il est proche des légionnaires du Christ, congrégation religieuse de prêtres catholiques, main armée du Vatican contre la laïcité. Cette congrégation forme de très jeunes garçons à devenir des « petits soldats du Christ », subissant avec port de treillis et discipline de fer un entrainement paramilitaire intensif. Son fondateur, l’Abbé Marcial Maciel, admirateur de Franco, était vénéré comme un Saint vivant par le Pape Jean-Paul II. Un saint par lequel le scandale est arrivé, la justice des hommes l’a condamné pour de nombreuses affaires de pédophilie au moment où on lui découvrait une double vie avec femme et enfant qu’il maltraitait, faits reconnus par la congrégation, le 26 mars 2010  http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gion_du_Christ.

M. Tugdual Derville se dit apolitique :

► M. Tugdual Derville avait appelé à voter Nicolas Sarkozy aux dernières élections présidentielles, preuve s’il en est de son indépendance politique !

► M. Tugdual Derville aurait dans sa famille des sympatisants d’extrême droite. Son cousin germain est le chef de file du mouvement néo-fasciste MAS, groupuscule très influencé par les néo-fascistes italiens de la Casa Pound http://droitesextremes.blog.lemonde.fr/2011/02/23/relatif-succes-dauteurs-dextreme-droite-en-librairie/.

► L’association « Alliance Vita », figure parmi les liens, dans la liste «  protection de la vie », du  Service Pastoral d’Etudes Politiques (SPEP) de la paroisse Sainte Clotilde. Le SPEP, créé en 1992 par le Cardinal Lustiger, Archevêque de Paris, constitue une présence de l’église pour les responsables politiques qui le souhaitent. Des déjeuners débats ou soirées de réflexion sur des thèmes éthiques liés à l’actualité politique, y sont organisés  http://www.sainte-clotilde.com/ .

Toutes ces informations, glanées avec pugnacité sur la toile, m’interpellent, comme elles interpelleront, à n’en pas douter, les lecteurs de cet article qui peuvent vérifier nos sources pour chaque élément avancé. A lire aussi, notre droit de réponse, à M. Tugdual Derville, auteur du livre « la bataille de l’euthanasie » : http://parents-herve-pierra-fin-de-vie-loi-leonetti-euthanasie.over-blog.com/article-droit-de-reponse-a-m-tugdual-derville-alliance-vita-consecutif-a-la-lecture-de-son-livre-la-100599466.html

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 14:52

La loi Leonetti du 22 avril 2005 présente de nombreuses avancées mais a aussi des limites ou plutôt elle n'est pas toujours bien comprise ou bien appliquée par les médecins. Certaines familles doivent se battre pour leur proche, pour que la loi soit correctement apliquée. Les époux Pierra ont traversé cette terrible épreuve.

Lien ci-dessous:

 

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-loi-leonetti-sept-ans-apres-ou-en-sommes-nous--9069.asp?1=1&IdBloc=1

 

Le Dr Jean Leonetti, député UMP des Alpes-Maritimes, a été à l'origine en 2005 d'une loi relative aux "droits des malades et à la fin de vie". Une loi insuffisamment appliquée parce que mal connue pour les uns, une loi trop timide pour les autres.

Sept ans après l'adoption de la loi, Jean Léonetti a dressé un premier bilan lors de son passage sur le plateau du Magazine de la santé, mardi 18 décembre 2012.

Lien ci-dessous:

 

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-loi-leonetti-sept-ans-apres-ou-en-sommes-nous--9069.asp?1=1&IdBloc=2

 

 

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 12:02

Nous venons de découvrir cette vidéo sur le net autour du cas de notre enfant. Lors de l'Assemblée plénière de la SFAP en 2011, le Docteur Régis Aubry et Monsieur le Député Jean Léonetti ont longuement évoqué le cas de notre enfant Hervé Pierra et les mesures prises par le Conseil National de l'Ordre des Médecins et le Conseil d'Etat.

La formulation de ces mesures entretiennent un flou préjudiciable aux patients et laissent tous pouvoirs décisionnels aux médecins. Actuellement, la "Sédation Terminale", aboutit à une "Loterie" en fonction de l'infrastructure dans laquelle cela se pratique, du médecin et de la résistance du patient.

Nous espérons que le rapport de la "Mission Sicard" aboutisse, dans les cas semblables à celui de notre enfant à une aide active à mourir pour un décès dans l'apaisement de tous.

En cliquant sur le lien ci-dessous, à partir de la 11 ième minute, vous pourrez visionner la séquence relative au cas de notre enfant.

http://www.wat.tv/video/video-leonetti-aubry-pleniere-2b3ov_2gnc3_.html

 

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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
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  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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