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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 12:26

...Quelque temps plus tard, la famille d’Hervé Pierra raconte dans ce même quotidien (le journal « Le Monde ») son calvaire de six jours après avoir accepté la dite méthode pour leur enfant. On imagine ce que peut être la souffrance des familles quant une telle situation dure plusieurs semaines. Jamais culpabilisés, les opposants doctrinaires à l’euthanasie accusèrent le médecin traitant de n’avoir pas prescrit suffisamment de sédatifs et de morphine. Peut-être… Mais alors, je retournerai l’accusation contre ceux qui reprochent au médecin de n’avoir pas été assez efficace : et eux, n’ont-ils pas aussi été insuffisants ? Pourquoi ne pas avoir eu le courage d’aller jusqu’au bout de leur intention première, qui était bien de permettre à ce jeune homme de partir ? Pourquoi ne pas avoir tout simplement et humainement mis fin au calvaire de cette famille et du malade en injectant un barbiturique qui aurait permis à ce jeune homme de s’endormir paisiblement ? Exactement ce que réclamait la famille. Rien ne justifie cet attentisme cruel, même s’il est conforme à la loi.

            Une telle attitude est d’une stupide inhumanité.

            Quelle est donc la philosophie de cette société qui propose comme solution la transformation d’un être humain en squelette déshydraté, perdant toute dignité, laissant à son entourage le souvenir terrible d’un corps martyrisé ? Comment peut-on approuver les médecins défenseurs d’une telle barbarie, et traiter d’assassins les partisans du penthotal ?

            Et qu’on cesse d’affirmer hypocritement que ce temps est nécessaire pour préparer la famille au travail du deuil. La ficelle est un peu grosse. S’il faut voir souffrir l’être aimé pour faire son travail de deuil, alors, en effet, il faut faire vivre le mourant le plus longtemps possible, et réhabiliter l’acharnement thérapeutique…

            Cet argument ne tient pas : cette période où l’on attend la libération de l’autre laisse toujours des souvenirs cruels, culpabilisants. Pourquoi la prolonger ? Et je pose la question : quel citoyen est volontaire pour cette méthode, conséquence indirecte de la loi actuelle ?

            Pour moi, c’est clair : jamais ça.

Jamais cette fausse « euthanasie », cette mort prétendument naturelle. Personnellement, je souhaite un moyen rapide, digne et sans douleur. Du penthotal me conviendrait parfaitement, que ce soit à prendre par la bouche ou par voie intraveineuse, ça ne me dérange pas. Je ne suis pas difficile ! Aux autres citoyens de préciser par écrit leur choix avant qu’il ne soit trop tard.

            Et puisque alimenter de force une personne qui veut partir est reconnu comme un acharnement thérapeutique, j’espère que supprimer toute alimentation et laisser le corps mourir par déshydratation sera bientôt considéré comme un harcèlement thérapeutique palliatif.

            La société, après avoir mis des dizaines d’années à condamner le premier, va-t-elle mettre autant de temps à condamner le deuxième ? Ces deux attitudes extrêmes relèvent du même principe : un faux respect de la vie. Voilà bien la preuve que les positions dogmatiques qui se voudraient les plus fidèles aux exigences divines se révèlent les plus inhumaines !

            Quand je vois cette attitude prônée par des religieux et des croyants au nom du sacro-saint respect de la vie, j’ai envie de crier : « Dieu, réveille-toi ! Ils sont devenus fous. »

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Published by parents d'Hervé Pierra
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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
  • Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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