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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 16:58

A Toulon, un destin grabataire après un AVC le 7 novembre

C'est avec le soutien de Carole Gouyé, déléguée de l'ADMD Var Ouest, que le médecin conseil de l'association, après avoir rendu visite à ma Maman dans cette maison de retraite médicalisée ( portant le nom d'une Sainte de l'église catholique), a mis en demeure la directrice de ce lieu de cesser tout acharnement thérapeutique et ce, en violation de la loi Léonetti.
De plus, le médecin référant de cette institution était absent pendant une semaine et aucun remplaçant n'était présent. A la suite de cela, alors que Maman était en décompensation respiratoire, des soins « particuliers lui ont été prodigués... Puis le lendemain, appelé par la responsable, un médecin qui a coutume de travailler avec cet établissement, est venu constater que Maman était calme et je cite : « peut-être, en voie de récupération !!! »

Pourtant, la directrice avec des mots et un comportement incorrect, a décidé de prendre une solution « extérieure» en la « renvoyant.» au service A.T.O.0 en gériatrie de l'hôpital Font Pré. Ce qui fût fait le 1er décembre.
Dans ce service, nous espérions que Maman allait recevoir des soins palliatifs adaptés à son état, qui ont pour but de valoriser le temps qu'il reste à vivre par le maintien de la meilleure qualité de vie possible.
Ce ne fût malheureusement pas le cas. La douleur physique et psychologique ont été banalisées. Sans chercher à remédier aux difficultés respiratoires, nausées, angoisses, faiblesse ( elle ne s'alimentait plus et ne buvait plus depuis le 7 novembre), traitée avec un patch transdermique à base de fentanyl qui met 10 à 12 heures avant d'agir sans savoir quelle dose est efficace et encore moins laquelle est tolérée. Il faut savoir qu'il n'a qu'une place limitée chez les patients en phase terminale surtout lorsqu'une adaptation rapide des doses est nécessaire, car un état d'équilibre n'est atteint qu'après 36 heures.
Pendant tout ce temps, la médecine n'a pas collaboré de façon active à la quantification de la douleur alors que son état métabolique se dégradait... Maman s'est mise à pleurer, son regard terrifié me fixait, et elle arrivait avec de gros efforts à prononcer: « J'ai mal de partout... Je suis triste... ».
Elle supportait avec beaucoup de courage l'intensité des symptômes, malgré l'image dégradante d'elle-même que la médecine lui faisait porter.
Mardi 7 décembre, Maman qui jusque là avait accepté toute cette souffrance en faisant sans cesse le signe de croix, avait atteint ses limites. Son visage déformé par la douleur, elle traversa les affres agoniques avec des cris qui s'entendaient jusqu'au fond du couloir. J'ai alors supplié Monsieur L. médecin du service d'intervenir pour la calmer.
Environ 1 heure après, l'infirmier a mis quelques gouttes de LYSANXIA ( anxiolytique) dans sa bouche.
Le lendemain matin, dès mon arrivée, Maman était dans le même état et sa voisine de chambre m'a dit qu'elle avait crié toute la nuit. Une fois encore, j'ai appelé le docteur qui m'a répondu qu'elle était calme jusqu'à mon arrivée, et que c'était me voyant, un moyen pour elle de se manifester !
Ces cris ont duré jusque dans l'après-midi, et enfin une infirmière est venue lui faire une injection de morphine dans le ventre en lui disant : « Je vais vous soulager Madame ! »
Puis elle a été tranférée en chambre seule. (afin que la mourante ne dérange pas !?! )
Deux heures après cela, le médecin des soins palliatifs est entré dans la chambre, présenté par le même docteur L. et a constaté qu'elle était paisible...
Dans la soirée, une infirmière a fait une injection de morphine sous-cutanée au pousse-seringue programmée en continu à 2 minutes d'intervalles et ce, pour 24 heures d'intervalle, et ce sans durée.
J'ai demandé à l'infirmière si le processus était accéléré. Bien sûr elle a répondu non en précisant que cela pouvait durer encore longtemps. Dans la nuit du 10 décembre, à 2H10 l'infirmière nous prévenait que Maman était partie Enfin libérée de son calvaire qui a duré 33 JOURS ! ! !
Il est évident que ces injections ont été faites avec intentionnalité de décès ! Les médecins, les soignants ne nous ont absolument pas impliqués, n'apportant aucun soutien pendant la maladie et après sa mort. Pire, puisque la sédation finale était programmée pourquoi n'avons nous pas été informés? Ils nous ont volé son dernier souffle car nous n'étions pas à ses côtés...
POURQUOI AVOIR ATTENDU JUSQU' A L'INSUPPORTABLE, JUSQU'AU DERNIER DELABREMENT ET MEME AU-DELA ?
POURQUOI CETTE ESCROQUERIE INTELLECTUELLE ?
AINSI EST OCCULTEE, LA DIMENSION ESSENTIELLE DE LA CONDITION HUMAINE ...

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Published by parents d'Hervé Pierra
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Alain SERVAIN 22/02/2011 15:49


Chère Madame,

Votre bouleversant témoignage évoque les deux points essentiels qui me paraissent INSUPPORTABLES dans cet entêtement injustifié dans l'opposition à l'euthanasie, à savoir:
1°/ Le fait de laisser "mourir à petit feu" (voire "crever" comme dit le Dr Axel KAHN) dans une souffrance qui va crescendo alors que, s'il est conscient, le Malade et son entourage demandent qu'il
soit mis un terme à cette souffrance inutile.
2°/ Le fait que, comme vous le soulignez si justement, "ON NOUS VOLE LE DERNIER SOUFFLE DE L'ETRE QUE L'ON CHERIT" tout en volant à celui-ci l'image de voir ceux qu'il aime partir l'entourer pour
ce "grand départ". Mon cher Père est parti au terme d'une longue agonie, une demi-heure environ avant que nous n'arrivions à son chevet. Comment ne pas se sentir frustré? Comment ne pas crier "Au
Vol!" pour lui qui aurait pu nous voir une dernière fois, pour nous qui sommes arrivés "trop tard".

Accessoirement, je me demande si l'on a le droit d'imposer aux voisins de chambre ou d'étage les cris de douleur que le mourant ne peut retenir? Il est vrai que, quand on est en milieu hospitalier,
on n'est pas dans un Hôtel 5 étoiles!

A l'opposé de ce témoignage, je voudrais apporter celui d'une Amie hollandaise. Son Père arrivait en fin de vie, il souffrait, il demandait à partir. Il fut convenu de donner une suite favorable à
sa demande. Le moment fut choisi par tous. Le Malade se trouva entouré de tous les siens et, lorsque le dernier baiser d'adieu lui fut donné, le Médecin fit la piqûre qui allait l'emporter vers un
Monde plus serein, où il ne souffrirait jamais plus. Et c'est avec le sourire qu'il ferma définitivement ses paupières.

Assistant à un Congrès sur l'Euthanasie, j'entendis un Professeur déclarer: "La Mort est une maladie sexuellement transmissible", voulant ainsi déclarer que, par définition, en donnant la vie, on
sait que l'on donne aussi la mort que l'on souhaite la plus lointaine possible, bien évidemment. Personne n'y échappe. Alors, comparons les deux témoignages et essayons de déterminer laquelle de
ces deux fins de vie est la plus digne. Ce ne devrait pas être trop difficile....


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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
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  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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