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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 09:27

 

Je suis Madame Pierra, la mère d’Hervé. Notre drame a, je cite : « défrayé la chronique » et a fait l’objet de votre part, je cite : « d’une remarquable enquête d’investigation ». Vous êtes, Monsieur Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita qui fut fondé en 1993 par Madame Christine Boutin. Vous vous assignez comme mission la protection des plus vulnérables et la sensibilisation du public et des décideurs à la protection de la vie humaine. Vous donnez entre autres activités, des conférences à la fondation Guilé, dont la vocation est de sensibiliser les acteurs économiques aux grands dangers de notre temps comme la laïcité. Cette fondation, inspirée de l’Opus dei, dont votre frère est un haut dignitaire à Rome, a témoigné devant l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) contre « la laïcité à la française ». Vous êtes diplômé de sciences po et de l’Essec, aussi, est-ce avec modestie qu’une humble mère au foyer comme moi va tenter de procéder à l’analyse de votre « pseudo analyse ».

 

Concernant le cas de mon enfant

Je dois préciser en préambule, que vous ne nous avez jamais contactés et que nous savons, par ailleurs, après vérification, qu’aucun des protagonistes de notre affaire n’a été consulté pour la rédaction des quelques pages qui nous sont dédiées. C’est bien dommage, Monsieur Derville, vous qui déplorez que : « dès lors que l’on conteste la version médiatiquement correcte, on a plus droit à la parole. », vous n’ayez pas saisi l’occasion de l’écriture de ce livre pour vous informer de la version objectivement correcte. Le médiateur de la République de l’époque, Monsieur Delevoye, pour sa part, s’était employé pendant des semaines à essayer de briser le silence des médecins en charge d’Hervé, sans succès.

Notre fils Hervé est décédé le 12 novembre 2006 après 8 ans ½ de coma végétatif chronique irréversible à la suite d’une tentative de suicide par pendaison. Il était complètement paralysé, figé dans une totale rigidité (jamais déplacé), inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait quotidiennement, dans ses propres glaires, provoquant d’incessantes régurgitations car, déglutissant à minima, il faisait des fausses routes en permanence. Il était souvent placé en « isolement » car son organisme produisait des bactéries multi résistantes. Les différentes IRM pratiquées dans deux structures différentes attestaient de lésions cérébrales gravissimes et irréversibles, post-anoxiques.

Vous livrez, sans état d’âme, votre appréciation toute personnelle de l’état de santé de mon enfant, ainsi, je cite : « voilà Hervé dans un coma végétatif pratiquement irréversible ». Ces propos ne sont pas pratiquement mais carrément abjectes, visant à laisser planer un doute sur le caractère irréversible de son coma. Notre famille l’aurait donc, je cite : « supprimé », selon votre terminologie. Nous avons adressé au corps médical notre requête d’application de la loi « Léonetti » et non pas notre demande, je cite : « d’arrêt d’alimentation ». La loi serait-elle complice d’homicide dans ce tragique dénouement ?

Nous aurions été, je cite : « séduit » par, je cite : « l’interprétation de la loi à l’occasion de la mort de Vincent Humbert ». Comment peut-on « vomir » des mots d’une telle obscénité en évoquant une éventuelle séduction ? Comment osez-vous avec cynisme mentionner une quelconque séduction, alors qu'il s'agissait bien de la seule perspective légale de libérer notre fils, qui se profilait. C'est la plus grande preuve d'Amour abnégation que nous pouvions donner à notre enfant. Les mots : "interprétation de la loi" restent une énigme pour moi, car il s'agit de la loi Léonetti. C'est précisément Monsieur le député Jean Léonetti, en personne, qui est intervenu dans notre affaire. Quelle interprétation ?

Vous vous dites contre l’acharnement thérapeutique mais je constate hélas que c’est une notion subjective et abstraite donc, interprétable à souhait. A quel stade auriez-vous considéré que l’on pratiquait une obstination déraisonnable à l’encontre de mon enfant ? Dès le départ, à l’hôpital, les médecins nous avaient dit que son cerveau était « ratatiné ». Ils ont néanmoins été le chercher à la frontière de la mort, quelques mois après, nous conseillant de prendre parallèlement et au plus vite, toutes nos dispositions pour son décès. Huit ans et demi de calvaire plus tard, son organisme étouffait littéralement, son squelette s’arcboutait au point de nécessiter pour plus de stabilité d’être placé dans une coque… échec… une autre coque… sans succès. Une plaie atone (escarre) très grave et profonde blessait sa jambe. Je pense que son avenir aurait été à plus ou moins long terme l’amputation de la jambe. Au bout de combien de membres amputés considérez-vous Monsieur Derville qu’il s’agisse d’acharnement ou d’obstination déraisonnable ?

Par ailleurs, vous suspectez avec ironie un probable, je cite : « acharnement thérapeutique ? » dont auraient fait preuve mon mari et ses collègues pompiers lors de la réanimation de notre enfant. Votre agilité déconcertante dans l’art d'instiller le venin avec fluidité et constance m’incite à penser que cette pratique vous est familière. Mais vous avez raison ! Cela peut relever de l’acharnement thérapeutique légitime, comme l’ont été les soins prodigués en réanimation. Lorsque l’on ignore l’état cérébral d’une personne, inconsciente et dans l’urgence, il est légitime de tout faire pour la ramener à la conscience,  mais après, lorsque les IRM attestent de lésions cérébrales très graves et irréversibles comme dans les anoxies du cerveau, que faire ? Il n y a pas de machines à débrancher de tuyaux à enlever. Seul le corps survit parfois à minima comme ce fût le cas pour mon enfant. Je suis très étonnée de la grave confusion que vous faites entre, acharnement thérapeutique et obstination déraisonnable (maintien artificiel de la vie). Monsieur le député Jean Léonetti nous avait expliqué cette nuance lors de la mission d’évaluation de la loi sur la fin de vie en mai 2008 à laquelle il nous avait conviés pour témoigner. Ces termes plus appropriés figurent dans la loi actuelle (mauvaise enquête, Monsieur Derville !). Tout cela pour aboutir, je cite : « à la spectaculaire agonie » de mon enfant qui a duré 6 jours et 6 nuits, "spectaculaire agonie provoquée par une décision parentale". Nous serions donc, les initiateurs de cette atroce agonie. Comment ne pas percevoir au travers de ces propos, de la haine, qui trouve peut-être son origine dans la peur. Je cite: "si nous choisissons de décrypter ces affaires, c'est parce qu'elles sont totalement publiques et qu'elles ont désormais une énorme influence sur la bataille de l'euthanasie". Le "cas Pierra" se situe désormais sur une "brèche législative", laquelle Monsieur Derville ? Il semble bien, qu'au fond de vous, vous ayez pris conscience de notre intolérable situation, qui est aussi celle de 2000 à 3000 patients en France, chiffre en constante progression, à cause des progrès de la technologie médicale de réanimation. Je vous renvoie à l'édifiante réflexion du Professeur Puybasset dans son livre: "euthanasie, le débat tronqué", je cite :" à ces égards, l'état végétatif est le cas le plus extrême des situations inextricables créées par la médecine. L'épouvantable revers de la réanimation moderne, qui n'est jamais un état naturel. Ce n'est pas par hasard, si plusieurs affaires médiatiques, qui nourrissent la demande d'une aide active à mourir, concernent des personnes végétatives, comme Hervé Pierra en France ou Terri Shiavo aux Etats Unis". Vous vous inscrivez dans une véritable maltraitance institutionnalisée en proposant une mort naturelle comme seule issue à un état pas naturel, comme le nomme le Professeur Puybasset.  Les personnes qui, comme vous, prônent une mort naturelle pour ponctuer ces vies artificielles devraient nous faire part de leur méthode. La dite mort naturelle, lorsqu’elle frappe à notre porte, sous la forme d’un cancer ou autre, nous n’en voulons pas, nous ne la laissons pas faire son œuvre naturelle, nous courons vite chez le cancérologue le plus réputé pour contrecarrer « Dame nature » et défier la mort naturelle. Le principe fondateur de notre société : «  Tu ne tueras point ! », est abusivement et éhontément argué pour fermer la porte à tout débat. La compassion n’est pas « un homicide volontaire » ! C’est l’institution (c'est-à-dire l’homme) qui, en décidant que la mort n’est pas autorisée, se substitue à Dieu et condamne à des doubles peines : celle de ne plus pouvoir vivre et celle de ne pas avoir le droit de mourir. Quelle volonté délibérée de faire le mal pour le mal ! Comment osez-vous nommer, Monsieur, « spectacle », l’agonie terrifiante d’un jeune homme, qui malgré la loi, n’a reçu aucune sédation et qui faisait des bonds dans son lit comme électrocuté, brûlant et cyanosé ? Réjouissez-vous, Monsieur, le mal que vous me faites, va sûrement au-delà de vos espérances ! Confronté à notre vie tranquille, il vous fallait bien trouver matière à exercer votre malveillance. Une fausse condescendance apparaît, à dessein, je cite : « l’histoire des époux Pierra, au côté de leur fils, est si profondément marquée par la souffrance, qu’il serait indécent de leur jeter la pierre…., peut-on imaginer ce qu’a pu représenter l’engrenage de la maladie mentale, du passage à l’acte et de l’immense dépendance de leur fils ». Cet artifice est destiné à discréditer notre démarche murement réfléchie et, sert votre idéologie, je cite : « il y a de quoi perdre tout repère tant il est vrai que la grande souffrance tend à anesthésier la conscience ». A quelle maladie mentale faites-vous allusion ? Le seul diagnostique en notre possession atteste d’une grave dépression nerveuse, même si d’autres pistes, à l’époque, étaient explorées. Mon fils faisait son service militaire à ce moment là et avait fini major de son « peloton d’élèves gradés » à Vincennes en mai 1998. Mon fils, véritable cadeau de la vie, aimé de tous, était un beau grand garçon sportif de 20 ans, blond aux yeux verts, avec un sourire enjôleur….Etonnant non !…pour celui qui est devenu « grabataire » comme vous l’avez qualifié (page 115) dans une ultime délicatesse ! En faisant référence aux visites quotidiennes que je rendais à mon enfant, vous déclarez, je cite : « un dévouement excessif ne peut tenir dans la durée ». C’est indigne ! Si mes visites avaient été rares, vous m’auriez accusée d’abandon !

Un raccourci éclaire la compréhension de vos propos acerbes, je cite : « l’histoire de l’euthanasie commence par des actes revendiqués par ceux qui affirment vouloir mourir et se poursuit inexorablement par la suppression des personnes qui n’ont rien demandé, ne serait-ce que parce que constatant qu’ils sont incapables de s’exprimer, on prétendra agir en leur nom et dans leur intérêt. C’est ce qui s’est passé pour Anne-Marie comme pour Hervé Pierra ». Dans un français approximatif, cette affirmation illustre, à elle seule, votre état d’esprit !

En contestant notre requête d’application de la loi sur la fin de vie, vous vous opposez à M. le député et médecin Jean Léonetti, au docteur Régis Aubry, à l’éminent docteur Axel Kahn, au comité d’éthique de l’hôpital Cochin, à Maître Gilles Antonowicz, aux membres du conseil de l’ordre des médecins (qui nous ont présenté leurs excuses au nom de la médecine française) et à tous ceux, unanimes à nous soutenir dans l’amour et la compassion. Contesteriez-vous, Monsieur, une loi de notre république ?

Je ne comprends pas la cohérence de votre analyse :

- Vous vous félicitez de la loi Léonetti mais, d’autre part, vous critiquez la médiatisation de l’affaire Vincent Humbert qui en est à l’origine.

- Vous prétendez que tout est parfait mais cependant un point clé de la loi qui considère l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation comme un traitement (termes de la loi) que l’on est en droit d’interrompre, vous offusque. Vous écrivez, je cite : « une disposition controversée de cette loi du 22 avril 2005 », controversée par qui ?... par vous ?

- Vous êtes satisfait de cette loi mais êtes opposé à un amendement qui y est contenu (amendement du double effet de la sédation).

Un autre mensonge vient émailler votre déferlement d’insanités, de travestissements de la vérité et d’insidieux découpages, je cite : « les parents retournent leur colère contre cette même loi, accusée d’avoir prolongé l’agonie de leur fils ». C’est faux ! Nous contestons le fait qu’en totale opposition à la loi, notre fils n’ait pas été sédaté. Nous sommes en colère à l’endroit du docteur Régis Aubry qui a conseillé à l’équipe médicale de ne pas lui administrer d’analgésiques, estimant qu’il ne pouvait pas souffrir, et que cela aurait prolongé son agonie. Ce n’est pas le même discours ! J’estime que s’il n’existait qu’un risque sur des millions que mon fils souffrit, le bénéfice du doute aurait dû lui profiter ! Une circulaire du 20 octobre 2011 concernant la loi sur la fin de vie et résultant de notre drame préconise la mise en œuvre de traitements antalgiques et sédatifs pour les patients cérébrolésés, dont on ne peut évaluer la douleur lors d’une décision d’arrêt de traitements.

La fin de vie de mon enfant relevait d’un « laisser crever », comme le précise M. Léonetti dans son livre « à la lumière du crépuscule ». Nous n’avons pas porté plainte, comme l’aurait fait à notre place, dit-il, dans son ouvrage, « l’ultime liberté ? », le docteur Axel Kahn, mais nous y pensons encore, parfois, en constatant le nombre de drames qui alimentent l’actualité. Trop souvent, les médecins confrontés à ces demandes d’application de la loi sur la fin de vie craignent d’être accusés d’euthanasie si les agonies sont trop brèves.

Vous mentez de façon éhontée lorsque vous prétendez que la journaliste, Madame Sandrine Blanchard, a sorti notre affaire de l’ombre le 18 mars 2008. Vous évoquez, avec ironie, un probable, je cite : « hasard ? Sur le plan médiatique, l’affaire Pierra éclate dans « Le Monde » en plein épilogue de l’affaire Sebire ». Non, c’est faux ! Nous ne nous sommes pas engouffrés, ni nous, ni les journalistes dans la brèche de cette actualité. Monsieur David Pujadas, présentateur du journal de 20 heures à FR2, a fait la « une » avec notre drame le 27 novembre 2006. Pour information, le forum « La Vie » ainsi que le forum des lecteurs de « La Croix » avaient été contactés par nos soins le 24 aout 2007. Il serait trop long et fastidieux d’énumérer la liste de vos mensonges car ils sont pléthore.

Ce n'est pas nous qui avons saisi le Procureur de la République, à l'époque, ce sont les médecins de Saumur, vous le savez très bien ! Pour ce qui concerne le docteur Régis Aubry, il nous a confirmé (après sa venue au chevet de notre enfant et à la lecture de ses dossiers médicaux), que la loi Léonetti était faite pour les cas comme celui de notre enfant. Ce dernier, Président du Comité de suivi du développement des soins palliatifs et de l'accompagnement, n'a pas validé notre demande par compassion, ce qui aurait été très grave et irresponsable. Or, vous écrivez, je cite : "il est touché par leur détresse. Il valide, finalement, leur demande comme entrant dans le cadre de la loi sur la fin de vie". Vous n'êtes plus, Monsieur Derville, à un petit arrangement pervers près !

Vous écrivez, je cite : "une euthanasie lui a été injustement administrée". Nous y sommes ! Voila l'explication de ce déferlement de haine, mon fils aurait dû souffrir encore et encore, pour racheter ses fautes ou les nôtres... ! Pour vous, Monsieur, son calvaire était légitime et vous appuyez votre thèse en tentant de nous culpabiliser encore plus, nous serions des parents indignes, car les autres souffrent en silence. Je cite : "il faut souligner que la plupart des proches des personnes gravement traumatisées et comateuses, les veillent sans demander qu'on leur administre la mort et sans faire de bruit".

Vous tentez de nous disqualifier en suggérant que notre demande d’application de la loi était illégitime, en invoquant un « coma pratiquement irréversible » donc, « une vie pratiquement possible ». Notre jugement aurait été altéré par la souffrance et par la lassitude d’accompagner notre enfant chaque jour. Outre le caractère infâme et diffamatoire de tels propos, vous insinuez par ce biais, que tous les protagonistes de notre drame auraient été au mieux « abusés », au pire « complices d’assassinat ».

Il est donc impératif, à ce stade, de souligner que tous les intervenants cités, médecins comités d’éthique etc…, ont jugé recevable notre requête après auscultation de notre enfant et examen de son dossier médical.

 

Concernant les six autres « affaires »

Les protagonistes des six autres affaires sont également conspués. Les récits du déroulement de leurs drames sont également travestis et passent par le filtre de votre obscurantisme. Je crains que votre démonstration de haine ne puisse se solder que par un « effet boomerang ». Vous cultivez l’art de la caricature avec brillo, jetant en pâtures avec force de sarcasmes nos échecs, nos difficultés et nos épreuves de vie avec une mauvaise foi criante. Le but affiché de ce procédé est de prouver que les « affaires », comme vous les nommez, auraient un dénominateur commun, notre incapacité de discernement.

Madame Chantal Sebire aurait même été abusée par son, je cite : « mauvais caractère ». Vous substituez à dessein, aux mots souffrance et douleur, des termes comme, je cite : « inutilité », « désespoir », « peur de la dépendance ». Votre mode opératoire atteint son paroxysme quand vos victimes sont totalement désarmées, quand elles sont décédées.

J’ai de la peine, beaucoup de peine, pour la mémoire de vos victimes et leurs familles. Je note avec effroi, concernant l’actrice, Madame Maïa Simon, je cite : « Maïa fait la une. A titre posthume ». Pour ma part, je respecte les morts.

Les français semblent se déclarer majoritairement pour l’euthanasie, de façon très encadrée, bien sûr, pour eux-mêmes et, à leurs seules demandes réitérées, en phase terminale de maladies incurables, au bout du bout, après concertations collégiales des médecins. Personne n’impose rien à personne, alors que vous, Monsieur Derville, vous exigez la souffrance expiatoire pour tous !

Sommes-nous, par nos positions, contre les soins palliatifs ? Nullement, c’est une contre vérité ! Comment pourrait-il en être autrement ? Ces insinuations sont destinées à nous discréditer. Comment pouvez-vous prétendre que nous sommes hostiles aux handicapés ? Comment pouvez-vous affirmer que nous injurions et insultons le personnel soignant ?

Vous jetez l’opprobre et le discrédit pêle-mêle sur nos amis belges, hollandais, américains et certaines sociétés japonaises, et esquimaudes. Vous égratignez, sans vergogne, des médecins, même l’éminent docteur Axel Kahn, des politiques, des avocats, des éthiciens, des journalistes, les membres du conseil de l’ordre des médecins, les 48000 adhérents à l’ADMD et leur président et pour finir, 86% des français qui se déclarent favorables à l’euthanasie. Les français ne sont pas des êtres décérébrés, instrumentalisés à souhait, qui ne savent réagir que sous le coup de l’émotion. Ils sont capables de discernement, sur un sujet à propos duquel chacun dispose d’une capacité de réflexion et malheureusement, peut-être, d’expériences personnelles.

Vous nous accusez de, je cite : «faire réagir un mort sur une actualité qui lui est posthume ». Ce qui est faux, mais vous connaissez bien cette méthode, pour la pratiquer avec une cynique délectation. Vous écrivez, concernant Madame Chantal Sebire, je cite : « la perspective de l’indispensable prise en charge palliative s’ouvre-t-elle ? Elle aurait enfin donné son consentement pour être hospitalisée ». L’insidieuse suspicion de l’implication de l’avocat de Mme Chantal Sebire dans sa prise de décision de suicide est choquante. Je cite : « on peut raisonnablement penser que cette stratégie judiciaire offensive a pu accélérer la mort de Chantal Sebire ».

Madame Humbert semble être le fil rouge de votre tentative de démonstration. Vos déclarations et vos déductions m’interpellent, me choquent, je cite : « les pleureuses sont assurément télégéniques » ; « voilà qu’on érigeait en modèle d’amour une femme capable de donner la mort à son enfant au nom d’un parallélisme terrifiant : je lui ai donné la vie, n’ai-je pas le droit de lui donner la mort ». Cet inqualifiable raccourci éclaire d’un jour nouveau le fait que le mini clip enregistré sur le kinésithérapeute de Vincent Humbert, et ses « allégations mensongères », largement diffusé par les médias, ait été financé par SOS fin de vie, un service de votre association, Monsieur Derville : « Alliance Vita » !

Vous ne faites aucunement preuve d’héroïsme, de courage, ou de vertus chrétiennes, avec la souffrance des autres, avec l’atroce agonie de mon enfant. Certes, la tentation est grande d’accéder à tout prix à la notoriété… comment disiez-vous déjà… reprenant à votre compte cette maxime : « là où il y a un corps, se rassembleront les vautours »… vous êtes servi, Monsieur Derville, le festin vous attend !

 

Conclusion

Nous ne sommes pas dupes, Monsieur, et le ton du livre est donné dès sa préface, je cite : « élections » ; « portée politique » ; « enjeu législatif » ; « matière électorale » ; « jeu du chat et de souris qui s’établit entre politiques ».

Pour ma part, je souhaiterais que les Français puissent se déterminer sur ce sujet sociétal en connaissance de cause et en conscience, par voie de référendum.

Le titre de votre ouvrage choisi à dessein : « la bataille de l’euthanasie » est édifiant, quant au désir d’en découdre et de lancer une offensive guerrière. Une croisade moderne peut-être ?

Nous ne nous laisserons pas « crucifier » aussi facilement sur l’autel de l’intégrisme !

Pour défendre votre idéologie, vous êtes prêt à tout et je pense que le cynisme affiché envers les protagonistes des sept affaires citées est à la hauteur de votre peur, peur de perdre la bataille, « La bataille de l’euthanasie ».

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Published by parents d'Hervé Pierra
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commentaires

Gilles de Fromont 06/07/2013 12:35

Madame,
Vous avez vécu avec votre fils une histoire formidablement difficile à supporter et qui suscite de ma part un très profond respect.
Je peux cependant vous assurer que les intentions de Tugdual Derville sont d'une humanité totale, pour avoir évoqué avec lui plusieurs histoires très douloureuses; de même j'ai été instruit par
plusieurs médecins gériatres, cancérologues recherchant avec alliance Vita les aides les plus humaines pour accompagner les fins de vie, en particulier en refusant surtout l'option des plus
horribles de cesser alimentation et hydratation qui laissent mourir de faim et de soif. Leurs recommandations sont d'aider les personnes par les moyens de sédation même si celle-ci accélère le
décès, et surtout traiter le plus possible la souffrance, avec le même risque, en accompagnant aussi les proches qui parfois reviennent en arrière après des choix de sédation qui peuvent accélérer
le décès.
Le sujet est trop complexe pour être bien et complètement traité ici mais je vous conjure de n'en pas rester à des raccourcis sur Derville qui seraient propagés alors que son travail est parmi les
plus soucieux du bien des souffrants, malades, et aussi leurs proches.
Pardonnez-moi de sembler contredire votre douleur, mais la paix est nécessaire pour se comprendre plus que la confiance en des rapporteurs et chroniqueurs qui schématisant des positions et propos
en arrivent surtout à dresser les uns contre les autres des personnes de grande bonne volonté.
Bien à vous

Dominique 01/07/2012 20:39

Bonsoir Mme et Mr Pierra
c'est avec bcq d'émotions que je découvre votre site. J'utiliserai des mots simples car moi aussi je viens de vivre des moments difficiles. Mon frère est parti il y a dix jrs maintenant, suite à un
arrêt cardiaque il a été déclaré en état végétatif.Et vous savez, ne vous en faites pas pour ces donneurs de leçons, ce que j'ai vécu en accompagnement et ce que vous avez vécu pendant tant
d'années est indescriptible cela nous appartient avec tout notre Amour et personne sur ce sujet ne pourra nous retirer cela. Nous avons eu la chance avec la famille d'un milieu médical qui a pris
ses responsabilités et nous a nous aussi accompagné. Je suis désolée pour votre enfant, comme maman aujourd'hui je sais et comprends votre douleur permanente. Vous êtes droits et justes, continuez
ainsi...la douleur du suicide puis cet état est insupportable, alors les humanistes soit disant, il faut les laisser de côté, ne vous en faites pas, votre fils est heureux maintenant. Je vous
embrasse en vous souhaitant courage et énergie pour continuer à vous battre.
merci de votre témoignage pour ceux qui ne peuvent témoigner.
Domi

marinette 27/06/2012 17:48

Mais y a-t-il uniquement les catholiques pour dire que l'euthanasie pose de graves problèmes philosophiques, éthiques ? Platon et une immense partie de nos philosophes étaient-ils catholiques ? De
nombreux Juifs, chrétiens de toutes confessions, bouddhistes, musulmans, considèrent que la vie est précieuse, que la mort en fait partie, et que la vivre jusqu'au bout est accomplir quelque
chose.

Le ton de ce blog, excessif et décousu, les caricatures que vous faites des gens qui ne pensent pas comme vous vous discréditent. J'ai lu le livre de M. Tugdual Derville. Sans rentrer dans les
détails des faits pour lesquels je ne souhaite pas prendre partie, son ton était extrêmement posé et respectueux, ai-je trouvé, ce qui n'est pas du tout le cas d'aucun commentaire ni de votre
texte. Comment débattre dans de telles conditions ? Mais débattre est-il votre souci, ou souhaitez-vous simplement imposer vos vues ?

Visiblement, ni les précédents commentateurs, ni vous-même, n'avez connaissance d'une religion où Dieu n'est qu'Amour.

Je connais de nombreuses personnes qui ont peur d'être euthanasiées malgré elles, ou encore qu'au moindre signe de déprime, on le leur propose ; et surtout qu'on leur fasse sentir le coût que leur
vie fait peser sur la société, comme le texte d'André Comte-Sponville le dit très explicitement. Ne sentez-vous pas tous ces dangers ? Quand une loi existe, qui permet de soulager la souffrance,
comment accepter de prendre de tels risques ?

parents d'Hervé Pierra 16/07/2012 16:16






Quelle surprise de vous lire !


Le ton de notre blog vous parait excessif et décousu, certes, mais je ne comprends pas ces adjectifs  pour qualifier un ton, qu’est ce qu’un ton excessif ?, qu’est ce qu’un ton décousu ?


Si ces qualificatifs s’adressent par contre à nos propos, vous avez peut-être raison Ils sont à l’image de ce que nous
ressentons : désespoir,  colère, sentiment d’injustice, derniers soubresauts de parents anéantis qui viennent d’apprendre que leur fils aurait
peut être  souffert.


Le ton de monsieur Derville est, dites vous, posé et respectueux, c’est précisément cette tonalité pondérée et emprunte de cynisme qui
atteste du nécessaire détachement émotionnel au matraquage systématique de tous les protagonistes. Le grand spécialiste de serial killers, monsieur Stéphane Bourgoin a très bien analysé ce
phénomène dans ses ouvrages. Par contre, à l’inverse, nous devons apparaitre agités, forcément, voir son enfant s’étouffer  dans ses propres glaires,
pendant huit ans et demi de coma végétatif, assister impuissants à sa cauchemardesque agonie, son « laisser crever », comme l’a déclaré monsieur le député Jean Leonetti, instigateur de
la loi qui porte son nom, cela énerve ! Auriez-vous eu un ton apaisé si votre enfant était mort en six jours et six nuits sans aucune sédation, de nos jours, dans nos hôpitaux. Vous auriez
sans doute pardonné, et advienne ce que pourra pour les autres! Faut-il n’avoir vraiment rien à opposer, rien à dire, rien à écrire, pour s’attacher à un aspect aussi mineur de la forme d’un
texte (le ton), au lieu de débattre du fond. Quel crédit vous accorder, Madame, vous qui jetez, par extension l’anathème sur l’entièreté de nos textes et, pêle-mêle, sur tous les commentateurs de
notre blog ?


Je suis croyante, convaincue d’une vie après la vie, mais vous avez vu juste je n’ai connaissance d’aucune religion ou dieu n’est
qu’amour. Je considère que les religions et les sectes sont faites par les hommes, pour les hommes. Elles ont surtout servi à nous entredéchirer, à nous asservir. Ma foi en Dieu, je l’éprouve
dans ma chair, dans mon âme. Elle me donne la force de vivre. Je suis par nature réfractaire à tout dogme, mot, dont la seule définition me fait frémir. Croyance, opinion, ou principe donnés
comme intangibles et imposés comme vérité indiscutable. Je vous remercie d’avoir compris que je me démarquais de ce « prêt à penser », « prêt à croire », « prêt à
avilir ». S'approcher de Dieu est à mon sens faire un travail d’introspection et de méditation. Par ailleurs, je ne sais pas si Dieu est catholique, juif, musulman, bouddhiste, ou autre…
Votre sous-entendu, induirait-il que les gnostiques et les athées ne seraient pas dignes de respect ou d’intérêt ?


Inconditionnelle de la démocratie et de la laïcité, le seul souhait exprimé et réitéré, comme un leitmotiv dans notre blog est celui
d’un référendum, d’une consultation des français qui voteraient, en conscience, et en connaissance éclairée. Vous avez encore raison, débattre n’est pas mon objectif majeur, mes vœux dépassent
largement le cadre de ma petite personne.


Quelle opinion du législateur  faut-t il avoir pour imaginer qu’il truciderait les
personnes âgées, nos chers parents, et nous très bientôt. Cette suspicion, cette disposition d’esprit condamne à l’immobilisme dans tous les domaines.


La vie est précieuse, certes, mais encore faudrait-il s’entendre, en préambule, sur une définition de la vie qui ferait consensus. La
vie n’est-elle que biologique ? Il y aurait tant à dire ! Je vous soumets l’édifiante citation du professeur Puybasset spécialiste des EVC à ces égards, l’état végétatif est le cas le
plus extrême des situations inextricables créées par la médecine. L’épouvantable revers de la réanimation moderne, qui n’est jamais un état naturel. Ce n’est pas par hasard, si plusieurs affaires
médiatiques qui nourrissent la demande d’une aide active à mourir, concernent des personnes végétatives, comme Hervé Pierra en France ou Terri Shiavo aux Etats-Unis.


Nous sommes discrédités, pensez-vous, je respecte votre point de vue, mais sachez, qu’un grand crédit a été accordé à notre combat,
dans les milieux médicaux. Suite à notre drame, un ajout a été apporté à l’article 37 du code de déontologie médical, figurant désormais dans le code de santé publique. Il stipule que lorsque la
souffrance du patient ne peut être évaluée, du fait de son état cérébral, le médecin a recours aux traitements antalgiques et sédatifs permettant d’assurer la dignité de la fin de vie du patient.
Je me dis que cela vaut bien de supporter les flèches acerbes de monsieur Derville ou de ses groupies.


Je ne sais pas si tous les philosophes étaient catholiques, je ne sais pas si Platon l’était, mais, comme Socrate, il approuvait
certaines formes d’euthanasie dans des cas particuliers (source compil histoire).


Par le passé, l’euthanasie a été admise dans de nombreuses sociétés. Dans la Grèce et la Rome antique il était permis dans certaines
circonstances d’aider un individu à mourir. Le philosophe anglais Francis Bacon qui créa le terme euthanasie n’hésitait pas à se faire le champion de l’adoucissement agonique, il souhaitait que
l’on procure au malade, lorsqu’il n y a plus d’espérances, une mort douce et paisible. Le philosophe Michel Onfray est parrain de l’ADMD. 


Les religions, protestante et bouddhiste, estiment comme toutes les autres que la vie est précieuse et que l’ humain doit être au
centre de toutes les préoccupations, c’est à ce titre qu’ils sont contre l’acharnement thérapeutique et pour abréger des souffrances inutiles, en phase terminale de maladies incurables, à la
seule demande réitérée du malade concerné.


Se référer à des époques aussi lointaines pour affirmer ou infirmer quoi que ce soit ou pour légitimer une quelconque posture sur des
sujets sociétaux actuels relève de l imposture intellectuelle, d’un coupable anachronisme.


Visiblement, Madame, contrairement aux précédents commentateurs et à moi-même, vous devez quant à vous, avoir connaissance d’une
religion ou dieu n’est qu’amour, et en être imprégnée. Cela transparait dans le ton compassionnel de votre message, dans vos déductions humbles et empathiques sur la perception de Dieu que
moi-même et les autres commentateurs, nous pouvons avoir, ainsi que dans la charitable confiance que vous accordez à vos prochains.



PHILIPPE DATCHARY 03/03/2012 13:32

l est des Etres dans la vie qui naissent,etudient ,s impreignent d une idealogie, d une foi et se murent dans leurs certitudes.Ils enfilent leurs habits de croises et vont pourfendre tous ces"
infideles" qui ne pensent pas comme eux.Mr Tugdual DERVILLE en est le prototype.En general cette categorie de personnages me laisse indifferent , je pensais naivement que leurs convictions
obscurantistes et desuetes ne pouvaient pas toucher et faire souffrir .Grave erreur de ma part ,je suis consterne devant cette attaque en regle qui atteint au plus profond de leur ames un couple
dont l existence est marquee a jamais ,par l effroyable douleur que provoque la perte d un enfant.PAUL et DANIELLE, je vous aime,je vous admire.Je connais votre calvaire ,je peux temoigner de vos
souffrances de vos doutes et de votre combat pour HERVE. Apres tant d annees de lutte, de questions,d incertitudes un petit coin de ciel bleu apparait dans votre vie.Grace a la force de votre
couple et a l amour que vous portent CRISTELLE ET VIRGINIE,un peu d apaisement et de serenite vient adoucir votre chagrin que vous eprouvez au quotidien.Et ce MR DERVILLE arrive , juge , et vous
condamne.Au nom de quoi et de qui? Ah la belle leçon de charite chretienne!!! bardes de leurs croyances ces gens la ont raye de leur vocabulaire , compassion, tolerance,humanisme.PAUL et DANIELLE
je vous en conjure n accordez aucune importance au propos de ce "croise surannee" toutes les decisions que vous avez prises concernant HERVE ont ete dictees par l amour que vous lui portez.Si il
existe un jugement dernier ne craignez rien DIEU EST AMOUR DIEU Et BONTE c est exactement ce que vous vous etes efforces de donner a HERVE.Mais au fait de quel DIEU MR DERVILLE se reclame ? je
crois bien que c est le mème .allez en paix!!!!! philippe

ALAIN 03/03/2012 12:11

C'est avec une extrême émotion que je viens de prendre connaissance du courrier que, usant de son droit de réponse, Mme PIERRA a rédigé à l'intention de Mr TUGDUAL DERVILLE.
L'euthanasie n'est pas un problème que l'on peut traiter de façon aussi légère et irrespectueuse comme le fait ce Monsieur au nom du catholicisme. Il est vrai que, en la matière, l'Eglise
Catholique a beaucoup de leçons à donner, à commencer par le début: Dieu est le Tout-Puissant qui a laissé mourir son Fils pour racheter le péché originel!Un innocent, en pleine santé a ainsi été
sacrifié au nom de l'Humanité!
Ceux-là même qui nous tiennent ce discours se montrent en même temps des anti-euthanistes convaincus. Or, l'Euthanasie n'a jamais été une quelconque forme de sacrifice, mais au contraire, la fin
d'un sacrifice devenu insupportable pour le Patient comme pour l'entourage. Ces âmes bien pensantes justifient la douleur par la faute de l'Humanité. L'Homme est cruel, aussi Dieu lui fait-il
"payer" cette cruauté! Comment l'infiniment Bon pourrait-il rester aussi passif?
Durant les quatre derniers mois, j'ai été confronté à ce douloureux problème avec la fin à petit feu de ma chère Belle-Mère qui, atteinte de la maladie d'Alzheimer, vivait dans un état grabataire
chaque jour plus insupportable. Si nous avions évoqué le problème en temps utile, alors qu'elle "avait encore sa tête", nous aurions très certainement recouru à ce moyen de mettre un terme à sa
souffrance physique et MORALE. Si, la plupart du temps, elle vivait dans "son monde", il lui arrivait de retrouver quelques trop rares moments de lucidité à l'occasion desquels elle me demandait de
l'aider à partir. Elle avait passé les 86 ans, elle est partie dans mes bras. Mais contrairement à la TRES GROSSIERE CARICATURE que le site VITA a cru bon de publier, l'euthanasie ne concerne
malheureusement pas que les vieillards, hélas! Il n'y a pas d'un côté la Médecine créative et de l'autre l'euthanasie destinée aux personnes âgées! Il faut avoir une certaine dose de crétinerie (je
ne vois pas d'autre terme!) pour être aussi réducteur. J'en veux pour preuve les deux infirmières particulièrement dévouées qui se sont relayées au chevet de ma Belle-Mère et qui, toutes deux ont
travaillé en cancérologie et soins palliatifs. Toutes deux ont arrêté: on dira qu'elles ont été attirées par le Libéral a priori plus rémunérateur! ERREUR! Toutes deux (âgées de 40 et 60 ans,
environ)exercent un métier qu'elles adorent, mais elles n'ont pu supporter plus longtemps la souffrance qu'elles côtoyaient au quotidien dans les services d'oncologie et de soins palliatifs. La
plus âgée ne pouvait évoquer la fin de vie des Enfants sans que ses yeux ne s'embuent de larmes. Se battre contre un mal dont on sait que c'est lui qui finira par avoir gain de cause, ce n'est pas
facile tous les jours! Toujours sur ce site VITA que je viens de visiter pour la première et dernière fois, on évoque le "voyeurisme"! Comment peut-on être aussi abject? Le "voyeurisme" n'est-il
pas au contraire le fait de regarder partir "à petit feu" un malade qui souffre et qu'on laisse souffrir tant que Dieu n'a pas décidé de le rappeler à lui? Les soins palliatifs ont malheureusement
leurs limites! Ne serait-il pas plus humain de décider du jour où le malade, quelque soit son âge, pourrait partir vers le "repos éternel" entouré de toute l'affection des siens?
Pour en terminer, je ne peux m'empêcher d'évoquer deux problèmes qui me vaudront d'être qualifié de "LE PENISTE" ce dont je me moque éperdument, sachant que beaucoup de nos bien-pensants de
l'Eglise Catholique figurent dans les rangs des sympathisants LE PENISTES:
1°/ On s'indigne A JUSTE TITRE de la façon dont les bêtes sont abattues dans un grand nombre de cas: on fait d'une pierre deux coups en les abattant "façon allahl" et en supprimant un emploi par
chaîne. On veut un abattage plus décent et c'est NORMAL!Pourquoi refuser à nos Frères qui souffrent la possibilité de partir tout aussi décemment?
2°/ On a légalisé l'I.V.G. c'est-à-dire la possibilité de tuer un embryon qui n'a rien demandé à personne et qui, lui, peut représenter un humain en puissance. Cette décision a constitué un pas en
avant pour certains cas LIMITES: viols, incestes, etc.... En aucun cas, l'IVG ne saurait constituer une méthode contraceptive. Bref, on ne trouve plus rien à dire au fait que l'on ôte délibérément
la vie à des êtres qui pourraient se développer "normalement" et l'on s'insurge contre l'éventuelle légalisation de l'euthansie qui ne concernerait que des gens en fin de vie, sachant que la dite
fin de vie peut interveni à un âge avancé, c'est vrai, mais aussi, hélas, très jeune..... Que les détracteurs aillent faire un tour à l'Institut Gustave ROUSSY de VILLEJUIF!
Alors, au nom de la démocratie, chacun a le droit de s'exprimer, mais aussi le devoir de respecter les autres surtout quand ceux-ci ont eux-mêmes été meurtris.

PS: ce propos ne m'engage qu'à titre personnel et, en aucun cas, ne saurait engager Mr et Mme PIERRA pour lesquels j'ai la plus grande affection et admiration pour le combat qu'ils mènent en
mémoire de leur Fils et, ce, malgré une souffrance morale que personne ne peut mesurer.

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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
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  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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