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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 23:28

La démarche de Marie de Hennezel qui érige la transgression en consignes éthiques pour encadrer les problèmes de fin de vie nous paraît surprenante. L e fait de dire tout et son contraire sur la sédation constitue un élément qui vient accroître une impression permanente de destabilisation. Chacun sera juge d’évaluer, à la lecture de ces quelques déclarations la pertinence des propos évoqués.

Madame de Hennezel avait avoué dans un article du monde du 22 mars 2008 avoir pratiqué le « laisser mourir » avant même la promulgation de la loi Léonetti. Je cite : « Mais nous ne pouvions pas pour autant donner délibérément la mort à nos patients. Pas seulement parce que ce n'était pas légal. Parce que notre mission était d'être le plus créatif possible pour trouver des solutions aux situations les pires. Nous pratiquions alors le "laisser mourir" bien avant qu'il ne soit institué par la loi Leonetti. Nous endormions la personne, grâce à une sédation contrôlée, et nous encouragions les proches à l'accompagner dans une veille pleine de douceur »

N’étant pas à une contradiction près, elle déclare dans son audition à l’Assemblée Nationale du 28 mai 2008 : « Dans la plupart des fins de vie en soins palliatifs, on ne donne pas de sédation ».

Elle mentionne dans son rapport sur la France palliative de 2008 que : « L’équipe médicale peut être alors confrontée à un dilemme éthique, et finalement estimer que la solution la plus humaine consiste à transgresser la loi et à donner une aide active à mourir »… « Le recours aux arrêts de vie ne peut pas être justifié stricto sensu, ni admis comme une pratique tout simplement normale. Pourtant, sous certaines conditions, il peut être non seulement justifié, mais déclaré éthique, à condition que son caractère transgressif soit maintenu. Le caractère éthique de l'acte tient à la manière de la faire et de le vivre. Maintenir le questionnement, assumer l'ambivalence, la complexité, le paradoxe de la situation sont des garde-fous contre la tentation de simplifier et de résoudre le problème une fois pour toutes ».

La complexification est ainsi ouvertement revendiquée. S’étonne-t-on alors des drames générés par le flou et l’ambivalence de tels propos ! Chaque médecin agit dans son coin, jugeant ou non de l’opportunité d’une sédation, et de son intensité.

Extrait de déclaration de Marie de Hennezel suite à la publication de son dernier livre : « Avec la sédation, les personnes ne meurent pas dans la seconde mais dans les 48 heures qui suivent, car elles ne sont plus alimentées ou hydratées ». Dans les mêmes circonstances, notre fils est mort en 6 jours cauchemardesques, M. Koffel en 11 jours, le père d’Aurélie Custumer en 21 jours. Le livre de Philippe Bataille relate quelques cas édifiants d’agonies interminables ( http://parents-herve-pierra-fin-de-vie-loi-leonetti-euthanasie.over-blog.com/article-livre-de-philippe-bataille-a-la-vie-a-la-mort-113026058.html).

Chacun a par ailleurs en mémoire des images de victimes sorties vivantes des décombres lors de terribles tremblements de terre après 10 ou 12 jours sans être alimentées et hydratées.

Ainsi, le positionnement de Marie de Hennezel, engendre et engendrera encore bien des drames et des larmes …

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Published by parents d'Hervé Pierra
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jacqueline.salenson 08/07/2013 08:50

oui, marie de Hennezel est remplie de charité chrétienne, mais elle admet toujours le pouvoir médical... c'est le médecin qui décide si la sédation est appropriée ou pas... si les souffrances
"méritent" un sommeil provoqué avant la mort ou pas... complexité: il ne faudrait pas souffrir, mais la souffrance acceptée est tellement formidable pour Dieu...la vie est sacrée (sauf dans les
guerres... ), donnée par Dieu seul pate à la reprendre... la mort fait peur à tout le monde (faux, et s'il n'y avait pas la peur de l'enfer ou du purgatoire?)
alors aucune mort volontaire acceptée! contre la volonté de Dieu...
des souffrances soulagées par charité: on ne peut pas décemment laisser un être humain hurler à la mort... mais pas plus...
par humanité, si les traitements anti-souffrances accélèrent la mort, on l'admet... sous la décision du médecin... jamais du "mourant"...
ensuite, quand elle dit: pas plus de 48h... comme Leonetti, comme Axel Kahn, ce n'est qu'un vœu pieux...
on constate en effet que çà peut durer de quelques heures à 3 semaines environ
(pour mon père, 99 ans, AVC, 8 jours pleins, d'horreur... sédation insuffisante: il faisait des bonds sur le lit! et traitements imposés: antibiotiques, oxygène, enlèvment des mucosités qui
l'étouffaient, alors que dès le premier jour d'hôpital, on avait demandé à sa femme les vêtements pour habiller le mort et dans quelle morgue elle voulait le mettre en attendant l'enterrement!!!
donc diagnostic précis: la mort au bout, sans réveil de son coma provoqué par l'AVC terminal)

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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
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  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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