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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 12:16

Nous venons de perdre notre combat pour l'euthanasie. C'est avec tristesse et déception que nous prenons connaissance de la loi sur la fin de vie qui vient d'être votée. La loi du 22 avril 2005 sera reconduite pratiquement à l'identique. Seule la sédation profonde et continue jusqu'au décès apparaît comme un élément nouveau. Elle sera à n'en pas douter le corolaire d'images traumatisantes que nous connaissons tous, images de corps décharnés au bout d'un laps de temps indéterminé. Ainsi, les victimes collatérales des progrès de la réanimation ont du souci à se faire.

L'agonie de notre fils en 6 jours cauchemardesques, au bout de 8 ans 1/2 de coma végétatif atroce, si justement qualifiée de "laisser crever" par le rapporteur lui-même de la loi qui porte son nom, le député Jean Léonetti, dans son livre "à la lumière du crépuscule", ne sera pas vraiment l'exception, avec un bémol tout de même: la sédation.

J'ai une pensée particulière pour les grands prématurés non viables qui, décèdent dénutris et déshydratés en 10 à 20 jours insoutenables. Le centre éthique clinique de Cochin, qui a dénoncé ces pratiques dans le journal Libération du 28 février 2014, n'a pas été entendu.

Profondément déçue et désarmée face à la "trahison" du Président de la République, je reste circonspecte sur l'influence des religions dans la souffrance institutionnalisée imposée aux personnes en coma ou état végétatif et aux patients en phase terminale de maladies incurables.

LAÏCITE ET IMMIXTION DES RELIGIONS

La loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, stipule article 2 : "la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". La République prend cependant en charge les bâtiments destinés aux cultes construits avant 1905. Elle assure par ailleurs une neutralité en matière religieuse, garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. 

- Les confusions sémantiques entre cultuel et culturel :

L'Etat peut légalement subventionner des associations culturelles mais non cultuelles, dans la même logique laïque qu'elle ne finance aucun culte. Cela donne lieu à des pratiques transgressives qui surfent sur la confusion sémantique entre ces deux notions pour percevoir indûment des fonds. Les mosquées de Créteil et Nantes ont pu voir ainsi le jour en prétextant des soutiens financiers à la culture. Selon le magazine Marianne, une structure abritant un centre d'art contemporain et une grande salle de prière a été financée à hauteur de 13,5 millions d'euros. A ce scandale financier viennent s'ajouter des frais de fonctionnement hallucinants (1,3 million d'euros en 2014). A Paris, la grande mosquée de la Goutte d'or (22 millions d'euros) a perçu des aides de l'Etat en totale contradiction avec les lois de la République laïque. 

- Les largesses de l'Etat :

L'Etat ne donne aucune information sur le montant des déductions et exonérations d'impôts au profit des fondations religieuses. Des centaines d'associations cultuelles catholiques, protestantes, musulmanes et juives reçoivent des dons déductibles à hauteur de 66 % de l'impôt sur le revenu du donateur. Sachant que les déductions concernent l'ISF, les exonérations de droits de succession et de mutation etc..., on peut imaginer le capital très conséquent que cela représente. Des terrains communaux (donc publiques) sont loués à des prix dérisoires sans aucune mesure avec les prix du marché. Le conseil de la ville de Paris a loué au CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) des locaux pour un loyer symbolique de 100 € par an. Monsieur Delanoë a subventionné les crèches juives Loubavitch (2,3 millions d'euros en 2011). 

- La loi Debré de 1959 :

Cette loi, qui permet le financement des écoles privées (des dizaines de millions d'euros par an), au détriment des écoles publiques de la République, représente en elle-même, une entorse aux principes de la laïcité. 

- Le bal des séductions électoralistes :

Des crèches fleurissent ça et là à Noël dans les halls de mairies, faisant polémique au sein même de l'association des maires de France. Des fêtes sont organisées à la mairie de Paris, à l'initiative de Monsieur Bertrand Delanoë, reprise par Madame Hidalgo. L'hôtel de ville accueille ainsi dans ses salons la cérémonie appelée "nuit du ramadan" (coût 100000 € en 2013 pour les contribuables parisiens). Les protagonistes de cette "petite farce" nous rassurent : ils fêtent aussi Noël, la fête juive de Hanoukka et le nouvel an chinois !

- Des déclarations interpellantes :

Monsieur Sarkozy déclarait au palais de Latran. Je cite : "l'instituteur ne remplacera jamais le curé ou le pasteur !". A méditer ! Je suis choquée et furieuse à la lecture de cette information, au moment des attentats terroristes de Paris en novembre 2015 : le curé de Lyon, le père Benoît (de son vrai nom Hervé Bernard) a poussé l'ignominie jusqu'à minimiser le nombre de victimes au regard des 600 avortements qui selon lui auraient eu lieu le même jour. Il déclarait dans le journal "le Monde" du 17 novembre 2015, je cite: « Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique (…). Ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois. Le signe de la mort et du chaos ne flotte pas que sur les rues de Paris, un vendredi soir maudit. Cent trente morts, c’est affreux ! Et six cents morts, c’est quoi ? C’est le chiffre des avortements en France le même jour. » 

- Laïcité et Europe :

La venue du Pape au parlement Européen pourrait paraître légitime car il est chef d'Etat (le Vatican) mais, que penser de l'opportunité qu'il a ainsi saisie en assénant les dogmes chrétiens et les mises en garde sur les sujets sociétaux qui occupent le législatif français. Etait-il opportun dans une Europe Laïque d'avoir choisi pour emblème de l'Europe, la création de Monsieur Arsène Heitz. Le drapeau Européen ne représente pas (idée communément répandue), les douze premiers Etats de l'Europe. Il s'agit de la couronne mariale avec ses douze étoiles (référence de l'apocalypse selon Saint Jean). Source officielle sur internet : wikipédia Arsène Heitz. 

- Le paroxysme du déni de laïcité :

Le déni de laïcité atteint son paroxysme avec la nomination en 1995 de Madame Christine Boutin comme consulteur de la sacrée congrégation pontificale pour la famille. Elle avait donc un statut identique à celui de diplomate de l'Etat du Vatican alors qu'elle était élue d'un autre Etat : la France. Ce phénomène surréaliste gagne, selon moi, la palme de l'anti-laïcité et de l'anti-constitutionalité. 

- Laïcité, sciences et médecine :

Le SPEP (Service Pastorale d'Etude Politique) a pignon sur rue et aborde avec nos responsables politiques tous les sujets sociétaux du moment. Il sévit à deux pas du parlement au sein de la basilique Sainte Clotilde. Son directeur, le père Laurent Stalla Bourdillon, dit l'aumônier des parlementaires, se propose de nous éclairer sur, je cite: "le sens de la vie humaine". L'Archevêque André Vingt trois se désole des recherches faites sur les cellules souches embryonnaires et les diagnostiques prénataux. Le recteur Dalil Boubakeur Président du conseil français du culte musulman, s'agissant de l'euthanasie, déclarait que celle-ci ne peut être que mal considérée par une religion qui prône la vie. De son côté, le rabbin Joseph Sitruk souligne : "la vie ne nous appartient pas à nous mais à Dieu".... Victor Hugo déclarait, je cite : "l'église chez elle et l'état chez lui". La vocation d'un Etat laïque serait d'éloigner le spectre de l'obscurantisme qui se profile insidieusement. Celui-la même qui avait jeté Galilée au cachot et fait griller sur un bûcher Copernic et Bruno Giordano (théorie de l'infini). La revendication laïque, républicaine et privée, de mourir sans souffrance, n'a pas a être débattue par les ecclésiastiques. Il n'ont pas le droit d'imposer à tous les citoyens, des agonies expiatoires. Mgr Rey, du diocèse de Toulon, nous éclaire sur le sujet. Je cite : "la souffrance participe de la douleur du Christ sur la croix"! Notre sphère intime, privée est violée par ceux qui se révèlent être au fur et à mesure des scandales à répétition, des experts en la matière, dans tous les sens du terme. 

- Laïcité à géométrie variable : l'université.

Depuis la loi de mars 2004, le port des signes religieux ostensibles est interdit dans l'enceinte des écoles, collèges et lycées, mais pas dans les universités. Les incidents se multiplient, aboutissant parfois à la protection policière rapprochée de personnes comme Monsieur Mayol. Ce dernier, directeur de l'IUT de Saint Denis, avait procédé à la fermeture d'une salle à usage multi associatif qui s'était vue transformée abusivement et illégalement en salle de prière. Loin de prôner le retour à la raison et "le vivre ensemble", le collectif contre l'islamophobie définit ainsi la laïcité française, je cite : "l'idéologie d'une laïcité d'exclusion". Pour sortir de cet imbroglio, le Haut Conseil à l'Intégration (HCI), a proposé en août 2013 d'élargir l'interdiction du port de signes religieux ostensibles à l'université. Le Président de la République a préféré rester dans le flou et maintenir le statu quo.

- Laïcité à l'hôpital :

Dans son livre "menace religieuse sur l'hôpital", l'auteure, Isabelle Levy, dénonce "les chefs de service se taisent par peur des représailles". Les pratiques "hors la loi" sont parfois du fait des patients qui ont des exigences alimentaires ou comportementales, par exemple: les femmes qui refusent d'être examinées par un homme etc ... Ces exigences peuvent émaner aussi du personnel soignant : un aide-soignant musulman qui refuse de toucher une patiente, des infirmières musulmanes qui portent des manches longues. Ces pratiques défient les règles les plus élémentaires d'hygiène, les avant-bras doivent être nus et très régulièrement lavés et désinfectés. A méditer à l'heure de la lutte contre les maladies nosocomiales ! 

- Laïcité et viande halal (soit "licite" ou "permise") :

La France qui rassemble les plus importantes communautés musulmane et juive d'Europe, a plaidé avec succès, pour préserver "l'abattage rituel". Les professionnels de ce secteur estiment (source Figaro) que 30 % de la viande est abattue selon les rites musulmans et juifs et commercialisés comme de la viande traditionnelle. Or, le rituel musulman se singularise par le paiement d'une taxe religieuse prélevée sur la viande. Cette taxe se montait de 10 à 15 centimes d'euro par kilo de viande (en 2012). Nous finançons donc tous, quelle que soit notre religion ou notre absence de religion, la propagande de l'islam, en totale contradiction avec les principes de la laïcité.

- La palme de la dangerosité :

La palme de la dangerosité revient à la fondation Jérôme Lejeune ou plutôt à l'Etat qui reconnaît cette dernière comme fondation d'utilité publique. Ce précieux sésame permet de collecter des dons et des legs défiscalisés et d'obtenir des subventions de l'Etat. Il a été curieusement acquis très vite, en moins de un an, alors que notre admirable Abbé Pierre a mis quatre ans à l'obtenir. Le très pieux Hervé Gaymard, cofondateur de l'association "les amis du Professeur Lejeune", se trouvait être le secrétaire d'Etat à la Santé (de 1995à 1997). Son épouse Clara, fille du Professeur Lejeune, était quant à elle, directrice du cabinet de Colette Codaccioni, ministre de la solidarité entre générations. Le comble du masochisme pour l'Etat a été de les voir défier son autorité sur tous les sujets sociétaux actuels (mariage pour tous, bioéthique, fins de vie étude sur le génome, les cellules souches etc.). Dans un livret destiné aux adolescents, ils vont jusqu'à considérer la pilule du lendemain et le stérilet comme des méthodes abortives (destinées à avorter). Cette association est liée au dangereux OPUSDEI. Pour la petite histoire, Hervé Gaymard fut ensuite ministre de l'agriculture puis des finances. Assujetti à l'ISF et multi propriétaire, il a du démissionner trois mois après le début de sa fonction de ministre des finances. La brebis s'était égarée dans les méandres de la cupidité et occupait avec sa famille un appartement de 600 m2 pour un loyer mensuel de 14400 € payé par l'Etat (donc par nous, bonnes âmes que nous sommes !). Merci au "Canard enchaîné" d'avoir levé cette"brebis" ! Cette association met en garde l'opinion publique sur les collectes du Téléthon, essayant de nous dissuader d'aider la recherche médical qui travaille sur l'embryon. L'évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet a également exprimé de fortes réserves sur l'opportunité de soutenir le Téléthon.

La fraternité et la tolérance ne se décrètent pas et j'avais jusqu'à présent la naïveté de penser que la laïcité serait fédératrice et porteuse de paix sociale. Rien n'est moins sûr, elle semble même cristalliser des ressentiments pour ne pas dire des haines. Elle conduit parfois au repli communautaire. Les interprétations multiples qu'elle permet prouvent que les efforts pédagogiques n'ont pas été menés, ou n'ont pas été à la hauteur de l'enjeu et du consensus espéré. La blanche clarté du siècle des lumières semble ainsi se tamiser. Voltaire, Rousseau, Diderot, doivent se retourner dans leurs tombes. Les religions qui sont pour moi la parfaite antithèse de la foi ont de beaux jours devant elles. Les voix du Seigneur sont impénétrables mais celles des discours électoralistes sont de plus en plus audibles. " I have a dream", qu'un jour trône sur les frontons de toutes les mairies de France cette devise républicaine:

"LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, LAÏCITE".

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Published by parents d'Hervé Pierra
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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
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  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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