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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 19:17

~~Nous avons été appelés à témoigner dans l'émission "toute une histoire" sur FR2 présentée par Sophie Davant et diffusée le 15 octobre 2015 (lien ci-dessous pour ceux qui voudraient voir l'émission).

http://www.france2.fr/emissions/toute-une-histoire/diffusions/15-10-2015_424951

A cette occasion, nous avons découvert une belle âme en la personne de Monsieur Michel Philippin. Son témoignage sur le cas de son épouse Mireille nous a profondément touchés et émus. C'est avec son autorisation que nous diffusons sur notre blog la lettre posthume de son épouse.

Lettre posthume de Mireille Philippin, adhérente de l'ADMD, exilée en Suisse pour mourir dans la dignité.

Mireille Philippin, un nom de plus sur la liste de nos compatriotes, abandonnés par la médecine et contraints de s’exiler en Suisse pour mettre fin à des douleurs insupportables et rebelles à tous les traitements actuellement connus.

Comme l’a fait Nicole Boucheton, j’ai décidé moi aussi de témoigner et de rendre publique ma décision afin que les choses changent. Il est cruel, inhumain et indigne d’un pays civilisé que son système de santé reste indifférent à la souffrance. Tout cela parce que la loi ne permet pas la mort volontaire assistée pour toutes les personnes qui en font la demande lorsque la dégradation de leur vie devient intolérable et sans espoir d’amélioration.

Je ne souffre ni d’un cancer ni d’une maladie dégénérative en phase terminale. Je n’anticipe pas non plus une mort annoncée. Ma douleur, si infernale soit-elle, n’est pas mortelle. J’ai 60 ans..… Je n’appartiens donc à aucune des catégories généralement évoquées pour légitimer des soins palliatifs. Je suis victime d’un accident médical, de séquelles d’une chirurgie orthopédique qui se manifestent par des douleurs neuropathiques chroniques sévères provoquées par des lésions nerveuses. Ce type de douleurs extrêmes se déclarent pour des raisons diverses et résistent à tous les antalgiques connus, même les plus puissants. Mon cas n’est pas exceptionnel. Les douloureux chroniques sont traités sans succès par les centres de la douleur qui n’ont pas les moyens de les accueillir tous et dans des délais décents. Ils représentent 5 % de la population, à des degrés divers.

Puisse mon témoignage servir la cause que défend l’ADMD. Nous devons inlassablement rappeler à François Hollande sa promesse. On ne le répètera jamais assez : une personne lucide atteinte d’une maladie sans espoir de guérison, provoquant des souffrances physiques ou psychiques insupportables qui ne peuvent être apaisées doit pouvoir bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie en toute dignité. C’est ce principe que nous devons défendre bec et ongles. Une commission présidée par Jean Leonetti est chargée de faire une proposition de loi dite consensuelle. On peut donc redouter qu’elle soit insipide, ambiguë, restrictive, applicable dans des cas exceptionnels et laissant dans la détresse trop de souffrances ignorées. Une loi à minima pour ne pas mécontenter tous les groupes de pression extrémistes par principe réfractaires à tout progrès de société !

Avec Nicole Boucheton, je réaffirme que la devise républicaine, pourtant fièrement gravée au fronton de nos mairies, est bafouée :

• pas de liberté pour un individu de choisir la fin de vie qu’il souhaite,

• pas d’égalité de traitement, les plus privilégiés, dont je fais partie, peuvent se faire assister pour mourir volontairement en Suisse en toute sécurité, dans le confort et la sérénité. Les autres, condamnés à subir pendant des durées indéterminées la torture, pourtant abolie en France, sont acculés à des suicides souvent abominables, dans la honte et la solitude.

• pas de fraternité, de considération, d’empathie pour ceux qui souffrent. Pas de possibilité d’exercer cette liberté ultime de disposer de sa vie, en toute dignité entouré de l’affection de ses proches !

Je suis professeur d’allemand et j’étais passionnée par mon métier. J’adore mon mari, mes enfants et mes petits enfants. J’étais gaie, sportive, très communicative. Je suis aimée et j’aime la vie par-dessus tout. Bien que très diminuée, je conserve encore intactes mes capacités de jugement, c’est bien tout ce qui me reste d’une vie de douleur permanente sans saveur, faite de renoncements, handicapée, dépendante, privée de vie sociale, de vie familiale…

Nous devons laisser à chacun la liberté de décider, qu’à un moment donné, sa vie ne vaut plus la peine d’être vécue. Un être humain n’est pas fait pour se contenter de survivre sans raisons d’exister !

Je tiens à exprimer toute ma gratitude à la Suisse qui a prévu dans sa législation la possibilité de porter assistance aux étrangers en extrême détresse, à l’association Lifecircle, à l’ADMD et au docteur Erika Preisig que j’ai hâte de rencontrer et en qui j’ai toute confiance !

Chers amis militants de l’ADMD, grâce à votre mobilisation, à votre ténacité, un jour viendra où il ne sera plus nécessaire de s’expatrier pour aller chercher la délivrance dans la dignité. Ce qui est possible à l’étranger doit pouvoir l’être en France.

Mireille Philippin

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Published by parents d'Hervé Pierra
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kristel 21/10/2015 16:43

Bonjour à vous Monsieur et Madame Pierrat,

Je viens de regarder l'émission toute une Histoire...
J'ai toujours été favorable à l'euthanasie du plus loin que je le souvienne. J'ai 35 ans et peine à croire que l'évidence fasse toujours aussi peur!
J'ai également 2 filles et je ne pourrai jamais ne serait-ce qu'imaginer l'affreuse douleur que la perte d'un enfant peut engendrer, et combien il nous condamne à perpétuité...
Je manque de mots pour vous dire combien je suis indignée par les derniers jours de votre fils, et je m'interroge sur le manque de professionnalisme tant au niveau médical qu'empathique du personnel de santé qui s'est "occupé" de votre enfant.

Cela a déjà dû, même si j'ai bien compris que cela était devenu votre combat, être si intolérable de devoir laisser partir votre fils, que je ne peux entendre qu'on ait pu manquer de tant de dignité aurpès d'un patient déjà fragilisé et auprès de ses parents si acculés par tant d'années de souffrances et d'impuissances!

Après votre témoignage, il y a une interrogation qui ne me quitte pas: si on accepte le postulat qu'en cessant l'alimentation et l'hydratation artificielle, le patient mourra; et que ceci est bien encadré par la loi Léonetti, pourquoi ne pas injecter une dose létale qui aura le même effet sans engendrer les mêmes conséquences?

Merci de prendre quelques minutes pour m'éclairer...

Christelle

parents d'Hervé Pierra 22/10/2015 20:48

Bonsoir Christelle,
Injecter une dose létale est illicite, c'est très hypocrite ! La frontière entre ce qui est licite (faire mourir par privation de nutriments et d'hydratation) et ce qui est illicite, est si ténue que les médecins font durer les agonies par peur d'être accusés d'euthanasie. Nous devons ces catastrophes à nos responsables politiques manipulés par les religions et certainement les lobby pharmaceutiques.

espada 17/10/2015 08:59

Je souhaite apporter tout mon réconfort et dire l' indignation et la révolte qui m'envahissent à la lecture de ces situations apparemment hermétiques et encourage vivement à vous pardonner car vous ne saviez pas et à leur pardonner car ils n'ont pas su. Que Dieu vous bénisse.
Quant à moi qui sait que le changement alimentaire est la solution pour continuer le combat je vous invite à m'encourager et tenir bon contre ces forteresses médicales judiciaires et tutti cuonti.

espada 17/10/2015 08:17

Bonjour, je suis la maman d'un petit garçon de 11 ans et demi qui s'appelle Robinet est handicapé moteur cérébral. Depuis le 25 février 2015 où les services sociaux sont venus me l'arracherdans notre maison, car j'avais décidé de le garder, voyant un acharnement médical à le nourrir avec une alimentation artificielle, je n'ai que très peu de nouvelles de lui refusant les visites médiatisées car je crains l'état dans lequel je vais retrouver mon petit alors qu'il était en pleine progression et que, environ 3 ans plus tôt et même avant ils n''auraient pas donné cher de sa vie.
Je rejoins le docteur Michel de Lorgeri (CNRS) santé nature innovation, quand il parle au sujet du cholestérol et mettant en garde les utilisateurs de statines:"ils sont réticents car ils croyaient être dans la bonne direction et réaliser qu'ils se sont trompés, en pensant que non seulement ils n'ont pas protégés les patients mais en plus ils les ont empoisonnés, c'est une souffrance pour tout le monde. Ils nient l'évidence que ça ne fait pas de bien mais en plus c'est terriblement toxique, ce qui permet de diminuer d'avoir l'air idiot d'avoir eu tort".
Mon fils Robin est entre les mains de gens obstinés qui ne pense qu'à leur égo. Quant ils lui injectaient le produit (NUTRINIMAX) il pleurait tellement il toussait d'avoir envie de vomir, mais comprenez-vous il fallait absolument qu'il grossisse. Voilà, une juge une docteresse des responsables du conseil général, de l'hotel du département, tous ces gens qui vivent sur la croûte de mon fils n'en n'ont que faire de sa santé et en plus ils écrasent leur maman, moi qui m'en suis occupée depuis sa naissance de toutes mes forces et mon amour. Ces gens sont monstrueux, orgueilleux jaloux, il n'y a pas de mots ici-bas pour décrire leur état intérieur tellement ils veulent imposer leur toute puissance.
Ce que je ressents aujourd'hui c'est que depuis 8 mois mon fils et moi nous sommes violés et tout cela à cause de protocoles assassins alors qu'une simple modification alimentaire vers des poduits complètement naturels est la solution, simplement oui c'est tellement simple pour ces gens supers intellectualisés qu'ils en deviennent méchants.
Me voilà embarquée pour un pourvoi en cassation à Paris. On n'arrête pas le délire.

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  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
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  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
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