Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 10:13

Il est urgent de réagir. Danièle l'a fait en prenant sa plume.

 

La proposition de vaccinations obligatoires avancée par Mme Marisol Touraine va être imposée par notre ministre de la santé, Mme Agnès Buzyn qui, sans discussion, va légaliser un vaccin contre 11 pathologies. Il est temps de nous informer, de scruter les réseaux sociaux, de s'instruire sur le sujet, de se forger une opinion et de réagir. Des citoyens, à la suite de l'obligation vaccinale des enfants avec l'infanrix hexa contenant donc six valences mais surtout, des sels d'aluminium, ont saisi le Conseil d'Etat concernant la non disponibilité du vaccin obligatoire DTP (à 3 valences). Huit arrêts de celui-ci, confirme le lien entre aluminium vaccinal et la myofascite à macrophage. Le Conseil d'Etat a mis en demeure l'Etat, soit d'arrêter l'obligation de vaccination, soit de revoir sa politique sur cette question dans les six mois. Cette échéance arrive début août 2017. Voila pourquoi nous sommes aujourd'hui confrontés à l'inimaginable: un vaccin contre 11 pathologies et contenant de l'aluminium.

Je fais partie de "ceux qui ne sont rien" en opposition à ceux qui réussissent, comme disait Monsieur le Président Macron. Convaincue de l'importance de la vaccination, je me bats cependant par le biais des seules armes en ma possession, ma plume et ma ténacité , contre l'adjuvant aluminium. Eprouvée par la perte d'un de mes enfants, je ne suis pas prête a être la spectatrice docile et décérébrée d'une catastrophe annoncée, car j'ai deux adorables petits enfants. Beaucoup d'entre nous doutent de l'innocuité des adjuvants et évoquent le principe de précaution. L'institut Pasteur lui-même, avant sa fusion avec Sanofi, avait retiré en 1974 l'aluminium de ses vaccins. Ainsi, il a utilisé entre 1974 et 1986 le phosphate de calcium. Celui-ci qui est un composant naturel de l'organisme avait fait ses preuves à la satisfaction générale.

Tout est fait dans les batailles d'experts, pour nous déstabiliser. Les experts sont méprisés. Monsieur André Cilolella, président du réseau environnement santé (RES) dénonçait "la position obscurantiste des autorités sanitaires qui tendent à marginaliser les experts" (source: futura-science).

Le président de l'Union Nationale des Associations Citoyennes de santé (UNAC) s'inquiète : "les vaccins ont des effets secondaires neurologiques, musculaires, mal mesurés et parfois irréversibles", "on ne laissera pas faire", dit-il.

Devant tant d'obscurantisme, de controverses, la suspicion s'installe en toute légitimité.

L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé qu'elle ne financerait pas la poursuite de ses travaux sur les adjuvants à l'aluminium. Pourquoi ?

L'académie nationale de médecine avait reconnu que l'aluminium pouvait pénétrer dans le cerveau, mais s'est déclarée hostile à tout moratoire sur le sujet.

Madame Michèle Rivasi, députée Européenne et professeure agrégée en SVTU, était l'invitée du journaliste Jean-Jacques Bourdin sur RMC le 5/1/2005. Elle s'indignait: "les laboratoires pharmaceutiques achètent tout le monde", avec force de dénonciation, de personnalités politiques compromises (encore visible sur le net). Le professeur et chercheur Monsieur Authier et le neuropathologiste Romain Ghérardi (hôpital Mondor) ont démontré, avec des technologies très récentes, la nocivité de l'aluminium, grâce à des biopsies systématiques. L'aluminium ne se dissout pas dans l'organisme mais s'accumule dans le système nerveux central, causant la myofascite à macrophages (cela cause fatigue chronique, fièvre, troubles neurologiques). Cette maladie, suivant notre terrain génétique et notre état de santé, touche 5% de la population. Près de 78% des malades sont en invalidité totale. Chez le nourrisson (vaccins obligatoires à deux mois) dont la fonction rénale n'est encore bien en place, une partie des sels d'aluminium via le transport sanguin, passe la barrière hémato- encéphalique.

Le professeur Michel Georget souligne qu'aucun organisme vivant n'utilise d'aluminium. Il s'agit d'un métal neurotoxique. La situation actuelle est d'autant plus préoccupante que l'évaluation des propriétés pharmacocinétiques n'est pas nécessaire pour les vaccins (la pharmacocinétique a pour but d'étudier le devenir d'une substance active contenue dans un médicament après son administration dans l'organisme (source: extrait "d'envoyé spécial du 11/02/2016).

Le biochimiste britannique Christophe Exley travaille sur l'aluminium depuis 20 ans et se demande si les maladies auto immunes, comme la sclérose en plaques ne seraient pas liées à l'aluminium ?

L'AFSSAPS (agence du médicament) recommande de ne pas utiliser de produits cosmétiques contenant ce métal sur peau lésée.

Comme une ironie supplémentaire, sur nos écrans, les publicitaires avancent comme argument de vente: "sans aluminium" pour la publicité d'un déodorant connu !

Le laboratoire Mérial, filiale de Sanofi pour les produits vétérinaires, a retiré l'aluminium de ses vaccins face à une recrudescence du "sarcome félin" imputée aux sels d'aluminium.

Parmi les 11 vaccins on trouve la valence contre l'hépatite B. En 1994 le gouvernement français a fait procéder à une vaccination massive de la population (un peu plus du tiers de la population a été vacciné). Certaines personnes ont subi des effets secondaires neurologiques, notamment, un millier de scléroses en plaques. La campagne fut suspendue.

Seule l'Italie, nous bat avec douze vaccins obligatoires provoquant une vague de protestations au sein du pays et dans le monde entier. Les premiers exilés vaccinaux ont dû quitter leur pays pour l'Autriche. Parallèlement, l'indice de perception de la corruption, en Italie, élaboré par l'ONG transparency international est l'un des plus catastrophiques d'Europe.

La loi Kouchner du 4 mars 2002 revendique la liberté de choix pour tous après information complète et objective. Ce qui risque de nous tomber dessus est donc la parfaite antithèse de la loi Kouchner !

Madame la ministre de la santé Agnès Buzyn, professeure d'hématologie et présidente de nombreuses et prestigieuses institutions, déclare qu'un bon expert est un expert proche de l'industrie pharmaceutique (comme elle l'a été par ailleurs). Cette affirmation scandalise une bonne partie du monde médical et surtout, la pneumologue, Madame Irène Frachon, docteur et lanceuse d'alerte sur les dangers du médiator. Par ailleurs, l'époux de la ministre de la santé, Yves Levy, est PDG de l'institut des sciences et de la recherche médicale (INSERM). C'est ce même institut, l'INSERM, qui a supprimé tous les crédits de recherche au professeur et chercheur Monsieur Le Bihan du CHU de Brest. Son délit: avoir soutenu le docteur Irène Frachon dans son enquête sur les dangers du médiator.

Le professeur Le Bihan, dépité, est parti et vit depuis au Canada (source wikipédia la fille de Brest, dans synopsis).

J'espère que Madame la ministre de la santé entendra notre désarroi et que la santé des enfants de ce pays ne sera sacrifiée sur l'autel de la cupidité des laboratoires pharmaceutiques.

 

Le professeur Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008, s'offusque publiquement: "ce sont souvent les adjuvants qui créent ces problèmes de réactions anormales aux vaccins ... J'enrage de voir que ce problème est totalement nié pour des intérêts pharmaceutiques, des intérêts politiques".

 

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans vaccins
commenter cet article
8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 22:03

J'ai compilé, pendant des jours, des informations glanées sur le net et ai croisé celles-ci avec le plus de méthode possible. Le livre du Professeur Michel Georget, agrégé de biologie sur les vaccinations, m'a beaucoup aidée dans ma quête d'un certain éclairage sur l'épineux et stressant problème du vaccin Infanrix hexavalent. Je n'ai d'autre légitimité que celle d'une Mamie qui a des petits enfants très jeunes et qui est soucieuse de leur bien-être. Il n'est pas nécessaire d'être un professionnel de santé, pour se faire un avis, comme il n'est pas nécessaire d'être politologue pour glisser un bulletin de vote dans l'urne. Nous sommes tous concernés!

Un scandale indéniable : "la prise en otage, la vente forcée"

  • Le vaccin DT Polio (Diphtérie Tétanos Polio) dit trivalent est obligatoire. Son coût était de 6 €.
  • On assiste à une pénurie de ce vaccin organisée, ou pas, par les laboratoires pharmaceutiques. Les labos qui fabriquent ces vaccins, GSK (Glaxo Smith Kline) et Sanofi Pasteur, évoquent un changement de calendrier vaccinal dans plusieurs pays, qui a fait grimper la demande et des difficultés dans la production de vaccins. 
  • Un autre vaccin de remplacement, l'Infanrix, dont le coût est de 39 €uros, devient donc par "vente forcée", imposé. Il couvre six maladies (diphtérie, tétanos, polio, hib coqueluche, hépatite B).
  • Bizarrerie de calendrier: Depuis 2014 le vaccin pentavalent (qui couvre 5 maladies: diphtérie, tétanos, polio, hib coqueluche) a aussi disparu du circuit. 
  • Aberration: il est illégal d'imposer ce vaccin comme il est illégal de le refuser.

Les risques

L'Infanrix Hexa est un vaccin combiné qui regroupe des vaccins importants en une seule prise. Les risques sont d'origines diverses : 

  • Les risques liés au sujet que l'on vaccine. Les vaccinations de routine et de masse se font généralement sans examen préalable (aucune investigation n'est faite auprès des tout petits). Au Japon, entre 1975 et 1980, le simple décalage des premières vaccinations de 3 mois d'âge à 2 ans, a permis de réduire de 90 % les décès et 80 % les accidents neurologiques.
  • Les risques liés à la partie vaccinante : le vaccin contre l'hépatite B est soupçonné d'un lien avec la sclérose en plaque. Le journal "le Monde" du 5 juin 2015 pointe du doigt la valence contre l'hépatite B, et souligne qu'il est étrange d'immuniser les nourrissons contre cette infection transmise par voie sexuelle. Or, ce vaccin est accusé à tort ou à raison de provoquer des maladies. 
  • Les risques engendrés par la réaction immunitaire, comme un choc incontrôlé (choc anaphylactique). 
  • Les risques de contaminations. 
  • Les risques liés aux additifs (adjuvants, inactivateurs, conservateurs, stabilisateurs et autres excipients). Dans l'Infanrix, on trouve entre autres, du formaldéhyde et des sels d'aluminium. D'après le Professeur Joyeux, ces deux substances sont dangereuses et pourraient provoquer la myofascite à macrophages (c'est à dire: syndrome associant douleurs musculaires, articulaires et fatigues chroniques).

Le formaldéhyde (autrement dit, le formol)

En juin 2004, le centre international de recherche sur le cancer a classé cette substance en catégorie 1, c'est à dire, cancérogène avéré chez l'homme.

L'aluminium

L'aluminium est utilisé comme adjuvant car il est un puissant stimulateur du système immunitaire. Cependant, des découvertes récentes révèlent aussi ses propriétés neurotoxiques. Un autre adjuvant, sans risque et qui a fait ses preuves depuis des dizaines d'années (le phosphate de calcium) a été retiré progressivement. L'aluminium est normalement éliminé par les reins, sauf chez les nourrissons dont la fonction rénale n'est pas encore bien en place. La barrière hémato-encéphalique des bébés n'est pas complètement formée et est donc davantage perméable aux substances toxiques dont l'accumulation serait facilitée par son mode de transport dans le sang. Un bébé de 15 mois qui reçoit son quatrième vaccin héxavalent de routine, reçoit 100 fois la dose d'aluminium qui ne devrait être excédée dans son sérum sanguin (source: Jean Pillette docteur en médecine, membre de l'Européan forum for vaccine vigilance).

Madame la Députée Européenne Michèle Rivasi, Professeur agrégé en SVTU, a réclamé un moratoire sur tous les vaccins contenant de l'aluminium, demande précédemment formulée par un groupe d'études de l'Assemblée Nationale, en application du principe de précaution. L'Académie de médecine avait reconnu que l'aluminium pouvait pénétrer dans le cerveau, mais s'était déclarée hostile à tout moratoire. La conférence de presse organisée le 12 novembre 2012 était édifiante ! Elle s'intitulait: "nocivité des sels minéraux dans les vaccins, du soupçon aux certitudes". Madame Michèle Rivasi et les chercheurs français dont M. Romain Ghérardi (neurologue et directeur de l'INSERM), le professeur François Authier (neurologue, responsable des tests diagnostiques) ainsi que les chercheurs étrangers Christopher Exley, Christopher Shaw, Yéhuda Shoenfeld (directeur d'une unité de l'INSERM) étaient conviés. Or, malgré la reconnaissance du problème par l'Académie de médecine, malgré de nombreuses publications scientifiques internationales, l'ANSM (agence du médicament, anciennement AFSSAPS) vient de refuser tout financement à l'équipe INSERM de l'hôpital Henri Mondor (Créteil) qui travaille depuis 18 ans sur cette question. POURQUOI ?

Profits, obscurantisme et intérêts politiques :

  1. Monsieur le Professeur Montagnier, prix Nobel de médecine en 2008, se désolait: "ce sont souvent les adjuvants qui créent ces problèmes de réactions anormales aux vaccins... , j'enrage de voir que ce problème est totalement nié pour des intérêts pharmaceutiques, des intérêts politiques". En un mot, on risque de tuer ou de rendre malade nos enfants pour de le profit.
  2. M. André Cicolella, Président du réseau environnement santé a dénoncé, à l'AFP du 12 novembre 2012, la "position obscurantiste des autorités sanitaires qui tendent à marginaliser les experts".
  3. Des documents obtenus par le Professeur Lucia Tomlijenovic du neural dynamique research groupe révèlent que les compagnies pharmaceutiques et les autorités de santé, connaissent les multiples dangers associés à ces vaccins, mais ont choisi de ne pas les divulguer.
  4. Le docteur Richard Horton, rédacteur en chef du journal médical mondialement connu "the lancet", a récemment déclaré: "une grande partie des résultats de recherches publiés sont au mieux, sujets à caution, si non, complètement faux".
  5. Souvenons-nous de la découverte, lors du scandale du médiator, du "club Hippocrate", qui réunissait une centaine de députés, club financé par GSK (source: site bigpharma et conflits d'intérêts).
  6. En 2009, Madame Marisol Touraine, appartenait au club "avenir de la santé", un groupe de pression financé par le labo GSK fabriquant du vaccin Infanrix (source: wikipédia).
  7. La liste des membres du club "avenir de la santé" est interminable (ministres, députés et sénateurs) La firme tient tout le monde ! Source: le site "le club avenir de la santé", avec la liste complète des noms.
  8. L'ancienne ministre de la santé, Michelle Barzach, a été présidente du labo GSK.
  9. Depuis novembre 2012, le conseil d'Etat, a reconnu à 6 reprises le lien aluminium vaccinal et myofascite à macrophages. La maladie peut se déclencher 10 ans après la vaccination.

La vaccination a éradiqué beaucoup de maladies. Je ne suis pas une personne anti-vaccin, bien au contraire, je suis reconnaissante à la science de ces bienfaits. Cependant, je suis persuadée que l'attitude des laboratoires, toujours plus cupides, conjuguée à l'obscurantisme, a abouti à notre méfiance, voire à notre défiance. Le principe de précaution qui devrait prévaloir est bafoué, pire encore, on assiste à une opposition farouche et suspecte des grands laboratoires et du pouvoir. N'oublions pas que sur 675 personnes siégeant à l'agence du médicament, 415 (soit 62,4 %) déclarent avoir des intérêts dans l'industrie pharmaceutique et cosmétique. Souvenons-nous de la découverte, lors du scandale du Médiator, du "club Hippocrate" qui réunissait une centaine de députés. Ce club était financé par ... les laboratoires GSK ! (source: site big pharma et conflits d'intérêts).

Je suis atterrée par ce que j'ai lu sur les conflits d'intérêts, les compromissions, les personnes corrompues, achetées, le mépris affiché envers les experts qui ne partagent pas l'avis du "politiquement correct".

Je suis atterrée par le dévolu jeté par les laboratoires sur les plus faibles, les moins instruits, au fin fond de l'Afrique, auxquels il est facile d'arracher un pseudo consentement éclairé pour des essais thérapeutiques.

Je suis, sans réserve, pour un vaccin contre le manque d'humanisme.

Espérons que le gouvernement et la ministre de la santé, Madame Marisol Touraine, entendront nos interrogations prégnantes et notre légitime colère. Le dernier rebondissement en date (le 15 février 2016) est la saisine du conseil d'Etat par Maître Bergel Hatchuel, mandatée par des citoyens signataires de la pétition du docteur Joyeux. C'est le dernier épisode rocambolesque de cette mauvaise farce après un recours gracieux resté lettre morte et .... une perte de dossier par les services du ministère de la santé !

Infanrix hexa: le document confidentiel accablant du site Initiative Citoyenne sur la mort subite des nourrissons sur deux ans, après vaccination (lien ci-dessous) http://initiativecitoyenne.be/article-infanrix-hexa-le-document-confidentiel-accablant-113251207.html

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans vaccins
commenter cet article
29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 12:16

Nous venons de perdre notre combat pour l'euthanasie. C'est avec tristesse et déception que nous prenons connaissance de la loi sur la fin de vie qui vient d'être votée. La loi du 22 avril 2005 sera reconduite pratiquement à l'identique. Seule la sédation profonde et continue jusqu'au décès apparaît comme un élément nouveau. Elle sera à n'en pas douter le corolaire d'images traumatisantes que nous connaissons tous, images de corps décharnés au bout d'un laps de temps indéterminé. Ainsi, les victimes collatérales des progrès de la réanimation ont du souci à se faire.

L'agonie de notre fils en 6 jours cauchemardesques, au bout de 8 ans 1/2 de coma végétatif atroce, si justement qualifiée de "laisser crever" par le rapporteur lui-même de la loi qui porte son nom, le député Jean Léonetti, dans son livre "à la lumière du crépuscule", ne sera pas vraiment l'exception, avec un bémol tout de même: la sédation.

J'ai une pensée particulière pour les grands prématurés non viables qui, décèdent dénutris et déshydratés en 10 à 20 jours insoutenables. Le centre éthique clinique de Cochin, qui a dénoncé ces pratiques dans le journal Libération du 28 février 2014, n'a pas été entendu.

Profondément déçue et désarmée face à la "trahison" du Président de la République, je reste circonspecte sur l'influence des religions dans la souffrance institutionnalisée imposée aux personnes en coma ou état végétatif et aux patients en phase terminale de maladies incurables.

LAÏCITE ET IMMIXTION DES RELIGIONS

La loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, stipule article 2 : "la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte". La République prend cependant en charge les bâtiments destinés aux cultes construits avant 1905. Elle assure par ailleurs une neutralité en matière religieuse, garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes. 

- Les confusions sémantiques entre cultuel et culturel :

L'Etat peut légalement subventionner des associations culturelles mais non cultuelles, dans la même logique laïque qu'elle ne finance aucun culte. Cela donne lieu à des pratiques transgressives qui surfent sur la confusion sémantique entre ces deux notions pour percevoir indûment des fonds. Les mosquées de Créteil et Nantes ont pu voir ainsi le jour en prétextant des soutiens financiers à la culture. Selon le magazine Marianne, une structure abritant un centre d'art contemporain et une grande salle de prière a été financée à hauteur de 13,5 millions d'euros. A ce scandale financier viennent s'ajouter des frais de fonctionnement hallucinants (1,3 million d'euros en 2014). A Paris, la grande mosquée de la Goutte d'or (22 millions d'euros) a perçu des aides de l'Etat en totale contradiction avec les lois de la République laïque. 

- Les largesses de l'Etat :

L'Etat ne donne aucune information sur le montant des déductions et exonérations d'impôts au profit des fondations religieuses. Des centaines d'associations cultuelles catholiques, protestantes, musulmanes et juives reçoivent des dons déductibles à hauteur de 66 % de l'impôt sur le revenu du donateur. Sachant que les déductions concernent l'ISF, les exonérations de droits de succession et de mutation etc..., on peut imaginer le capital très conséquent que cela représente. Des terrains communaux (donc publiques) sont loués à des prix dérisoires sans aucune mesure avec les prix du marché. Le conseil de la ville de Paris a loué au CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) des locaux pour un loyer symbolique de 100 € par an. Monsieur Delanoë a subventionné les crèches juives Loubavitch (2,3 millions d'euros en 2011). 

- La loi Debré de 1959 :

Cette loi, qui permet le financement des écoles privées (des dizaines de millions d'euros par an), au détriment des écoles publiques de la République, représente en elle-même, une entorse aux principes de la laïcité. 

- Le bal des séductions électoralistes :

Des crèches fleurissent ça et là à Noël dans les halls de mairies, faisant polémique au sein même de l'association des maires de France. Des fêtes sont organisées à la mairie de Paris, à l'initiative de Monsieur Bertrand Delanoë, reprise par Madame Hidalgo. L'hôtel de ville accueille ainsi dans ses salons la cérémonie appelée "nuit du ramadan" (coût 100000 € en 2013 pour les contribuables parisiens). Les protagonistes de cette "petite farce" nous rassurent : ils fêtent aussi Noël, la fête juive de Hanoukka et le nouvel an chinois !

- Des déclarations interpellantes :

Monsieur Sarkozy déclarait au palais de Latran. Je cite : "l'instituteur ne remplacera jamais le curé ou le pasteur !". A méditer ! Je suis choquée et furieuse à la lecture de cette information, au moment des attentats terroristes de Paris en novembre 2015 : le curé de Lyon, le père Benoît (de son vrai nom Hervé Bernard) a poussé l'ignominie jusqu'à minimiser le nombre de victimes au regard des 600 avortements qui selon lui auraient eu lieu le même jour. Il déclarait dans le journal "le Monde" du 17 novembre 2015, je cite: « Regardez les photos des spectateurs quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique (…). Ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois. Le signe de la mort et du chaos ne flotte pas que sur les rues de Paris, un vendredi soir maudit. Cent trente morts, c’est affreux ! Et six cents morts, c’est quoi ? C’est le chiffre des avortements en France le même jour. » 

- Laïcité et Europe :

La venue du Pape au parlement Européen pourrait paraître légitime car il est chef d'Etat (le Vatican) mais, que penser de l'opportunité qu'il a ainsi saisie en assénant les dogmes chrétiens et les mises en garde sur les sujets sociétaux qui occupent le législatif français. Etait-il opportun dans une Europe Laïque d'avoir choisi pour emblème de l'Europe, la création de Monsieur Arsène Heitz. Le drapeau Européen ne représente pas (idée communément répandue), les douze premiers Etats de l'Europe. Il s'agit de la couronne mariale avec ses douze étoiles (référence de l'apocalypse selon Saint Jean). Source officielle sur internet : wikipédia Arsène Heitz. 

- Le paroxysme du déni de laïcité :

Le déni de laïcité atteint son paroxysme avec la nomination en 1995 de Madame Christine Boutin rong>comme consulteur de la sacrée congrégation pontificale pour la famille. Elle avait donc un statut identique à celui de diplomate de l'Etat du Vatican alors qu'elle était élue d'un autre Etat : la France. Ce phénomène surréaliste gagne, selon moi, la palme de l'anti-laïcité et de l'anti-constitutionalité. 

- Laïcité, sciences et médecine :

Le SPEP (Service Pastorale d'Etude Politique) a pignon sur rue et aborde avec nos responsables politiques tous les sujets sociétaux du moment. Il sévit à deux pas du parlement au sein de la basilique Sainte Clotilde. Son directeur, le père Laurent Stalla Bourdillon, dit l'aumônier des parlementaires, se propose de nous éclairer sur, je cite: "le sens de la vie humaine". L'Archevêque André Vingt trois se désole des recherches faites sur les cellules souches embryonnaires et les diagnostiques prénataux. Le recteur Dalil Boubakeur Président du conseil français du culte musulman, s'agissant de l'euthanasie, déclarait que celle-ci ne peut être que mal considérée par une religion qui prône la vie. De son côté, le rabbin Joseph Sitruk souligne : "la vie ne nous appartient pas à nous mais à Dieu".... Victor Hugo déclarait, je cite : "l'église chez elle et l'état chez lui". La vocation d'un Etat laïque serait d'éloigner le spectre de l'obscurantisme qui se profile insidieusement. Celui-la même qui avait jeté Galilée au cachot et fait griller sur un bûcher Copernic et Bruno Giordano (théorie de l'infini). La revendication laïque, républicaine et privée, de mourir sans souffrance, n'a pas a être débattue par les ecclésiastiques. Il n'ont pas le droit d'imposer à tous les citoyens, des agonies expiatoires. Mgr Rey, du diocèse de Toulon, nous éclaire sur le sujet. Je cite : "la souffrance participe de la douleur du Christ sur la croix"! Notre sphère intime, privée est violée par ceux qui se révèlent être au fur et à mesure des scandales à répétition, des experts en la matière, dans tous les sens du terme. 

- Laïcité à géométrie variable : l'université.

Depuis la loi de mars 2004, le port des signes religieux ostensibles est interdit dans l'enceinte des écoles, collèges et lycées, mais pas dans les universités. Les incidents se multiplient, aboutissant parfois à la protection policière rapprochée de personnes comme Monsieur Mayol. Ce dernier, directeur de l'IUT de Saint Denis, avait procédé à la fermeture d'une salle à usage multi associatif qui s'était vue transformée abusivement et illégalement en salle de prière. Loin de prôner le retour à la raison et "le vivre ensemble", le collectif contre l'islamophobie définit ainsi la laïcité française, je cite : "l'idéologie d'une laïcité d'exclusion". Pour sortir de cet imbroglio, le Haut Conseil à l'Intégration (HCI), a proposé en août 2013 d'élargir l'interdiction du port de signes religieux ostensibles à l'université. Le Président de la République a préféré rester dans le flou et maintenir le statu quo.

- Laïcité à l'hôpital :

Dans son livre "menace religieuse sur l'hôpital", l'auteure, Isabelle Levy, dénonce "les chefs de service se taisent par peur des représailles". Les pratiques "hors la loi" sont parfois du fait des patients qui ont des exigences alimentaires ou comportementales, par exemple: les femmes qui refusent d'être examinées par un homme etc ... Ces exigences peuvent émaner aussi du personnel soignant : un aide-soignant musulman qui refuse de toucher une patiente, des infirmières musulmanes qui portent des manches longues. Ces pratiques défient les règles les plus élémentaires d'hygiène, les avant-bras doivent être nus et très régulièrement lavés et désinfectés. A méditer à l'heure de la lutte contre les maladies nosocomiales ! 

- Laïcité et viande halal (soit "licite" ou "permise") :

La France qui rassemble les plus importantes communautés musulmane et juive d'Europe, a plaidé avec succès, pour préserver "l'abattage rituel". Les professionnels de ce secteur estiment (source Figaro) que 30 % de la viande est abattue selon les rites musulmans et juifs et commercialisés comme de la viande traditionnelle. Or, le rituel musulman se singularise par le paiement d'une taxe religieuse prélevée sur la viande. Cette taxe se montait de 10 à 15 centimes d'euro par kilo de viande (en 2012). Nous finançons donc tous, quelle que soit notre religion ou notre absence de religion, la propagande de l'islam, en totale contradiction avec les principes de la laïcité.

- La palme de la dangerosité :

La palme de la dangerosité revient à la fondation Jérôme Lejeune ou plutôt à l'Etat qui reconnaît cette dernière comme fondation d'utilité publique. Ce précieux sésame permet de collecter des dons et des legs défiscalisés et d'obtenir des subventions de l'Etat. Il a été curieusement acquis très vite, en moins de un an, alors que notre admirable Abbé Pierre a mis quatre ans à l'obtenir. Le très pieux Hervé Gaymard, cofondateur de l'association "les amis du Professeur Lejeune", se trouvait être le secrétaire d'Etat à la Santé (de 1995à 1997). Son épouse Clara, fille du Professeur Lejeune, était quant à elle, directrice du cabinet de Colette Codaccioni, ministre de la solidarité entre générations. Le comble du masochisme pour l'Etat a été de les voir défier son autorité sur tous les sujets sociétaux actuels (mariage pour tous, bioéthique, fins de vie étude sur le génome, les cellules souches etc.). Dans un livret destiné aux adolescents, ils vont jusqu'à considérer la pilule du lendemain et le stérilet comme des méthodes abortives (destinées à avorter). Cette association est liée au dangereux OPUSDEI. Pour la petite histoire, Hervé Gaymard fut ensuite ministre de l'agriculture puis des finances. Assujetti à l'ISF et multi propriétaire, il a du démissionner trois mois après le début de sa fonction de ministre des finances. La brebis s'était égarée dans les méandres de la cupidité et occupait avec sa famille un appartement de 600 m2 pour un loyer mensuel de 14400 € payé par l'Etat (donc par nous, bonnes âmes que nous sommes !). Merci au "Canard enchaîné" d'avoir levé cette"brebis" ! Cette association met en garde l'opinion publique sur les collectes du Téléthon, essayant de nous dissuader d'aider la recherche médical qui travaille sur l'embryon. L'évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet a également exprimé de fortes réserves sur l'opportunité de soutenir le Téléthon.

La fraternité et la tolérance ne se décrètent pas et j'avais jusqu'à présent la naïveté de penser que la laïcité serait fédératrice et porteuse de paix sociale. Rien n'est moins sûr, elle semble même cristalliser des ressentiments pour ne pas dire des haines. Elle conduit parfois au repli communautaire. Les interprétations multiples qu'elle permet prouvent que les efforts pédagogiques n'ont pas été menés, ou n'ont pas été à la hauteur de l'enjeu et du consensus espéré. La blanche clarté du siècle des lumières semble ainsi se tamiser. Voltaire, Rousseau, Diderot, doivent se retourner dans leurs tombes. Les religions qui sont pour moi la parfaite antithèse de la foi ont de beaux jours devant elles. Les voix du Seigneur sont impénétrables mais celles des discours électoralistes sont de plus en plus audibles. " I have a dream", qu'un jour trône sur les frontons de toutes les mairies de France cette devise républicaine:

"LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, LAÏCITE".

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article
9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 21:39

~~Je suis la mère d’Hervé Pierra. Notre fils est resté plongé pendant 8 ans ½ dans un coma végétatif chronique irréversible, à l’âge de 20 ans. Il était figé dans une grande rigidité, paralysé à 100%, inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait chaque jour, depuis le début de son calvaire, dans ses propres glaires, entraînant de récurrentes et éprouvantes régurgitations. Affecté de problèmes pulmonaires persistants à cause de la présence de bactéries multi résistantes, il était placé très souvent en isolement. Sa position fœtale, ses attitudes viciées et le fait de n’être jamais déplacé, avaient provoqué une plaie atone grave (escarre au 4 ième degré). Il est décédé en novembre 2006, après notre requête d’application de la loi Léonetti. Ce parcours, semé d’embûches, a duré 18 mois. Les plus hautes instances politiques et médicales de l’époque étaient intervenues pour faire infléchir le corps médical. Le comité d’éthique de Cochin avait donné son aval ainsi que le docteur Régis Aubry (missionné par Jean Léonetti).

Après le retrait de la sonde gastrique, notre fils est mort en 6 jours cauchemardesques, sans aucune sédation, brûlant, cyanosé et faisant des bonds dans son lit, comme électrocuté. Il s’agit, dans notre cas, qui a été médiatisé, d’un « laisser crever », comme l’a écrit Monsieur le député Jean Léonetti dans son livre « à la lumière du crépuscule ». Les médecins avaient eu peur d’être accusés d’euthanasie si notre enfant avait été sédaté et surtout si son décès était intervenu trop rapidement. L'illégitimité de m'immiscer dans votre affaire douloureuse et personnelle m'a conduite à observer un silence respectueux, marqué par la décence et la retenue. J'ai dû, bien souvent, refreiner mes envies de répondre à vos amis intégristes qui, sans me nommer, me désignaient, avec tant d'autres, dans le clan des "mères indignes". Ils maniaient pêle-mêle, dans un certain obscurantisme ambiant la diffamation et l'arrogance de ceux qui semblent détenir la vérité en voulant l'imposer à tous. Une tribune de "l'Express", cosignée par six membres de votre famille, dénonce: " Ils critiquent sans cesse la loi Léonetti et prétendent défendre les 1700 patients qui sont plus ou moins dans la même situation que lui. Tout cela traduit uniquement une position de principe: on ne peut pas débrancher ces patients, quels qu'aient pu être leurs souhaits. Nous appelons ça de l'idéologie, visant à défendre une cause intégriste. Termes que nous assumons totalement." Comme vous le dites , madame, dans "l'Express": "qui voudrait vivre comme ça !" Un de vos fils, avec lequel vous menez cette procédure, a par ailleurs rempli ses directives anticipées allant dans ce sens.

Vous déclarez que votre fils Vincent (dans un état pauci relationnel), "n'est pas un légume, il n'est pas dans un état végétatif". J'en déduis que vous considérez que mon fils Hervé était donc, pendant 8 ans 1/2, un légume ! Tant de délicatesse et de compassion me touchent !

Vous déclarez, le 6 mai sur "Europe 1" : "toute maman ferait de la même façon". Eh bien non madame ! J'ai fait passer l'amour de mon enfant avant tout ! Certes, tout s'est très mal passé et je sais ce que je dois aux intégristes qui refusent l'aide active à mourir aux victimes collatérales des progrès de la réanimation, qui en font la demande, par directives anticipées et après validation d'un collège de médecins.

La FSSPX (fraternité sacerdotale saint pie x), société de prêtres traditionalistes qui a protégé le grand criminel de guerre Paul Touvier (source wikipédia) semble vous instrumentaliser. Les déclarations de votre fils Joseph Lambert, frère de Vincent, dans "l'Obs. société", sont à cet égard édifiantes : " Aujourd'hui, ma mère est partie dans un combat qui n'est plus seulement celui d'une mère pour son fils. Mes parents auraient pu louer un appartement à Reims pour être plus proches de Vincent. Mais ma mère ne pouvait pas quitter la Drôme, où elle s'est installée pour se rapprocher du monastère Sainte Madeleine du Barroux, où l'un des mes demi-frères a longtemps été moine. La religion, c'est tout pour elle." Très catholiques, Viviane et Pierre Lambert avaient pourtant déjà l'un et l'autre une famille quand ils se sont rencontrés. Lui était gynécologue, militant anti-avortement, elle, assistante, distribuait aussi des tracts pro-vie. Les enfants Lambert ont grandi dans cet univers corseté, élevés dans des pensions de la Fraternité Saint-Pie-X. Vincent, lui, se révolte durant l'adolescence, c'est un garçon entier, extrême, avec sa part d'ombre, ses blessures secrètes et une rancoeur sourde contre ses parents, celle de ne pas avoir été assez protégé enfant. Comme leur aîné, Joseph et Marie ont choisi de s'éloigner de cette religion écrasante à la maison, où il fallait le dimanche "faire le chapelet". Seule leur soeur Anne est restée du côté des parents. Elle s'est également portée partie civile, même si elle semble dépassée par la tournure qu'ont pris les événements. Vincent avait profondément rejeté les valeurs de mes parents, je leur en veux beaucoup de l'utiliser pour leur croisade", note Joseph qui ne leur a quasiment plus adressé la parole depuis !

Intimidations et menaces de mort sont des pratiques courantes de cette "secte" et, le docteur Kariger (ancien médecin de Vincent) qui en a fait personnellement les frais, a démissionné par crainte pour sa vie (source: journal "la Croix" du 4/07/2014). Sa posture est respectable. Cette congrégation rigoriste et révisionniste, a un passé émaillé de scandales. Fustiger le siècle des lumières, le libéralisme, la laïcité, est la règle ! Son fondateur, Monseigneur Lefèbvre, déclarait, au mépris du respect de la loi de séparation de l'église et de l'état et, dans une pure tradition anti-démocratique : "voter socialiste, c'est voter contre Dieu" !

Pour notre part, notre cheminement a été tout autre et l'épreuve de la douleur nous a unis mon mari, moi-même et nos adorables filles dans un "combat" commun pour libérer notre fils. Il fut l'objet de tout notre amour. Nous avons choisi de vivre à quatre kilomètres de la structure ou il était hospitalisé. Mes visites étaient ainsi quotidiennes pendant 8 ans 1/2. Je le massais moi-même quand les kinésithérapeutes ont cessé leurs soins, à cause des rétractations trop importantes de son corps. J'ai demandé à voir leur travail, à comprendre et imiter leurs gestes d'effleurement. Toute ma famille vouait une véritable admiration aux infirmières et aides-soignantes. Elles ont été discrètes, professionnelles et chaleureuses. Nous militons depuis le décès de notre fils pour que les victimes collatérales des progrès de la réanimation ne soient pas abandonnées, par l'institution, à leur triste sort, ni dans la vie, ni dans la mort. Madame Marie-Geneviève Lambert, demi-soeur de Vincent, s'est exprimée à ce sujet sur son blog du "Huffington Post": "La situation de Vincent est la conséquence d'une performance scientifique qui est allée très loin sans pouvoir le ramener complètement parmi nous. Vincent est abandonné entre la vie et la mort, à ce qui, dans la nature n'est vécu qu'au stade de l'agonie: une agonie pendant des années, biologiquement stabilisée, monstrueuse, et qui va, on le sait maintenant, inexorablement vers une détérioration."

Je me suis sentie si impuissante devant l'injustice d'une souffrance terrible imposée à mon fils par l'institution. C'est terrible et destructeur ! Il s'étouffait sans cesse car il faisait des fausses routes permanentes, déglutissant sa propre salive à minima. Quel sens donner à cette non vie de souffrance, alors que les IRM attestaient de lésions cérébrales très graves et irréversibles ! Quelle mère aurais-je été de ne pas me battre pour sauver mon fils ? Eh oui madame ! Sauver mon fils qui ne pouvait plus être en vie, le sauver par la libération apportée par la mort ! Je dois bien l'avouer, cependant, c'est la plus difficile preuve d'amour, d'amour-abnégation, que l'on puisse donner à son enfant. C'est mon chemin de croix ! J'accepte que l'on puisse ne pas penser comme moi, mais je vous récuse le droit de vouloir imposer quoi que ce soit à qui que ce soit ! Vous et les vôtres avez déjà gagné une grande "bataille". En battant le pavé parisien, au cours de "la manif pour tous", vous avez "intimidé" le pouvoir qui, frileux, ne tient pas ainsi ses promesses sur l'aide active à mourir. Tous les jours, je suis hantée par le rapport du comité d'éthique de l'hôpital Cochin, sur les 25 cas étudiés de très grands prématurés non viables. Ils meurent en 8 à 20 jours par manque de nutrition et d'hydratation. Je pleure, j'ai honte et j'ai mal en lisant dans le journal "libération" du 28 février 2014: " Un autre parent relate : «On a vécu l’enfer, cela a été trop, trop long, on attendait, on attendait ; la dernière semaine, on n’arrivait plus à y aller». Ou encore : «Ils m’avaient dit que ce serait court, cela a duré dix-huit jours, c’était un bébé potelé, à la fin elle était devenue méconnaissable.» Un médecin avoue : «Au bout de huit jours, la tentation de l’euthanasie devient lancinante.» Elizabeth Belghiti, psychologue déclare : «C’est un sentiment d’effroi. Il y a quelque chose d’inconcevable. Comment ne pas nourrir un nourrisson, alors qu’un enfant, on le nourrit, c’est le lien». Un médecin réanimateur déplore : «Il y avait une atmosphère difficile, les infirmières pleuraient, le visage du nourrisson devenait si lisse que l’on ne voyait plus d’expressions».

Nous avons reçu les excuses du conseil de l'ordre des médecins, l'amour et la compassion de tous. Seuls les intégristes religieux nous ont cloués au pilori. Monsieur Tugdual Derville, délégué général d'Alliance Vita, écrivait, concernant l'agonie de mon enfant : "spectaculaire agonie provoquée par une décision parentale". Le même pieux auteur s'insurgeait contre Marie Humbert : "voilà qu'on érigeait en modèle d'amour une femme capable de donner la mort à son enfant au nom d'un parallélisme terrifiant : je lui ai donné la vie, n'ai-je pas le droit de lui donner la mort ! " C'est un tantinet réducteur et écoeurant, ne trouvez-vous pas ?

Voyez-vous, madame, je suis à des années lumière de votre perception des choses alors, de grâce, pas d'amalgame !

Quelle ne fût pas ma stupéfaction de vous voir défiler sous l'étendard "je suis Vincent", travestissant ainsi ce qui fût l'exact contraire de ce que vous prônez : la laïcité travestie en obscurantisme et combat personnel !

Le dolorisme érigé en vertu chrétienne m'exaspère et, c'est sans retenue que je prie Dieu de nous délivrer des trois religions monothéistes et autres sectes. Celles-ci s'invitent de plus en plus dans les débats législatifs, en totale opposition avec les valeurs portées si haut de la laïcité.

L'ambivalence du droit est telle que la décision de la Cour Européenne des Droits de l'Homme provoquera à n'en pas douter un tollé, quelle qu'elle soit !

Je respecte votre douleur , madame, et souhaite l'apaisement à chaque membre de votre famille. J'ai une pensée particulière pour votre fils et votre petite fille. La fille de Vincent, pourra légitimement se dire, un peu plus tard, que parfois, "les grands", déchirés par leurs passions semblent perdre la raison !

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article
3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 19:39

Auteurs du livre : Docteur Jean-Jacques CHARBONIER (anesthésiste réanimateur)

                Mme Annie BABU (infirmière, assistante sociale,déléguée ADMD pour la Guadeloupe)

 

Dans cet ouvrage, la mort est abordée sous un prisme original et passionnant. J'espère que les propositions d'adoucir la fin de vie des patients en soins palliatifs, émises par Mme Babu, trouveront une résonance dans les milieux médicaux. Délivrer des témoignages d'EMI emplis d'espoir et d'amour, pourrait apaiser les esprits au moment du grand voyage. Madame Dron, en postface, soulève pour nous tous, un coin du voile mystérieux qui drape l'après vie. L'amour, la fraternité, le fort sentiment d'être tous unis et, rattachés à la conscience universelle, bienveillante, nous rassurent et apaisent les âmes.

Je suis beaucoup plus sceptique quant aux véritables motivations du docteur Charbonier, qui semble avoir saisi l'opportunité de ce livre pour dresser un véritable procès d'intention aux partisans de l'euthanasie médicale.

Son discours politiquement correct, en adéquation avec la loi Léonetti actuelle page 159 (... donner, sur la demande du patient, des doses très fortes de morphine dans un but antalgique, même si celles-ci sont potentiellement mortelles) se mue en diatribe partisane à l'encontre de toute aide à mourir dans les pages suivantes. Le caractère révocable à tous moments, des directives anticipées, n'est jamais abordé. Les "euthanasies sauvages" sont dénoncées, à juste titre, mais pas un mot pour mettre en lumière les autres dérives scandaleuses qui consistent à prolonger indéfiniment des agonies par peur des médecins d'être accusés d'euthanasie, pas un mot sur les grands prématurés qui, soumis à la loi Léonetti, agonisent en 8, 10, 20 jours comme cela a été dénoncé par le rapport du centre éthique de Cochin dans le journal "Libération" (du 28 février 2014). Parents, médecins, soignants et psychologues en sont restés profondément choqués.

Une dangereuse doctrine fataliste (du latin fatum: c'est à dire destin) s'érige en philosophie de vie. Je cite: "seules les lois divines dont nous ignorons à peu près tout, dictent nos destins".

Ce fragile et improbable précepte appliqué à notre "vivre ensemble" s'appelle l'anarchie dans laquelle toute responsabilité humaine est de fait niée (responsabilités morales ou pénales).

Cette injonction, génératrice d'immobilisme, l'amène à déclarer : "Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas interrompre prématurément une vie, sous prétexte que celle-ci devient insupportable". Sa bonne conscience a dû cependant s'accommoder de la loi Léonetti qui préconise une aide à mourir si on en extirpe tous les petits arrangements d'intention, paravent des vertus morales ou dogmatiques.

L'irrévérence dont il fait montre à l'égard de ses confrères me sidère. Je ne pense, heureusement pas, que ces derniers se trompent une fois sur deux ! Mon mari et moi, avons beaucoup de respect pour la plupart d'entre eux, surtout pour le remarquable travail du Professeur Puybasset sur les scores d'évaluation des cérébro-lésés en réanimation. Il nous a expliqué avec gentillesse, disponibilité et accessibilité, son travail à l'hôpital Pitié Salpétrière. Ce n'est pas la notoriété qui guide sa vie professionnelle mais l'humanisme.

"L'euthanasiophile" (je cite le docteur Charbonier) que je suis, selon sa terminologie, s'oppose à "l'eutanasiophobe", selon ma terminologie, qu'il est ! Les "euthanasiophobes", dont il est, ont maintenu notre fils pendant 8 ans 1/2 en coma végétatif, dans un état effarant et l'ont condamné à 6 jours d'agonie effroyable sans sédation. Les mêmes, ont condamné à une courte survie cauchemardesque, à Poitiers, le petit Titouan, né a 4 mois 1/2 de grossesse, avec une hémorragie cérébrale invasive. Ils auront à répondre de leurs actes devant la justice des hommes, car les parents, viennent de porter plainte pour l'euro symbolique. Quel dogme, quelle idéologie, quel principe supérieur, peut légitimer de telles postures ?

Ce Monsieur écrit, avec une pointe de provocation et une certaine suffisance: "J'assume pleinement tous mes écrits et tous mes discours sur ces sujets. Si certains éprouvent de la culpabilité en m'écoutant ou en me lisant, cela voudra dire qu'ils ne se sentent pas tout à fait au clair avec leurs idées ou avec leurs actes".

C'est vrai, je me sens coupable de ne pas avoir eu le courage de Marie Humbert et d'avoir dû laisser mon fils agoniser sans sédation dans des conditions atroces entre les mains des "euthanasiophobes". Monsieur Léonetti, avait dénoncé un "laisser crever" (je le cite) de mon fils dans son livre "à la lumière du crépuscule".

Mon mari et moi-même, pouvons entendre les opposants à l'euthanasie et même leurs détracteurs. Nous sommes quelquefois invités à participer à des débats qui restent toujours pondérés. Le respect de chaque opinion et surtout de chacun est la règle.

Monsieur Vincent Morel (Président de la SFAP) et Monsieur Emmanuel Hirsch (responsable de l'Espace Ethique de l'APHP), nous ont invités à témoigner. Monsieur Léonetti nous a auditionnés en mai 2008. Le Conseil National de l'Ordre des Médecins et le Médiateur de la République nous ont invités à témoigner. Le Professeur Lyon-Caen, conseiller santé auprès du Président de la République, nous a longuement reçus au palais de l'Elysée le 15 juillet 2013, il s'est montré très attentif à notre discours. Le jury citoyens nous a auditionnés en décembre 2013. Nous avons eu des échanges parfois houleux avec certaines personnes lors des colloques sur "la fin de vie" dans le respect mais, je n'ai jamais vu un étalage aussi manichéen, que celui exposé par le docteur Charbonier dans son livre. Certes, ce dernier, prétend à juste titre, je cite: "...que nos différences sont aussi nos richesses".

Cependant, je pense que :

- Une chose est de débattre en avançant des arguments éthiques.

- Une autre est d'arguer des valeurs morales ou sociétales.         

- Une troisième est l'attitude des religieux dont les représentants les plus intégristes foulent régulièrement le pavé parisien mais, après tout... Tant que notre République laïque ne cède pas à leur tentative d'intrusion.

- Une quatrième, non recevable à mon sens, est la calomnie érigée en argument.

Mais quel est l'objet de son amalgame caricatural et calomnieux, ci-dessous, sinon d'insulter, insulter gratuitement. Je cite (page 181) : "Meurtres crapuleux, guerres sanglantes, peines de mort, suicide, interruption de grossesse; l'homme e trouve toujours d'excellentes raisons pour supprimer la vie de l'autre ou pour se tuer lui-même......l'euthanasie n'échappe pas à la règle". C'est inexcusable ! Par ailleurs, cette invective induit un déni stupéfiant de la souffrance psychique de certains malades mentaux (entre 5 et 10 % des schizophrènes) qui passent à l'acte. Quelle drôle de déontologie !

Je suis outrée et surtout choquée de ce procédé outrancier, émanant d'un homme de sciences. Je terminerai par cette définition: L'orgueil est un manque ou une absence d'humilité et, selon le philosophe Théophraste, le mépris de tout, sauf de soi-même.

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article
12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 15:24

L'association "Alliance VITA", est un des piliers du mouvement : "Soulager mais pas tuer". Nous vous proposons la lecture de mon droit de réponse au livre "la bataille de l'euthanasie" dans lequel l'auteur, Monsieur Tugdual Derville, délégué général d'Alliance VITA, fustige avec mépris, tous les protagonistes de ces drames humains.

 

Droit de réponse à M. Tugdual Derville (alliance VITA), consécutif à la lecture de son livre : « La bataille de l’euthanasie »

 

Je suis Madame Pierra, la mère d’Hervé. Notre drame a, je cite : « défrayé la chronique » et a fait l’objet de votre part, je cite : « d’une remarquable enquête d’investigation ». Vous êtes, Monsieur Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita qui fut fondé en 1993 par Madame Christine Boutin. Vous vous assignez comme mission la protection des plus vulnérables et la sensibilisation du public et des décideurs à la protection de la vie humaine. Vous donnez entre autres activités, des conférences à la fondation Guilé, dont la vocation est de sensibiliser les acteurs économiques aux grands dangers de notre temps comme la laïcité. Cette fondation, inspirée de l’Opus dei, dont votre frère est un haut dignitaire à Rome, a témoigné devant l’OSCE (organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) contre « la laïcité à la française ». Vous êtes diplômé de sciences po et de l’Essec, aussi, est-ce avec modestie qu’une humble mère au foyer comme moi va tenter de procéder à l’analyse de votre « pseudo analyse ».

Concernant le cas de mon enfant

Je dois préciser en préambule, que vous ne nous avez jamais contactés et que nous savons, par ailleurs, après vérification, qu’aucun des protagonistes de notre affaire n’a été consulté pour la rédaction des quelques pages qui nous sont dédiées. C’est bien dommage, Monsieur Derville, vous qui déplorez que : « dès lors que l’on conteste la version médiatiquement correcte, on a plus droit à la parole. », vous n’ayez pas saisi l’occasion de l’écriture de ce livre pour vous informer de la version objectivement correcte. Le médiateur de la République de l’époque, Monsieur Delevoye, pour sa part, s’était employé pendant des semaines à essayer de briser le silence des médecins en charge d’Hervé, sans succès.

Notre fils Hervé est décédé le 12 novembre 2006 après 8 ans ½ de coma végétatif chronique irréversible à la suite d’une tentative de suicide par pendaison. Il était complètement paralysé, figé dans une totale rigidité (jamais déplacé), inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait quotidiennement, dans ses propres glaires, provoquant d’incessantes régurgitations car, déglutissant à minima, il faisait des fausses routes en permanence. Il était souvent placé en « isolement » car son organisme produisait des bactéries multi résistantes. Les différentes IRM pratiquées dans deux structures différentes attestaient de lésions cérébrales gravissimes et irréversibles, post-anoxiques.

Vous livrez, sans état d’âme, votre appréciation toute personnelle de l’état de santé de mon enfant, ainsi, je cite : « voilà Hervé dans un coma végétatif pratiquement irréversible ». Ces propos ne sont pas pratiquement mais carrément abjectes, visant à laisser planer un doute sur le caractère irréversible de son coma. Notre famille l’aurait donc, je cite : « supprimé », selon votre terminologie. Nous avons adressé au corps médical notre requête d’application de la loi « Léonetti » et non pas notre demande, je cite : « d’arrêt d’alimentation ». La loi serait-elle complice d’homicide dans ce tragique dénouement ?

Nous aurions été, je cite : « séduit » par, je cite : « l’interprétation de la loi à l’occasion de la mort de Vincent Humbert ». Comment peut-on « vomir » des mots d’une telle obscénité en évoquant une éventuelle séduction ? Comment osez-vous avec cynisme mentionner une quelconque séduction, alors qu'il s'agissait bien de la seule perspective légale de libérer notre fils, qui se profilait. C'est la plus grande preuve d'Amour abnégation que nous pouvions donner à notre enfant. Les mots : "interprétation de la loi" restent une énigme pour moi, car il s'agit de la loi Léonetti. C'est précisément Monsieur le député Jean Léonetti, en personne, qui est intervenu dans notre affaire. Quelle interprétation ?

Vous vous dites contre l’acharnement thérapeutique mais je constate hélas que c’est une notion subjective et abstraite donc, interprétable à souhait. A quel stade auriez-vous considéré que l’on pratiquait une obstination déraisonnable à l’encontre de mon enfant ? Dès le départ, à l’hôpital, les médecins nous avaient dit que son cerveau était « ratatiné ». Ils ont néanmoins été le chercher à la frontière de la mort, quelques mois après, nous conseillant de prendre parallèlement et au plus vite, toutes nos dispositions pour son décès. Huit et demi de calvaire plus tard, son organisme étouffait littéralement, son squelette s’arcboutait au point de nécessiter pour plus de stabilité d’être placé dans une coque… échec… une autre coque… sans succès. Une plaie atone (escarre) très grave et profonde blessait sa jambe. Je pense que son avenir aurait été à plus ou moins long terme l’amputation de la jambe. Au bout de combien de membres amputés considérez-vous Monsieur Derville qu’il s’agisse d’acharnement ou d’obstination déraisonnable ?

Par ailleurs, vous suspectez avec ironie un probable, je cite : « acharnement thérapeutique ? » dont auraient fait preuve mon mari et ses collègues pompiers lors de la réanimation de notre enfant. Votre agilité déconcertante dans l’art d'instiller le venin avec fluidité et constance m’incite à penser que cette pratique vous est familière. Mais vous avez raison ! Cela peut relever de l’acharnement thérapeutique légitime, comme l’ont été les soins prodigués en réanimation. Lorsque l’on ignore l’état cérébral d’une personne, inconsciente et dans l’urgence, il est légitime de tout faire pour la ramener à la conscience,  mais après, lorsque les IRM attestent de lésions cérébrales très graves et irréversibles comme dans les anoxies du cerveau, que faire ? Il n y a pas de machines à débrancher de tuyaux à enlever. Seul le corps survit parfois à minima comme ce fût le cas pour mon enfant. Je suis très étonnée de la grave confusion que vous faites entre, acharnement thérapeutique et obstination déraisonnable (maintien artificiel de la vie). Monsieur le député Jean Léonetti nous avait expliqué cette nuance lors de la mission d’évaluation de la loi sur la fin de vie en mai 2008 à laquelle il nous avait conviés pour témoigner. Ces termes plus appropriés figurent dans la loi actuelle (mauvaise enquête, Monsieur Derville !). Tout cela pour aboutir, je cite : « à la spectaculaire agonie » de mon enfant qui a duré 6 jours et 6 nuits, "spectaculaire agonie provoquée par une décision parentale". Nous serions donc, les initiateurs de cette atroce agonie. Comment ne pas percevoir au travers de ces propos, de la haine, qui trouve peut-être son origine dans la peur. Je cite: "si nous choisissons de décrypter ces affaires, c'est parce qu'elles sont totalement publiques et qu'elles ont désormais une énorme influencesur la bataille de l'euthanasie". Le "cas Pierra" se situe désormais sur une "brèche législative", laquelle Monsieur Derville ? Il semble bien, qu'au fond de vous, vous ayez pris conscience de notre intolérable situation, qui est aussi celle de 2000 à 3000 patients en France, chiffre en constante progression, à cause des progrès de la technologie médicale de réanimation. Je vous renvoie à l'édifiante réflexion du Professeur Puybasset dans son livre: "euthanasie, le débat tronqué", je cite :" à ces égards, l'état végétatif est le cas le plus extrême des situations inextricables créées par la médecine. L'épouvantable revers de la réanimation moderne, qui n'est jamais un état naturel. Ce n'est pas par hasard, si plusieurs affaires médiatiques, qui nourrissent la demande d'une aide active à mourir, concernent des personnes végétatives, comme Hervé Pierra en France ou Terri Shiavo aux Etats Unis". Vous vous inscrivez dans une véritable maltraitance institutionnalisée en proposant une mort naturelle comme seule issue à un état pas naturel, comme le nomme le Professeur Puybasset.  Les personnes qui, comme vous, prônent une mort naturelle pour ponctuer ces vies artificielles devraient nous faire part de leur méthode. La dite mort naturelle, lorsqu’elle frappe à notre porte, sous la forme d’un cancer ou autre, nous n’en voulons pas, nous ne la laissons pas faire son œuvre naturelle, nous courons vite chez le cancérologue le plus réputé pour contrecarrer « Dame nature » et défier la mort naturelle. Le principe fondateur de notre société : «  Tu ne tueras point ! », est abusivement et éhontément argué pour fermer la porte à tout débat. La compassion n’est pas « un homicide volontaire » ! C’est l’institution (c'est-à-dire l’homme) qui, en décidant que la mort n’est pas autorisée, se substitue à Dieu et condamne à des doubles peines : celle de ne plus pouvoir vivre et celle de ne pas avoir le droit de mourir. Quelle volonté délibérée de faire le mal pour le mal ! Comment osez-vous nommer, Monsieur, « spectacle », l’agonie terrifiante d’un jeune homme, qui malgré la loi, n’a reçu aucune sédation et qui faisait des bonds dans son lit comme électrocuté, brûlant et cyanosé ? Réjouissez-vous, Monsieur, le mal que vous me faites, va sûrement au-delà de vos espérances ! Confronté à notre vie tranquille, il vous fallait bien trouver matière à exercer votre malveillance. Une fausse condescendance apparaît, à dessein, je cite : « l’histoire des époux Pierra, au côté de leur fils, est si profondément marquée par la souffrance, qu’il serait indécent de leur jeter la pierre…., peut-on imaginer ce qu’a pu représenter l’engrenage de la maladie mentale, du passage à l’acte et de l’immense dépendance de leur fils ». Cet artifice est destiné à discréditer notre démarche murement réfléchie et, sert votre idéologie, je cite : « il y a de quoi perdre tout repère tant il est vrai que la grande souffrance tend à anesthésier la conscience ». A quelle maladie mentale faites-vous allusion ? Le seul diagnostique en notre possession atteste d’une grave dépression nerveuse, même si d’autres pistes, à l’époque, étaient explorées. Mon fils faisait son service militaire à ce moment là et avait fini major de son « peloton d’élèves gradés » à Vincennes en mai 1998. Mon fils, véritable cadeau de la vie, aimé de tous, était un beau grand garçon sportif de 20 ans, blond aux yeux verts, avec un sourire enjôleur….Etonnant non !…pour celui qui est devenu « grabataire » comme vous l’avez qualifié (page 115) dans une ultime délicatesse ! En faisant référence aux visites quotidiennes que je rendais à mon enfant, vous déclarez, je cite : « un dévouement excessif ne peut tenir dans la durée ». C’est indigne ! Si mes visites avaient été rares, vous m’auriez accusée d’abandon !

 

Un raccourci éclaire la compréhension de vos propos acerbes, je cite : « l’histoire de l’euthanasie commence par des actes revendiqués par ceux qui affirment vouloir mourir et se poursuit inexorablement par la suppression des personnes qui n’ont rien demandé, ne serait-ce que parce que constatant qu’ils sont incapables de s’exprimer, on prétendra agir en leur nom et dans leur intérêt. C’est ce qui s’est passé pour Anne-Marie comme pour Hervé Pierra ». Dans un français approximatif, cette affirmation illustre, à elle seule, votre état d’esprit !

En contestant notre requête d’application de la loi sur la fin de vie, vous vous opposez à M. le député et médecin Jean Léonetti, au docteur Régis Aubry, à l’éminent docteur Axel Kahn, au comité d’éthique de l’hôpital Cochin, à Maître Gilles Antonowicz, aux membres du conseil de l’ordre des médecins (qui nous ont présenté leurs excuses au nom de la médecine française) et à tous ceux, unanimes à nous soutenir dans l’amour et la compassion. Contesteriez-vous, Monsieur, une loi de notre république ?

Je ne comprends pas la cohérence de votre analyse :

- Vous vous félicitez de la loi Léonetti mais, d’autre part, vous critiquez la médiatisation de l’affaire Vincent Humbert qui en est à l’origine.

- Vous prétendez que tout est parfait mais cependant un point clé de la loi qui considère l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation comme un traitement (termes de la loi) que l’on est en droit d’interrompre, vous offusque. Vous écrivez, je cite : « une disposition controversée de cette loi du 22 avril 2005 », controversée par qui ?... par vous ?

- Vous êtes satisfait de cette loi mais êtes opposé à un amendement qui y est contenu (amendement du double effet de la sédation).

Un autre mensonge vient émailler votre déferlement d’insanités, de travestissements de la vérité et d’insidieux découpages, je cite : « les parents retournent leur colère contre cette même loi, accusée d’avoir prolongé l’agonie de leur fils ». C’est faux ! Nous contestons le fait qu’en totale opposition à la loi, notre fils n’ait pas été sédaté. Nous sommes en colère à l’endroit du docteur Régis Aubry qui a conseillé à l’équipe médicale de ne pas lui administrer d’analgésiques, estimant qu’il ne pouvait pas souffrir, et que cela aurait prolongé son agonie. Ce n’est pas le même discours ! J’estime que s’il n’existait qu’un risque sur des millions que mon fils souffrit, le bénéfice du doute aurait dû lui profiter ! Une circulaire du 20 octobre 2011 concernant la loi sur la fin de vie et résultant de notre drame préconise la mise en œuvre de traitements antalgiques et sédatifs pour les patients cérébrolésés, dont on ne peut évaluer la douleur lors d’une décision d’arrêt de traitements.

La fin de vie de mon enfant relevait d’un « laisser crever », comme le précise M. Léonetti dans son livre « à la lumière du crépuscule ». Nous n’avons pas porté plainte, comme l’aurait fait à notre place, dit-il, dans son ouvrage, « l’ultime liberté ? », le docteur Axel Kahn, mais nous y pensons encore, parfois, en constatant le nombre de drames qui alimentent l’actualité. Trop souvent, les médecins confrontés à ces demandes d’application de la loi sur la fin de vie craignent d’être accusés d’euthanasie si les agonies sont trop brèves.

Vous mentez de façon éhontée lorsque vous prétendez que la journaliste, Madame Sandrine Blanchard, a sorti notre affaire de l’ombre le 18 mars 2008. Vous évoquez, avec ironie, un probable, je cite : « hasard ? Sur le plan médiatique, l’affaire Pierra éclate dans « Le Monde » en plein épilogue de l’affaire Sebire ». Non, c’est faux ! Nous ne nous sommes pas engouffrés, ni nous, ni les journalistes dans la brèche de cette actualité. Monsieur David Pujadas, présentateur du journal de 20 heures à FR2, a fait la « une » avec notre drame le 27 novembre 2006. Pour information, le forum « La Vie » ainsi que le forum des lecteurs de « La Croix » avaient été contactés par nos soins le 24 aout 2007. Il serait trop long et fastidieux d’énumérer la liste de vos mensonges car ils sont pléthore.

Ce n'est pas nous qui avons saisi le Procureur de la République, à l'époque, ce sont les médecins de Saumur, vous le savez très bien ! Pour ce qui concerne le docteur Régis Aubry, il nous a confirmé (après sa venue au chevet de notre enfant et à la lecture de ses dossiers médicaux), que la loi Léonetti était faite pour les cas comme celui de notre enfant. Ce dernier, Président du Comité de suivi du développement des soins palliatifs et de l'accompagnement, n'a pas validé notre demande par compassion, ce qui aurait été très grave et irresponsable. Or, vous écrivez, je cite : "il est touché par leur détresse. Il valide, finalement, leur demande comme entrant dans le cadre de la loi sur la fin de vie". Vous n'êtes plus, Monsieur Derville, à un petit arrangement pervers près !

Vous écrivez, je cite : "une euthanasie lui a été injustement administrée". Nous y sommes ! Voila l'explication de ce déferlement de haine, mon fils aurait dû souffrir encore et encore, pour racheter ses fautes ou les nôtres... ! Pour vous, Monsieur, son calvaire était légitime et vous appuyez votre thèse en tentant de nous culpabiliser encore plus, nous serions des parents indignes, car les autres souffrent en silence. Je cite : "il faut souligner que la plupart des proches des personnes gravement traumatisées et comateuses, les veillent sans demander qu'on leur administre la mort et sans faire de bruit".

Vous tentez de nous disqualifier en suggérant que notre demande d’application de la loi était illégitime, en invoquant un « coma pratiquement irréversible » donc, « une vie pratiquement possible ». Notre jugement aurait été altéré par la souffrance et par la lassitude d’accompagner notre enfant chaque jour. Outre le caractère infâme et diffamatoire de tels propos, vous insinuez par ce biais, que tous les protagonistes de notre drame auraient été au mieux « abusés », au pire « complices d’assassinat ».

Il est donc impératif, à ce stade, de souligner que tous les intervenants cités, médecins comités d’éthique etc…, ont jugé recevable notre requête après auscultation de notre enfant et examen de son dossier médical.

Concernant les six autres « affaires »

Les protagonistes des six autres affaires sont également conspués. Les récits du déroulement de leurs drames sont également travestis et passent par le filtre de votre obscurantisme. Je crains que votre démonstration de haine ne puisse se solder que par un « effet boomerang ». Vous cultivez l’art de la caricature avec brio, jetant en pâtures avec force de sarcasmes nos échecs, nos difficultés et nos épreuves de vie avec une mauvaise foi criante. Le but affiché de ce procédé est de prouver que les « affaires », comme vous les nommez, auraient un dénominateur commun, notre incapacité de discernement.

Madame Chantal Sebire aurait même été abusée par son, je cite : « mauvais caractère ». Vous substituez à dessein, aux mots souffrance et douleur, des termes comme, je cite : « inutilité », « désespoir », « peur de la dépendance ». Votre mode opératoire atteint son paroxysme quand vos victimes sont totalement désarmées, quand elles sont décédées.

J’ai de la peine, beaucoup de peine, pour la mémoire de vos victimes et leurs familles. Je note avec effroi, concernant l’actrice, Madame Maïa Simon, je cite : « Maïa fait la une. A titre posthume ». Pour ma part, je respecte les morts.

Les français semblent se déclarer majoritairement pour l’euthanasie, de façon très encadrée, bien sûr, pour eux-mêmes et, à leurs seules demandes réitérées, en phase terminale de maladies incurables, au bout du bout, après concertations collégiales des médecins. Personne n’impose rien à personne, alors que vous, Monsieur Derville, vous exigez la souffrance expiatoire pour tous !

Sommes-nous, par nos positions, contre les soins palliatifs ? Nullement, c’est une contre vérité ! Comment pourrait-il en être autrement ? Ces insinuations sont destinées à nous discréditer. Comment pouvez-vous prétendre que nous sommes hostiles aux handicapés ? Comment pouvez-vous affirmer que nous injurions et insultons le personnel soignant ?

Vous jetez l’opprobre et le discrédit pêle-mêle sur nos amis belges, hollandais, américains et certaines sociétés japonaises, et esquimaudes. Vous égratignez, sans vergogne, des médecins, même l’éminent docteur Axel Kahn, des politiques, des avocats, des éthiciens, des journalistes, les membres du conseil de l’ordre des médecins, les 48000 adhérents à l’ADMD et leur président et pour finir, 86% des français qui se déclarent favorables à l’euthanasie. Les français ne sont pas des êtres décérébrés, instrumentalisés à souhait, qui ne savent réagir que sous le coup de l’émotion. Ils sont capables de discernement, sur un sujet à propos duquel chacun dispose d’une capacité de réflexion et malheureusement, peut-être, d’expériences personnelles.

Vous nous accusez de, je cite : «faire réagir un mort sur une actualité qui lui est posthume ». Ce qui est faux, mais vous connaissez bien cette méthode, pour la pratiquer avec une cynique délectation. Vous écrivez, concernant Madame Chantal Sebire, je cite : « la perspective de l’indispensable prise en charge palliative s’ouvre-t-elle ? Elle aurait enfin donné son consentement pour être hospitalisée ». L’insidieuse suspicion de l’implication de l’avocat de Mme Chantal Sebire dans sa prise de décision de suicide est choquante. Je cite : « on peut raisonnablement penser que cette stratégie judiciaire offensive a pu accélérer la mort de Chantal Sebire ».

Madame Humbert semble être le fil rouge de votre tentative de démonstration. Vos déclarations et vos déductions m’interpellent, me choquent, je cite : « les pleureuses sont assurément télégéniques » ; « voilà qu’on érigeait en modèle d’amour une femme capable de donner la mort à son enfant au nom d’un parallélisme terrifiant : je lui ai donné la vie, n’ai-je pas le droit de lui donner la mort ». Cet inqualifiable raccourci éclaire d’un jour nouveau le fait que le mini clip enregistré sur le kinésithérapeute de Vincent Humbert, et ses « allégations mensongères », largement diffusé par les médias, ait été financé par SOS fin de vie, un service de votre association, Monsieur Derville : « Alliance Vita » !

Vous ne faites aucunement preuve d’héroïsme, de courage, ou de vertus chrétiennes, avec la souffrance des autres, avec l’atroce agonie de mon enfant. Certes, la tentation est grande d’accéder à tout prix à la notoriété… comment disiez-vous déjà… reprenant à votre compte cette maxime : « là où il y a un corps, se rassembleront les vautours »… vous êtes servi, Monsieur Derville, le festin vous attend !

Conclusion

Nous ne sommes pas dupes, Monsieur, et le ton du livre est donné dès sa préface, je cite : « élections » ; « portée politique » ; « enjeu législatif » ; « matière électorale » ; « jeu du chat et de souris qui s’établit entre politiques ».

Pour ma part, je souhaiterais que les Français puissent se déterminer sur ce sujet sociétal en connaissance de cause et en conscience, par voie de référendum.

Le titre de votre ouvrage choisi à dessein : « la bataille de l’euthanasie » est édifiant, quant au désir d’en découdre et de lancer une offensive guerrière. Une croisade moderne peut-être ?

Nous ne nous laisserons pas « crucifier » aussi facilement sur l’autel de l’intégrisme !

Pour défendre votre idéologie, vous êtes prêt à tout et je pense que le cynisme affiché envers les protagonistes des sept affaires citées est à la hauteur de votre peur, peur de perdre la bataille,

« La bataille de l’euthanasie ».

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article
22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 20:15

Parents d’Hervé Pierra, resté plongé pendant 8 ans ½ dans un coma végétatif chronique irréversible et mort en 6 jours cauchemardesques, sans sédation, après application de la loi Léonetti.

Cet improbable binôme est né de la peur qu’a M. François Hollande de revoir les traditionalistes (ou intégristes) battre le pavé parisien comme dans « la manif pour tous ». Ils sont, certes, puissants, motivés et surtout très riches, soutenus par « l’internationale catholique » qui subventionne très grassement via la fondation Lejeune, tous ces « combattants de Dieu » (source : spéciale investigation sur la « manif pour tous sur canal plus).

Nous connaissons personnellement M. Léonetti et M. Claeys, ce sont des personnes sympathiques et accessibles. Nous craignons cependant que l’assistance au suicide (ainsi nommée) ne soit pas acceptée. L’euthanasie, ce mot qui signifie « bonne mort » est si douloureusement connoté dans notre inconscient collectif, qu’il a peu de probabilités d’être mentionné dans une loi, notre Président ne l’a d’ailleurs jamais prononcé. Or, la sémantique est ici essentielle dans les deux problématiques. Si les actes ne sont pas nommés et justement nommés ; ils engendreront encore et encore de nouveaux drames. Les médecins auront à nouveau peur d’être hors la loi en pratiquant une euthanasie et feront durer les agonies par cette hypocrite « sédation terminale ».

Les Hervé, Vincent et les autres ne seront pas les derniers à souffrir de l’ineffable « petite lâcheté ordinaire de la gente humaine ».

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article
27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 22:29

Cette étude inédite du Centre Ethique Clinique de Cochin que le journal « Libération », daté du 28 février 2014 a publié, est en résonnance avec les quelques lignes dédiées par Philippe Bataille dans son livre « à la vie, à la mort » de 2012, à la fin de vie des grands prématurés. Ce sociologue, directeur d’études à l’école des hautes études en sciences sociales, a mené une enquête pendant plusieurs années dans différentes unités de soins palliatifs en France. Il écrit : « aujourd’hui dans les services de néonatologie, on n’inocule plus de produits létales pour abréger la vie d’un prématuré de huit cents grammes, comme une culture médicale de néonatologistes en avait permis l’exercice. Désormais, on suspend l’alimentation et l’hydratation. Peu le savent. Les soignants qui l’ont fait, par souci de conformité à la loi Leonetti de l’interdit d’euthanasie déjà révisée, disent en avoir éprouvé un malaise éthique.

L’étude du centre d’éthique de Cochin sur l’agonie du nourrisson, met en exergue ces « nouvelles pratiques à l’épreuve du réel ». Le travail réalisé par les chercheurs de Cochin est rétrospectif. Il a consisté à retourner voir trois équipes de réanimation et des parents ayant vécu cette situation. En tout, l’histoire de 25 enfants. Et, toujours, une équipe médicale qui, à un moment donné, décide collégialement et en accord avec les parents d’arrêter les soins, mais aussi l’alimentation et l’hydratation artificielle de ces nourrissons de quelques jours, ou de quelques semaines tout au plus. «Tous disent, poursuit le Dr Fournier, que ce temps devient angoissant s’il se prolonge : il est insupportable au-delà de trois, quatre jours, et intolérable au-delà d’une semaine». «Il est inhumain d’attendre aussi longtemps que son bébé meure », a exprimé une mère. Un autre parent relate : «On a vécu l’enfer, cela a été trop, trop long, on attendait, on attendait ; la dernière semaine, on n’arrivait plus à y aller». Ou encore : «Ils m’avaient dit que ce serait court, cela a duré dix-huit jours, c’était un bébé potelé, à la fin elle était devenue méconnaissable Un médecin avoue : «Au bout de huit jours, la tentation de l’euthanasie devient lancinante.»

Elizabeth Belghiti, psychologue déclare : «C’est un sentiment d’effroi. Il y a quelque chose d’inconcevable. Comment ne pas nourrir un nourrisson, alors qu’un enfant, on le nourrit, c’est le lien». Un médecin-réanimateur déplore : «Il y avait une atmosphère difficile, les infirmières pleuraient, le visage du nourrisson devenait si lisse que l’on ne voyait plus d’expressions.»

Laurence Brunet, juriste, écrit : «Ils disent que les deux ou trois premiers jours, quand ils peuvent pour certains prendre leur enfant dans leurs bras, il y a une intimité qu’ils n’avaient jamais vécue, mais dès que cela dure, dès que la peau se dégrade, c’est insupportable Marta Spranzi écrit : «Il y a cette idée qu’il faut que les parents fassent le deuil. J’en doute, nous avons vu beaucoup de souffrance. Plus le lien se fait, plus la séparation est dure.» Laurence Brunet : «D’autant que la dégradation du corps est inhumaine. Voire leur enfant devenir une poupée de chiffon… C’est souvent les dernières images qui vont donner du sens à cette fin de vie.»

Elisabeth Belghiti, psychologue, fait une analyse encore plus terrible et revient au point de départ : «Quand on va dire aux parents que leur enfant ne va pas souffrir de la faim, est-ce concevable ? Entendable ? Je ne le crois pas, nourrir son enfant, c’est le cœur de la parentalité. L’arrêter, c’est impensable Et puis, ce temps d’agonie qui dure : «C’est un faux-semblant de vie, avec un petit corps qui souffre, qui se rétrécit. Un nourrisson ? On le voit grandir. Là, c’est l’inverse, c’est à la limite de l’humain.» Des parents ne viennent pas. D’autres ne viennent plus. «Ils ne se sentent pas coupables, mais responsables, dit Belghiti. Ils ont quand même donné leur accord, ils sont tous pour l’arrêt des soins, mais celui de l’alimentation, c’est autre chose… Assister à la décroissance de son enfant ? Ils en sont hantés».

Terrible dilemme. Rarement une pratique médicale de fin de vie n’a été analysée d’aussi près, et rarement autant d’interrogations ne demeurent. Avec ce risque qui émerge : à ne pas vouloir donner la mort, ne détruit-on pas, paradoxalement, les vivants ?

En aout 2013, les médecins belges avaient procédé à quelques rectifications, excédés par toutes les contre-vérités qui figuraient dans l’avis du CCNE sur la législation concernant la fin de vie et l’euthanasie en Belgique. Ils déclaraient : « promouvoir la sédation profonde en extrême fin de vie comme substitut à l’euthanasie nous paraît injustifiable. La sédation n’assure pas une mort paisible. Elle maintient le patient coupé du monde extérieur, ni vivant ni mort, pendant plusieurs heures ou jours en attendant que survienne le décès. Une telle prolongation de l’agonie peut constituer pour les proches une épreuve extrêmement traumatisante, voire cruelle, d’autant plus que des complications dramatiques de tous ordres peuvent survenir sous leurs yeux (hémorragies, convulsions, etc.).

Nous tenons à témoigner que les convulsions de notre fils lors de l’application de la loi Léonetti, hantent à l’heure actuelle encore, nos nuits.

Nous avons lu cet article dans une éprouvante émotion, ne supportant pas le paroxysme de cette souffrance institutionnalisée appliquée au cas des nourrissons grands prématurés.

 http://www.liberation.fr/societe/2014/02/27/agonie-du-nourrisson-des-mots-sur-l-inconcevable_983448

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 18:08

Nous bondissons à l’écoute du propos du Docteur Kariger, médecin en charge de Monsieur Vincent Lambert dans l’émission de France 5 « le magazine de la santé » du 13 février 2014. Celui-ci prétend, de façon très appuyée, je cite : que « la loi Léonetti est ma-gni-fi-que… » ! Certes, celle-ci a été un grand progrès, certes, nous reconnaissons que seuls les cas qui se passent mal sont mis en exergue, mais, de grâce, cela est loin d’être la panacée !

Nous sommes les parents d’Hervé Pierra. Notre fils est resté plongé pendant 8 ans ½ dans un coma végétatif chronique irréversible, à l’âge de 20 ans, suite à une tentative de suicide par pendaison. Il était figé dans une grande rigidité, paralysé à 100%, inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait chaque jour, depuis le début de son calvaire, dans ses propres glaires, entrainant de récurrentes et éprouvantes régurgitations. Affecté de problèmes pulmonaires persistants à cause de la présence de bactéries multi-résistantes, il était placé très souvent en isolement. Sa position fœtale, ses attitudes viciées et le fait de n’être jamais déplacé, avaient provoqué une plaie atone grave (escarre au 4 ième degré). Il est décédé en novembre 2006, après notre requête d’application de la loi Léonetti. Ce parcours, semé d’embûches, a duré 18 mois. Les plus hautes instances politiques et médicales de l’époque étaient intervenues pour faire infléchir le corps médical. Le comité d’éthique de Cochin avait donné son aval ainsi que le docteur Régis Aubry (missionné par Jean Léonetti).

Après le retrait de la sonde gastrique, notre fils est mort en 6 jours cauchemardesques, sans aucune sédation, brûlant, cyanosé et faisant des bonds dans son lit, comme électrocuté. Il s’agit, dans notre cas, qui a été médiatisé, d’un « laisser crever », comme l’a écrit Monsieur le député Jean Léonetti dans son livre « à la lumière du crépuscule ». Les médecins avaient eu peur d’être accusés d’euthanasie si notre enfant avait été sédaté et surtout si son décès était intervenu trop rapidement.

Quelques questions et réflexions sur la loi Léonetti :

Ø       La décision finale de l’application de la loi appartient aux médecins, qu’il y ait ou pas rédaction des directives anticipées.

Ø        Dans la notion d’obstination déraisonnable, chaque médecin place le curseur de la raison où il veut.

Ø        Le climat entre médecins peut être conflictuel, ce qui ajoute de la souffrance à la souffrance de la famille, ce qui fut notre cas.

Ø        La sédation peut durer plus ou moins longtemps. On ne meurt pas de faim et de soif en quelques jours. Quelques cas médiatisés dont le nôtre ou l’affaire Koffel, mettent en exergue la frilosité de certains médecins qui, par crainte d’être accusés d’euthanasie, si les décès interviennent rapidement, laissent se prolonger d’effroyables agonies. La frontière si ténue entre le licite (loi Léonetti) et l’illicite (l’euthanasie) aboutit à ces terrifiantes aberrations.

Ø        La loi Léonetti stipule que la sédation est en place pour soulager la douleur et non pour accéder à la mort. Or, pour ce qui concerne les états végétatifs, cela est faux ! Notre fils, n’était pas plus mal, ou aussi mal, 2 jours, 6 mois ou 8 ans auparavant. L’intention était donc bien là, euthanasique. Pourquoi, alors ces agonies longues et douloureuses, quel sens leur accorder ?

Ø       Il est normal et légitime de tout tenter dans l’urgence, afin de faire revenir à la conscience une personne inanimée, en arrêt cardio respiratoire, mais après…, après…, quand les IRM attestent que les lésions cérébrales sont telles que seule une vie végétative se profile, que faire ? Il n’y a pas de tuyaux à enlever, de machines à débrancher…, on ne peut plus revenir en arrière, seul le corps survit, de façon autonome. Ces calvaires peuvent durer des années et des années. Pourquoi refuser « réparation » à ces victimes collatérales des progrès de la réanimation moderne en ne pratiquant pas une aide active à mourir ?

Ø        La sédation terminale peut être génératrice de souffrances agoniques car, tout en reconnaissant qu’elle peut hâter  la mort, la loi stipule conjointement que la sédation doit être réversible. Exemple d'un cas dramatique: http://parents-herve-pierra-fin-de-vie-loi-leonetti-euthanasie.over-blog.com/article-crime-contre-l-humanite-la-sedation-en-question-119635049.html.

Ø       Pour sacrifier à l’illusion d’une non euthanasie, on voit émerger une forme de « maltraitance institutionnalisée ». Celle-ci est dénoncée par Monsieur Philippe Bataille, sociologue, directeur d’études à l’école des hautes études en sciences sociales, auteur du livre « à la vie à la mort ». Il relate le cas édifiant, entre autres, d’un prématuré non viable auquel on a appliqué la loi Léonetti (laisser mourir de faim et de soif) alors qu’avant, il aurait aidé à mourir en paix et en toute humanité.

Nous sommes interpellés par deux points :

-          La justice n’a pas à s’immiscer normalement en matière médicale, c’est le cas pour l’affaire de Vincent Lambert, c’était aussi le cas pour nous. Le médecin référent avait saisi le Procureur de la République, prétendant qu’une famille voulait « euthanasier » un jeune homme, alors que notre requête d’application de la loi Léonetti était clairement exprimée, écrite et cosignée par nous même et toute notre famille au sens large.

-          Dans l’affaire Vincent Lambert, le tribunal administratif a désavoué une loi de notre république et s’est substitué abusivement aux médecins dans une « discipline » qui n’est pas son domaine de compétence.

Nous souhaitons la meilleure issue possible pour Monsieur Vincent Lambert et, que tous les protagonistes de ce drame, retrouvent la paix et la sérénité.

Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 16:00

Le 7 décembre, nous avons été auditionnés par la conférence citoyenne, celle-ci a rendu aujourd'hui son avis sur la délicate thématique de la fin de vie .

« Le Parisien » et « Aujourd’hui en France », informés de notre audition, ont écrit un article (ci-dessous) sur le cas de notre fils Hervé.

Christine Mateus | Publié le 16 déc. 2013, 07h00 « Le Parisien » et « Aujourd’hui en France »

« On a laissé mon fils mourir de faim et de soif »

 

Hervé Pierra a été l’un des premiers pour lesquels la loi Leonetti a été appliquée. Alors que la conférence citoyenne rend aujourd’hui son avis sur la fin de vie, ses parents témoignent.

  

Le « temps du deuil », promis par les médecins, aura été pour les époux Pierra celui du spectacle d’une agonie. Celle de leur fils, Hervé, décédé au terme de six jours « d’horreur » après huit ans et demi de coma végétatif en 2006. Le jeune homme de 28 ans était alors l’un des premiers cas pour lesquels la loi Leonetti était appliquée. Une loi instituant un droit au « laisser-mourir » qui ne leur sera accordé qu’après d’âpres confrontations avec le corps médical « mal informé et pétrifié par la peur de se retrouver devant un tribunal, accusé d’euthanasie. »

« Au bout du compte, on a laissé mon fils mourir de faim et de soif », résume de colère Danièle, cette maman qui s’est rendue tous les jours au chevet de son « ange », d’abord hospitalisé à Clamart, dans les Hauts-de-Seine), puis dans un centre de soins de long séjour à Saumur, dans le Maine-et-Loire, où ils habitaient alors.

Leur combat pour que plus personne ne meure ainsi

Depuis, les Pierra ont déménagé en Vendée « pour tourner la page ». Mais ce combat pour faire reconnaître l’insuffisance de la loi sur la fin de vie, adoptée en 2005, Paul Pierra et son épouse continuent à le mener tous les jours sur leur blog. Ils l’ont rappelé, le 7 décembre, lorsqu’ils ont été auditionnés par la conférence citoyenne, organisée par le Comité consultatif national d’éthique qui rendra son avis aujourd’hui sur l’euthanasie et le suicide assisté.

Pèsera-t-il dans la loi promise par le candidat Hollande? « Vous savez, nous sommes dans un pays où l’on s’écoute beaucoup parler. Or, sept ans après la mort de mon fils, nous en sommes toujours au même point. Des familles doivent encore traverser des épreuves inhumaines. La loi évoluera peut-être pour les gens atteints de maladies incurables, qui peuvent exprimer leur consentement. Mais pour les personnes inconscientes, je ne pense pas que l’on écoutera leur silence », prédit encore Danièle.

Le chemin de croix commence le 30 mai 1998 lorsque Hervé tente de se pendre. Paul, son père, alors capitaine à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, le découvre et le décroche. Mais le cerveau d’Hervé a été privé trop longtemps d’oxygène. Le jeune homme est plongé dans un coma végétatif irréversible. Seule une sonde d’alimentation le maintient en vie. « Nous l’avons su très vite. Il était 100% inconscient, 100% paralysé », ajoute le papa.

Quand la loi Leonetti passe, les Pierra demandent « l’arrêt des traitements et l’administration de sédatifs pour l’accompagner en douceur et contrôler la souffrance ». L’équipe médicale finit par accepter mais le protocole ne prévoit pas de sédation « au motif que cela retarderait la survenue de la mort et que, de toute façon, une personne en état végétatif chronique ne ressent pas la douleur », s’étrangle Danièle.

La sonde d’alimentation est retirée. « A partir du deuxième jour, il s’est mis à trembler. Son corps et ses yeux, grands ouverts, étaient cyanosés. Les cinquième et sixième jours, il était comme branché sur du 220 volts. On avait l’impression qu’il faisait des crises d’épilepsie en permanence. Nous hurlions dans la chambre, demandant qu’on lui donne un sédatif, en vain, relate Paul. Nous sommes alors retournés à la maison. J’étais bien décidé à aller chercher le caméscope et à filmer mon fils parce que personne ne nous aurait crus. Le temps de le mettre en charge, quelqu’un a téléphoné pour dire que c’était fini. Est-ce qu’il a donné « le coup de seringue » pour soulager mon fils? Sans doute. Je ne le sais pas et je ne chercherai pas à savoir. » C’était le 12 novembre 2006. Ce jour-là, le couple Pierra s’est fait la promesse de se battre pour que plus jamais personne ne meure ainsi.



 

 




Repost 0
Published by parents d'Hervé Pierra - dans fin de vie
commenter cet article

Présentation

  • : Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
  • Blog parents d'Hervé Pierra: fin de vie dans la compassion
  • : Ce blog est destiné à faire connaitre notre drame et à recueillir vos commentaires et témoignages personnels sur le délicat sujet de la fin de vie. Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après l'application de la loi Léonetti en 6 jours cauchemardesques, sans sédation. Nous avons promis à notre enfant de nous "battre" pour qu'une telle horreur n'affecte plus jamais personne.
  • Contact

Recherche

Liens