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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 15:24

L'association "Alliance VITA", est un des piliers du mouvement : "Soulager mais pas tuer". Nous vous proposons la lecture de mon droit de réponse au livre "la bataille de l'euthanasie" dans lequel l'auteur, Monsieur Tugdual Derville, délégué général d'Alliance VITA, fustige avec mépris, tous les protagonistes de ces drames humains.

 

Droit de réponse à M. Tugdual Derville (alliance VITA), consécutif à la lecture de son livre : « La bataille de l’euthanasie »

 

Je suis Madame Pierra, la mère d’Hervé. Notre drame a, je cite : « défrayé la chronique » et a fait l’objet de votre part, je cite : « d’une remarquable enquête d’investigation ». Vous êtes, Monsieur Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita qui fut fondé en 1993 par Madame Christine Boutin. Vous vous assignez comme mission la protection des plus vulnérables et la sensibilisation du public et des décideurs à la protection de la vie humaine. Vous donnez entre autres activités, des conférences à la fondation Guilé, dont la vocation est de sensibiliser les acteurs économiques aux grands dangers de notre temps comme la laïcité. Cette fondation, inspirée de l’Opus dei, dont votre frère est un haut dignitaire à Rome, a témoigné devant l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) contre « la laïcité à la française ». Vous êtes diplômé de sciences po et de l’Essec, aussi, est-ce avec modestie qu’une humble mère au foyer comme moi va tenter de procéder à l’analyse de votre « pseudo analyse ».

Concernant le cas de mon enfant

Je dois préciser en préambule, que vous ne nous avez jamais contactés et que nous savons, par ailleurs, après vérification, qu’aucun des protagonistes de notre affaire n’a été consulté pour la rédaction des quelques pages qui nous sont dédiées. C’est bien dommage, Monsieur Derville, vous qui déplorez que : « dès lors que l’on conteste la version médiatiquement correcte, on a plus droit à la parole. », vous n’ayez pas saisi l’occasion de l’écriture de ce livre pour vous informer de la version objectivement correcte. Le médiateur de la République de l’époque, Monsieur Delevoye, pour sa part, s’était employé pendant des semaines à essayer de briser le silence des médecins en charge d’Hervé, sans succès.

Notre fils Hervé est décédé le 12 novembre 2006 après 8 ans ½ de coma végétatif chronique irréversible à la suite d’une tentative de suicide par pendaison. Il était complètement paralysé, figé dans une totale rigidité (jamais déplacé), inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait quotidiennement, dans ses propres glaires, provoquant d’incessantes régurgitations car, déglutissant à minima, il faisait des fausses routes en permanence. Il était souvent placé en « isolement » car son organisme produisait des bactéries multi résistantes. Les différentes IRM pratiquées dans deux structures différentes attestaient de lésions cérébrales gravissimes et irréversibles, post-anoxiques.

Vous livrez, sans état d’âme, votre appréciation toute personnelle de l’état de santé de mon enfant, ainsi, je cite : « voilà Hervé dans un coma végétatif pratiquement irréversible ». Ces propos ne sont pas pratiquement mais carrément abjectes, visant à laisser planer un doute sur le caractère irréversible de son coma. Notre famille l’aurait donc, je cite : « supprimé », selon votre terminologie. Nous avons adressé au corps médical notre requête d’application de la loi « Léonetti » et non pas notre demande, je cite : « d’arrêt d’alimentation ». La loi serait-elle complice d’homicide dans ce tragique dénouement ?

Nous aurions été, je cite : « séduit » par, je cite : « l’interprétation de la loi à l’occasion de la mort de Vincent Humbert ». Comment peut-on « vomir » des mots d’une telle obscénité en évoquant une éventuelle séduction ? Comment osez-vous avec cynisme mentionner une quelconque séduction, alors qu'il s'agissait bien de la seule perspective légale de libérer notre fils, qui se profilait. C'est la plus grande preuve d'Amour abnégation que nous pouvions donner à notre enfant. Les mots : "interprétation de la loi" restent une énigme pour moi, car il s'agit de la loi Léonetti. C'est précisément Monsieur le député Jean Léonetti, en personne, qui est intervenu dans notre affaire. Quelle interprétation ?

Vous vous dites contre l’acharnement thérapeutique mais je constate hélas que c’est une notion subjective et abstraite donc, interprétable à souhait. A quel stade auriez-vous considéré que l’on pratiquait une obstination déraisonnable à l’encontre de mon enfant ? Dès le départ, à l’hôpital, les médecins nous avaient dit que son cerveau était « ratatiné ». Ils ont néanmoins été le chercher à la frontière de la mort, quelques mois après, nous conseillant de prendre parallèlement et au plus vite, toutes nos dispositions pour son décès. Huit et demi de calvaire plus tard, son organisme étouffait littéralement, son squelette s’arcboutait au point de nécessiter pour plus de stabilité d’être placé dans une coque… échec… une autre coque… sans succès. Une plaie atone (escarre) très grave et profonde blessait sa jambe. Je pense que son avenir aurait été à plus ou moins long terme l’amputation de la jambe. Au bout de combien de membres amputés considérez-vous Monsieur Derville qu’il s’agisse d’acharnement ou d’obstination déraisonnable ?

Par ailleurs, vous suspectez avec ironie un probable, je cite : « acharnement thérapeutique ? » dont auraient fait preuve mon mari et ses collègues pompiers lors de la réanimation de notre enfant. Votre agilité déconcertante dans l’art d'instiller le venin avec fluidité et constance m’incite à penser que cette pratique vous est familière. Mais vous avez raison ! Cela peut relever de l’acharnement thérapeutique légitime, comme l’ont été les soins prodigués en réanimation. Lorsque l’on ignore l’état cérébral d’une personne, inconsciente et dans l’urgence, il est légitime de tout faire pour la ramener à la conscience,  mais après, lorsque les IRM attestent de lésions cérébrales très graves et irréversibles comme dans les anoxies du cerveau, que faire ? Il n y a pas de machines à débrancher de tuyaux à enlever. Seul le corps survit parfois à minima comme ce fût le cas pour mon enfant. Je suis très étonnée de la grave confusion que vous faites entre, acharnement thérapeutique et obstination déraisonnable (maintien artificiel de la vie). Monsieur le député Jean Léonetti nous avait expliqué cette nuance lors de la mission d’évaluation de la loi sur la fin de vie en mai 2008 à laquelle il nous avait conviés pour témoigner. Ces termes plus appropriés figurent dans la loi actuelle (mauvaise enquête, Monsieur Derville !). Tout cela pour aboutir, je cite : « à la spectaculaire agonie » de mon enfant qui a duré 6 jours et 6 nuits, "spectaculaire agonie provoquée par une décision parentale". Nous serions donc, les initiateurs de cette atroce agonie. Comment ne pas percevoir au travers de ces propos, de la haine, qui trouve peut-être son origine dans la peur. Je cite: "si nous choisissons de décrypter ces affaires, c'est parce qu'elles sont totalement publiques et qu'elles ont désormais une énorme influencesur la bataille de l'euthanasie". Le "cas Pierra" se situe désormais sur une "brèche législative", laquelle Monsieur Derville ? Il semble bien, qu'au fond de vous, vous ayez pris conscience de notre intolérable situation, qui est aussi celle de 2000 à 3000 patients en France, chiffre en constante progression, à cause des progrès de la technologie médicale de réanimation. Je vous renvoie à l'édifiante réflexion du Professeur Puybasset dans son livre: "euthanasie, le débat tronqué", je cite :" à ces égards, l'état végétatif est le cas le plus extrême des situations inextricables créées par la médecine. L'épouvantable revers de la réanimation moderne, qui n'est jamais un état naturel. Ce n'est pas par hasard, si plusieurs affaires médiatiques, qui nourrissent la demande d'une aide active à mourir, concernent des personnes végétatives, comme Hervé Pierra en France ou Terri Shiavo aux Etats Unis". Vous vous inscrivez dans une véritable maltraitance institutionnalisée en proposant une mort naturelle comme seule issue à un état pas naturel, comme le nomme le Professeur Puybasset.  Les personnes qui, comme vous, prônent une mort naturelle pour ponctuer ces vies artificielles devraient nous faire part de leur méthode. La dite mort naturelle, lorsqu’elle frappe à notre porte, sous la forme d’un cancer ou autre, nous n’en voulons pas, nous ne la laissons pas faire son œuvre naturelle, nous courons vite chez le cancérologue le plus réputé pour contrecarrer « Dame nature » et défier la mort naturelle. Le principe fondateur de notre société : «  Tu ne tueras point ! », est abusivement et éhontément argué pour fermer la porte à tout débat. La compassion n’est pas « un homicide volontaire » ! C’est l’institution (c'est-à-dire l’homme) qui, en décidant que la mort n’est pas autorisée, se substitue à Dieu et condamne à des doubles peines : celle de ne plus pouvoir vivre et celle de ne pas avoir le droit de mourir. Quelle volonté délibérée de faire le mal pour le mal ! Comment osez-vous nommer, Monsieur, « spectacle », l’agonie terrifiante d’un jeune homme, qui malgré la loi, n’a reçu aucune sédation et qui faisait des bonds dans son lit comme électrocuté, brûlant et cyanosé ? Réjouissez-vous, Monsieur, le mal que vous me faites, va sûrement au-delà de vos espérances ! Confronté à notre vie tranquille, il vous fallait bien trouver matière à exercer votre malveillance. Une fausse condescendance apparaît, à dessein, je cite : « l’histoire des époux Pierra, au côté de leur fils, est si profondément marquée par la souffrance, qu’il serait indécent de leur jeter la pierre…., peut-on imaginer ce qu’a pu représenter l’engrenage de la maladie mentale, du passage à l’acte et de l’immense dépendance de leur fils ». Cet artifice est destiné à discréditer notre démarche murement réfléchie et, sert votre idéologie, je cite : « il y a de quoi perdre tout repère tant il est vrai que la grande souffrance tend à anesthésier la conscience ». A quelle maladie mentale faites-vous allusion ? Le seul diagnostique en notre possession atteste d’une grave dépression nerveuse, même si d’autres pistes, à l’époque, étaient explorées. Mon fils faisait son service militaire à ce moment là et avait fini major de son « peloton d’élèves gradés » à Vincennes en mai 1998. Mon fils, véritable cadeau de la vie, aimé de tous, était un beau grand garçon sportif de 20 ans, blond aux yeux verts, avec un sourire enjôleur….Etonnant non !…pour celui qui est devenu « grabataire » comme vous l’avez qualifié (page 115) dans une ultime délicatesse ! En faisant référence aux visites quotidiennes que je rendais à mon enfant, vous déclarez, je cite : « un dévouement excessif ne peut tenir dans la durée ». C’est indigne ! Si mes visites avaient été rares, vous m’auriez accusée d’abandon !

 

Un raccourci éclaire la compréhension de vos propos acerbes, je cite : « l’histoire de l’euthanasie commence par des actes revendiqués par ceux qui affirment vouloir mourir et se poursuit inexorablement par la suppression des personnes qui n’ont rien demandé, ne serait-ce que parce que constatant qu’ils sont incapables de s’exprimer, on prétendra agir en leur nom et dans leur intérêt. C’est ce qui s’est passé pour Anne-Marie comme pour Hervé Pierra ». Dans un français approximatif, cette affirmation illustre, à elle seule, votre état d’esprit !

En contestant notre requête d’application de la loi sur la fin de vie, vous vous opposez à M. le député et médecin Jean Léonetti, au docteur Régis Aubry, à l’éminent docteur Axel Kahn, au comité d’éthique de l’hôpital Cochin, à Maître Gilles Antonowicz, aux membres du conseil de l’ordre des médecins (qui nous ont présenté leurs excuses au nom de la médecine française) et à tous ceux, unanimes à nous soutenir dans l’amour et la compassion. Contesteriez-vous, Monsieur, une loi de notre république ?

Je ne comprends pas la cohérence de votre analyse :

- Vous vous félicitez de la loi Léonetti mais, d’autre part, vous critiquez la médiatisation de l’affaire Vincent Humbert qui en est à l’origine.

- Vous prétendez que tout est parfait mais cependant un point clé de la loi qui considère l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation comme un traitement (termes de la loi) que l’on est en droit d’interrompre, vous offusque. Vous écrivez, je cite : « une disposition controversée de cette loi du 22 avril 2005 », controversée par qui ?... par vous ?

- Vous êtes satisfait de cette loi mais êtes opposé à un amendement qui y est contenu (amendement du double effet de la sédation).

Un autre mensonge vient émailler votre déferlement d’insanités, de travestissements de la vérité et d’insidieux découpages, je cite : « les parents retournent leur colère contre cette même loi, accusée d’avoir prolongé l’agonie de leur fils ». C’est faux ! Nous contestons le fait qu’en totale opposition à la loi, notre fils n’ait pas été sédaté. Nous sommes en colère à l’endroit du docteur Régis Aubry qui a conseillé à l’équipe médicale de ne pas lui administrer d’analgésiques, estimant qu’il ne pouvait pas souffrir, et que cela aurait prolongé son agonie. Ce n’est pas le même discours ! J’estime que s’il n’existait qu’un risque sur des millions que mon fils souffrit, le bénéfice du doute aurait dû lui profiter ! Une circulaire du 20 octobre 2011 concernant la loi sur la fin de vie et résultant de notre drame préconise la mise en œuvre de traitements antalgiques et sédatifs pour les patients cérébrolésés, dont on ne peut évaluer la douleur lors d’une décision d’arrêt de traitements.

La fin de vie de mon enfant relevait d’un « laisser crever », comme le précise M. Léonetti dans son livre « à la lumière du crépuscule ». Nous n’avons pas porté plainte, comme l’aurait fait à notre place, dit-il, dans son ouvrage, « l’ultime liberté ? », le docteur Axel Kahn, mais nous y pensons encore, parfois, en constatant le nombre de drames qui alimentent l’actualité. Trop souvent, les médecins confrontés à ces demandes d’application de la loi sur la fin de vie craignent d’être accusés d’euthanasie si les agonies sont trop brèves.

Vous mentez de façon éhontée lorsque vous prétendez que la journaliste, Madame Sandrine Blanchard, a sorti notre affaire de l’ombre le 18 mars 2008. Vous évoquez, avec ironie, un probable, je cite : « hasard ? Sur le plan médiatique, l’affaire Pierra éclate dans « Le Monde » en plein épilogue de l’affaire Sebire ». Non, c’est faux ! Nous ne nous sommes pas engouffrés, ni nous, ni les journalistes dans la brèche de cette actualité. Monsieur David Pujadas, présentateur du journal de 20 heures à FR2, a fait la « une » avec notre drame le 27 novembre 2006. Pour information, le forum « La Vie » ainsi que le forum des lecteurs de « La Croix » avaient été contactés par nos soins le 24 aout 2007. Il serait trop long et fastidieux d’énumérer la liste de vos mensonges car ils sont pléthore.

Ce n'est pas nous qui avons saisi le Procureur de la République, à l'époque, ce sont les médecins de Saumur, vous le savez très bien ! Pour ce qui concerne le docteur Régis Aubry, il nous a confirmé (après sa venue au chevet de notre enfant et à la lecture de ses dossiers médicaux), que la loi Léonetti était faite pour les cas comme celui de notre enfant. Ce dernier, Président du Comité de suivi du développement des soins palliatifs et de l'accompagnement, n'a pas validé notre demande par compassion, ce qui aurait été très grave et irresponsable. Or, vous écrivez, je cite : "il est touché par leur détresse. Il valide, finalement, leur demande comme entrant dans le cadre de la loi sur la fin de vie". Vous n'êtes plus, Monsieur Derville, à un petit arrangement pervers près !

Vous écrivez, je cite : "une euthanasie lui a été injustement administrée". Nous y sommes ! Voila l'explication de ce déferlement de haine, mon fils aurait dû souffrir encore et encore, pour racheter ses fautes ou les nôtres... ! Pour vous, Monsieur, son calvaire était légitime et vous appuyez votre thèse en tentant de nous culpabiliser encore plus, nous serions des parents indignes, car les autres souffrent en silence. Je cite : "il faut souligner que la plupart des proches des personnes gravement traumatisées et comateuses, les veillent sans demander qu'on leur administre la mort et sans faire de bruit".

Vous tentez de nous disqualifier en suggérant que notre demande d’application de la loi était illégitime, en invoquant un « coma pratiquement irréversible » donc, « une vie pratiquement possible ». Notre jugement aurait été altéré par la souffrance et par la lassitude d’accompagner notre enfant chaque jour. Outre le caractère infâme et diffamatoire de tels propos, vous insinuez par ce biais, que tous les protagonistes de notre drame auraient été au mieux « abusés », au pire « complices d’assassinat ».

Il est donc impératif, à ce stade, de souligner que tous les intervenants cités, médecins comités d’éthique etc…, ont jugé recevable notre requête après auscultation de notre enfant et examen de son dossier médical.

Concernant les six autres « affaires »

Les protagonistes des six autres affaires sont également conspués. Les récits du déroulement de leurs drames sont également travestis et passent par le filtre de votre obscurantisme. Je crains que votre démonstration de haine ne puisse se solder que par un « effet boomerang ». Vous cultivez l’art de la caricature avec brio, jetant en pâtures avec force de sarcasmes nos échecs, nos difficultés et nos épreuves de vie avec une mauvaise foi criante. Le but affiché de ce procédé est de prouver que les « affaires », comme vous les nommez, auraient un dénominateur commun, notre incapacité de discernement.

Madame Chantal Sebire aurait même été abusée par son, je cite : « mauvais caractère ». Vous substituez à dessein, aux mots souffrance et douleur, des termes comme, je cite : « inutilité », « désespoir », « peur de la dépendance ». Votre mode opératoire atteint son paroxysme quand vos victimes sont totalement désarmées, quand elles sont décédées.

J’ai de la peine, beaucoup de peine, pour la mémoire de vos victimes et leurs familles. Je note avec effroi, concernant l’actrice, Madame Maïa Simon, je cite : « Maïa fait la une. A titre posthume ». Pour ma part, je respecte les morts.

Les français semblent se déclarer majoritairement pour l’euthanasie, de façon très encadrée, bien sûr, pour eux-mêmes et, à leurs seules demandes réitérées, en phase terminale de maladies incurables, au bout du bout, après concertations collégiales des médecins. Personne n’impose rien à personne, alors que vous, Monsieur Derville, vous exigez la souffrance expiatoire pour tous !

Sommes-nous, par nos positions, contre les soins palliatifs ? Nullement, c’est une contre vérité ! Comment pourrait-il en être autrement ? Ces insinuations sont destinées à nous discréditer. Comment pouvez-vous prétendre que nous sommes hostiles aux handicapés ? Comment pouvez-vous affirmer que nous injurions et insultons le personnel soignant ?

Vous jetez l’opprobre et le discrédit pêle-mêle sur nos amis belges, hollandais, américains et certaines sociétés japonaises, et esquimaudes. Vous égratignez, sans vergogne, des médecins, même l’éminent docteur Axel Kahn, des politiques, des avocats, des éthiciens, des journalistes, les membres du conseil de l’ordre des médecins, les 48000 adhérents à l’ADMD et leur président et pour finir, 86% des français qui se déclarent favorables à l’euthanasie. Les français ne sont pas des êtres décérébrés, instrumentalisés à souhait, qui ne savent réagir que sous le coup de l’émotion. Ils sont capables de discernement, sur un sujet à propos duquel chacun dispose d’une capacité de réflexion et malheureusement, peut-être, d’expériences personnelles.

Vous nous accusez de, je cite : «faire réagir un mort sur une actualité qui lui est posthume ». Ce qui est faux, mais vous connaissez bien cette méthode, pour la pratiquer avec une cynique délectation. Vous écrivez, concernant Madame Chantal Sebire, je cite : « la perspective de l’indispensable prise en charge palliative s’ouvre-t-elle ? Elle aurait enfin donné son consentement pour être hospitalisée ». L’insidieuse suspicion de l’implication de l’avocat de Mme Chantal Sebire dans sa prise de décision de suicide est choquante. Je cite : « on peut raisonnablement penser que cette stratégie judiciaire offensive a pu accélérer la mort de Chantal Sebire ».

Madame Humbert semble être le fil rouge de votre tentative de démonstration. Vos déclarations et vos déductions m’interpellent, me choquent, je cite : « les pleureuses sont assurément télégéniques » ; « voilà qu’on érigeait en modèle d’amour une femme capable de donner la mort à son enfant au nom d’un parallélisme terrifiant : je lui ai donné la vie, n’ai-je pas le droit de lui donner la mort ». Cet inqualifiable raccourci éclaire d’un jour nouveau le fait que le mini clip enregistré sur le kinésithérapeute de Vincent Humbert, et ses « allégations mensongères », largement diffusé par les médias, ait été financé par SOS fin de vie, un service de votre association, Monsieur Derville : « Alliance Vita » !

Vous ne faites aucunement preuve d’héroïsme, de courage, ou de vertus chrétiennes, avec la souffrance des autres, avec l’atroce agonie de mon enfant. Certes, la tentation est grande d’accéder à tout prix à la notoriété… comment disiez-vous déjà… reprenant à votre compte cette maxime : « là où il y a un corps, se rassembleront les vautours »… vous êtes servi, Monsieur Derville, le festin vous attend !

Conclusion

Nous ne sommes pas dupes, Monsieur, et le ton du livre est donné dès sa préface, je cite : « élections » ; « portée politique » ; « enjeu législatif » ; « matière électorale » ; « jeu du chat et de souris qui s’établit entre politiques ».

Pour ma part, je souhaiterais que les Français puissent se déterminer sur ce sujet sociétal en connaissance de cause et en conscience, par voie de référendum.

Le titre de votre ouvrage choisi à dessein : « la bataille de l’euthanasie » est édifiant, quant au désir d’en découdre et de lancer une offensive guerrière. Une croisade moderne peut-être ?

Nous ne nous laisserons pas « crucifier » aussi facilement sur l’autel de l’intégrisme !

Pour défendre votre idéologie, vous êtes prêt à tout et je pense que le cynisme affiché envers les protagonistes des sept affaires citées est à la hauteur de votre peur, peur de perdre la bataille,

« La bataille de l’euthanasie ».

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Published by parents d'Hervé Pierra
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commentaires

Linage 14/01/2015 00:00

Bonjour,
vous serait-il possible de m'adresser votre adresse mail (ou postale si vous préférez).
Il y a des échanges que je préfère personnel plus que sur blog, twitter ou Facebook (quel qu'il soit d'ailleurs, je suis ainsi).
Merci d'avance et très heureux de vous avoir rencontré ce soir.
Très amicalement
Cédric de Linage (votre voisin de gauche à la réunion publique)

Martine 19/12/2014 10:41

Bonjour Danièle et Paul

Je viens de lire votre droit de réponse et je suis une fois de plus très émue par votre combat,votre amour ; par ailleurs,je ne connais rien à ce monde médical, législatif et les mots sont
compliqués pour exprimer ce que je ressens mais je voulais que vous le sachiez.

A très bientôt

Martine

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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
  • Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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