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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 20:54

Votre tribune dénonce une manœuvre des promoteurs de l’euthanasie, présentant celle-ci comme la seule façon d’échapper à des souffrances insupportables. Cette présentation est tronquée, il s’agit plus justement et plus précisément, à la demande réitérée du patient en phase terminale de maladies incurables, éprouvant des douleurs réfractaires, d’accéder à l’euthanasie. Environ 10% des patients cancéreux (de tous âges) en stade avancé dans leur maladie, présentent des douleurs réfractaires (archives du service commun de la documentation de l’université de Nantes).

Il s’agit aussi de nous préserver des effets collatéraux des progrès de la technologie médicale de réanimation. Ainsi, un patient inconscient légitimement réanimé en urgence, dont le pronostic d’avenir attesté dans un second temps par IRM, ne serait qu’une vie en état végétatif chronique ou en coma végétatif chronique irréversible (comme ce fut le cas pour notre fils Hervé, pendant 8 ans ½) serait autorisé à mourir à la demande de la famille ou de la personne de confiance.

Pourquoi agiter des peurs infondées ? Ce qui serait autorisé ne serait pas pour autant préconisé, comme le sous-tend votre interprétation.

L’appel lancé dans cette tribune serait motivé par la menace qui pèserait sur les personnes âgées ou vulnérables. Mais de quoi parlez-vous ? Personne ne menace personne, il s’agit au contraire de respecter la parole des personnes âgées lorsqu’elles sont en phase terminale de maladies incurables. Il s’agit de ne pas les infantiliser, il s’agit de ne pas les disqualifier d’office, au motif que la solitude motive leur demande, ou de prétendre que ces dernières sont la résultante d’une altération de leur jugement par la souffrance. Aimer, entourer, accompagner et surtout respecter nos aînés, sont les briques fondatrices d’une société civilisée.

J’espère, pour ma part, que nos directives anticipées (révocables à tout moment) pourront figurer sur nos cartes vitales.

La souffrance, la douleur, telles des épreuves initiatiques que vous voulez nous imposer, semblent déterminer une appartenance à une communauté dans laquelle vous nous sommez de nous fondre.

Vous minimisez le fait que les français sont capables de réflexion sur un sujet à propos duquel beaucoup d’entre eux ont eu des expériences personnelles douloureuses.

L’information circule, elle est plurielle, et l’outil internet nous conduit à exercer notre esprit critique, à douter et à nous extirper du « bien penser » et du « joug » de la religion (comme avant eux, il y a quelques siècles, l’accès à l’éducation et à l’instruction.

Faute d’arguments tangibles, revoilà à grand fracas « l’indignité » au cœur de ce sujet sociétal. Alors voyons ! Je lis sur wikipédia que la dignité possède des dimensions multiples et antagonistes. Je pense personnellement que cette notion brandie à tort et à travers, porte en elle le germe de la discorde.

Une conception en fait l’égal attribut de toute vie humaine, une autre insiste davantage sur la primauté et l’autonomie de la volonté.

Je me rapproche plus volontiers de la perception de la juriste Anne-Marie Pourhiet qui évoque une notion « fourre tout ».

A titre personnel, je fais le distinguo entre « être digne de mourir », « mourir digne » et « mourir dans la dignité ». L’indignité pourrait-être la confusion des genres intentionnellement entretenue pour accroître un certain manque de visibilité et de lisibilité.

A qui profite donc cette stratégie intellectuelle ?

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Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
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Justine bxl 15/10/2015 20:33

Bonjour,Je suis une jeune infirmière de Belgique, je viens de vous voir dans toute une histoire.
Je tiens à vous féliciter pour le courage dont vous avez fait preuve et dont vous faites toujours preuve.
On ne se rend pas compte du nombre de personne dans ce cas ci et de la douleur que cela engendre.
Continuez à soutenir ceux qui se battent encore pour que leurs proches est le droit à la mort tout en dignité .
Vous pouvez vraiment être fiers de vous et de votre combat!!!!
Bravo

Arlette1950 06/11/2013 20:48

Voilà ce pourquoi je me suis battue pour qu'on ne laisse pas un malade en phase terminale en souffrance... j'étais démunie devant mon fils et ce médecin qui n'a pas voulu lui donner de la
morphine... je l'ai aidé en arrêtant l'appareil respirateur... ça fait onze ans et deux mois, et si c'était à refaire je le ferais... A l'heure actuelle, j'apprends que les malades en fin de vie
souffrent encore et c'est inacceptable. La dignité c'est de respecter le choix du malade en fin de vie... mais il y a encore du boulot !

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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
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  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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